Un banquier à la tête de France stratégie, le think tank qui a donné l’idée de la nationalisation d’une partie du parc immobilier. – Le blog de Liliane Held-Khawam

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Avant-propos:
L’ensemble de ces liens donnent des informations qui appartiennent au dossier. Nous ne pouvons en reprendre le contenu à chaque fois.

Il est utile de rappeler dans le cadre de la réforme du droit de la propriété que les collectivités publiques qui en seront bénéficiaires sont fortement endettées. Et comme nous l’avons dit précédemment, l’idée est de faire plaisir aux créanciers de la haute finance supranationale. Leurs richesses subites serviront à nourrir celle-ci en lui permettant de s’enrichir encore, mais aussi à développer avec ce pactole historique la dématérialisation de la propriété et sa titrisation.

Ainsi le capital anonyme mondial pourra faire grossir encore plus son vecteur de globalisation que sont les produits financiers dont lui seul détient le décodage.

Mais revenons à nos collectivités publiques endettées, et qui, rappelons-le, sont inscrites sous forme d’établissement public. Cela en fait des corporations qui peuvent se retrouver à tout moment en faillite. Elles sont menacées constamment par des créanciers qui pourraient un jour en devenir actionnaires par conversion de leurs créances.

Voici un passage de Coup d’Etat planétaire  « « En France, une métropole est également, depuis la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (loi MAPTAM) de 2014, un type d’Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre. C’est la forme la plus intégrée d’intercommunalité en France. Lors de sa création, la métropole se substitue de droit aux EPCI qui étaient dans son périmètre[1].

Le territoire devient un établissement public, mais établissement quand même ! Et que signifie l’appellation de « fiscalité propre » ? Selon l’INSEE : « Un groupement de communes à fiscalité propre est une structure intercommunale ayant la possibilité de lever l’impôt (taxe d’habitation, taxe sur le foncier bâti et le foncier non bâti, taxe professionnelle jusqu’en 2009 et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères). »

En résumé, un établissement, qui est pour l’instant public, peut lever des impôts. Rien ne l’empêche de devenir un jour privé grâce à la conversion par exemple des dettes en actions. Souvenons-nous du rapport[2] du banquier central français qui disait que : « Les investissements du FEEI[3] pourraient notamment faciliter des processus de conversions de dettes en actions, y compris dans le secteur public. » Nous comprenons mieux la présence de la haute finance dans le développement des banlieues. Ils y sont chez eux après tout grâce à l’endettement public, et la possibilité de transformer les dettes en actions, y compris dans le secteur public. D’un coup, ce qui n’était pas possible avec un territoire national public devient possible avec un Etat corporatisé.« 

Ami lecteur, c’est toute la France qui est un établissement inscrit au Registre du commerce.

Et qui a soufflé cette idée de faire de l’Etat un copropriétaire du foncier? France Stratégie dans un rapport intitulé « Comment assurer la résorption des dettes publiques en zone euro ? »

Nous avions relevé dans notre précédent papier qu’il suggérait que « l’État pourrait décréter qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels, à hauteur d’une fraction limitée de leur valeur. Concrètement, il deviendrait ainsi créditeur d’une somme annuelle correspondant à la rémunération du droit d’occupation du sol.  » Et cet impôt confiscatoire serait selon ces penseurs « la seule voie possible pour renforcer la soutenabilité d’une dette publique excessive « .

[1] « Comment les lois de 2014 et 2017 ont réformé les métropoles », avril 2018, vie-publique.fr
[2] Dépossession, Comment l’hyperpuissance d’une élite financière met Etats et citoyens à genoux
[3] Fonds d’épargne-investissement, ESIF/ FEEI. Un super-fonds qui vient alimenter 5 autres. Exemple FEDER (Fonds européen de développement régional).

Nous disions récemment que cette désappropriation du foncier bénéficierait à la planète finance. Voici le CV du commissaire général de France Stratégies selon le site du think tank:

Précédemment directeur de cabinet d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Gilles de Margerie a travaillé près de dix ans dans le secteur public. Tout d’abord à l’Inspection générale des finances puis au sein des cabinets de Roger Fauroux, ministre de l’Industrie et de l’Aménagement du territoire, et de Michel Rocard, Premier ministre. Il a également travaillé dans le monde de l’entreprise, en particulier au Crédit agricole. De 2013 à 2017, il a été directeur général adjoint d’Humanis, groupe de protection sociale paritaire et mutualiste. (…)

Ancien élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration, il est agrégé de sciences sociales.

« France Stratégie a un rôle important à jouer au moment où notre pays met en œuvre un programme intense de réformes. Elle contribuera à les préparer et les évaluer. Force de proposition, elle continuera à mettre dans le débat public des analyses sur les grandes évolutions économiques et sociales à moyen et long terme de notre pays dans son environnement européen et international. Elle renforcera ses capacités d’évaluation des politiques publiques, et d’organisation de débats et de concertations. »Gilles de Margerie

Voici un complément utile à ce CV:

M de Margerie est donc à la base un banquier.

Liliane Held-Khawam

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