“Une pénurie de terres rares porterait le coup de grâce à notre économie”

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La France découvre avec effroi qu’elle s’est mise, d’elle-même, en danger de mort en focalisant la quasi-totalité de son approvisionnement de masques et de médicaments en Chine, sans possibilité domestique. Sa sécurité sanitaire du 21ème siècle ne valait pas mieux que sa ligne Maginot des années 40. Et aujourd’hui, cette impéritie se paye au prix fort, et cash (non, l’Allemagne ne paiera pas pour nous, il n’y aura pas de mutualisation de la dette, Karlsruhe y veille).
Elle se paie d’abord au prix du sang : la France se classe au 4ème rang mondial en termes de décès par milliers d’habitants, pour l’instant. Sinistre classement, surtout pour un pays qui ne cesse de clamer, “hubris” et orbis, qu’il a “le meilleur système de santé au monde”. Au prix de la sueur ensuite : la France va régresser d’au moins 9% rien qu’en 2020, en terme de PIB (certains économistes estiment que le recul sera bien pire, à tel point qu’il nous ramènera au niveau de 2005, soit quinze ans de perdus !), la dette va flirter avec les 130 %. Il va bien falloir d’une manière ou d’une autre en “suer” davantage pour espérer combler ne serait-ce qu’une partie de ce tribut. A ce sujet, il est malheureux de noter que la France se classe déjà parmi les pires de l’Union Européenne en la matière. Là encore, on préférerait l’inverse.
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Au prix des larmes, enfin : déjà plus de onze millions de salariés du privé (la fonction publique, elle, n’est pas affectée) en chômage partiel dont combien vont être “convertis”, à l’issue, en chômage tout court ?, auquel il conviendra d’ajouter la longue liste des licenciements massifs ainsi que la litanie des faillites de PME, et TPE. Des millions de vies heurtées, fracturées, de familles blessées, déchirées, déclassées économiquement, socialement, psychologiquement et pour longtemps, très longtemps. Ceux qui ne sont rien ont une grande probabilité de devenir des “moins que rien”. Et un “moins que rien” ça ne consomme pas beaucoup. Comme près de 60% de notre PIB est issu de la consommation… ça va prendre un bon moment pour se refaire… d’où la fameuse courbe en L (le scénario de la dépression économique prolongée, NDLR).
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Le Gouvernement y voit un “un coup d’arrêt puissant, massif, brutal”, un “écroulement”! Mais certains veulent voir dans ces douleurs celles de l’enfantement, celui d’un nouveau monde, le “monde d’après”, celui de la transition écologique, vers un monde, forcément, meilleur.
Meilleur ?… Peut-être… Ou peut être justement pas. Pourquoi ? Parce que les mêmes erreurs (de jugement) produisent les mêmes effets. La quasi-totalité de la transformation écologique, énergétique, est basée sur les “terres rares”, or 98% des terres rares sont importées de Chine et ses mines sont la propriété d’entreprises liées plus ou moins directement à l’Etat Chinois, donc dans les mains du (bon, ou pas si bon) vouloir économique et politique de Pékin. Avec le covid19, nous vivons un avant-gout du chaos : au moindre bug sur les terres rares ce sera là, pour le coup, le véritable effondrement “civilisationnel”.
Il suffit d’ouvrir les yeux : toute l’énergie verte – éoliennes, panneaux solaires photovoltaïques, etc – sont faits “à cœur” de terres rares. Ils sont pourtant vus comme l’alternative (imposée au pas de charge) de référence, pour ne pas dire unique, au charbon, au pétrole et au nucléaire. La mobilité “décarbonnée” passe, à marche forcée, par les voitures et autres engins électriques dont les batteries sont là aussi toutes fabriquées à partir de terres rares chinoises.
La technologie informationnelle, la 5G par exemple qui est l’architecture des smart cities, des voitures autonomes, des télécoms, smartphones, ordinateurs, est basée sur les mêmes terres rares. L’intelligence Artificielle qui est le fer de lance de la nouvelle et libératrice (?) big data based civilisation, repose sur les terres rares. Et ce sera encore davantage le cas avec l’émergence des ordinateurs quantiques. Les satellites, enfin, essentiels aux communications (et au déploiement de la 5G), mais aussi aux systèmes de navigation et à la Défense, y compris à la Cyberdéfense, sont là encore faits à partir de “terres rares”.
Le château de cartes se bâtit à nouveau nous nos yeux. Inexorablement. A la vitesse Grand V. Mais, est-ce donc une fatalité que de se livrer pieds et poings liés de nouveau à Chine ? Et de rejouer Covid19 cette fois puissance mille ?… Eh bien non, pas forcément.
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Il se trouve qu’en France, nous avons des possibilités de terres rares, ce qui n’est pas le cas de tous les pays, loin s’en faut. Elles se trouvent, dans nos eaux, dans notre ZEE (Zone Economique Exclusive) qui est la deuxième du monde, juste après celle des Etats Unis, grâce notamment à la Polynésie et la Nouvelle Calédonie. Et c’est justement là qu’elles se trouvent : sur le fond de l’Océan Pacifique, en particulier en proximité de la Nouvelle Calédonie, et de Wallis et Futuna. Or la Nouvelle Calédonie a une énorme expérience et savoir-faire en ce qui concerne les industries extractives et minières, en étant depuis plus d’une centaine d’années la deuxième réserve, et le troisième producteur de Nickel au monde.
Il est donc urgent de passer du mode discours lyrique, de la tirade théâtrale, au mode action si l’on veut éviter de se retrouver, la bouche en cœur, le verbe prolixe, mais les bras (encore) ballants, perdu au milieu du prochain chaos.
Cette action ne peut, ni ne doit être celle des particuliers, qui eux ne sont, en continu, “que” des contribuables, et aux moments d’échéances électorales, des “citoyens”. Rôle qu’ils assument avec vaillance et persévérance, puisque nous avons le privilège de vivre dans le pays le plus fiscalisé du monde. Ni celui des entreprises privées dont le but, la raison d’être est, à la RSE près, la maximisation du retour sur investissements de leurs actionnaires. Et là encore, rien d’anormal, les entreprises sont parfaitement dans leur rôle en faisant ceci, et les entreprises françaises en particulier puisque les entreprises du CAC 40 sont, année après année les championnes du monde du versement de dividendes.
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Cette action, ce rôle stratégique, régalien, incombe donc à l’Etat seul et à son gouvernement : l’Etat-Stratège… Et là… après les débâcles de 1940 et de 2020…
Georges Nurdin, économiste, consultant international essayiste et écrivain (Les multinationales émergentes, International Corporate Governance, Le temps des turbulences, Wanamatcha !, La prophétie des pétroglyphes).

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