Trafic de stupéfiants. Un business bien organisé d’héroïne et de cannabis à Ostwald

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

« T’as du shit ? » « Ouais, pour vingt euros. » « Au cas où, j’ai aussi de la bonne BR [de l’héroïne]. » Sur des pages et des pages, les policiers strasbourgeois ont consigné les échanges de SMS entre les dealers et leurs clients. « C’était pas mon téléphone », jure Hugo Schmidt, 20 ans, considéré comme la tête d’un trio de revendeurs. « À plusieurs reprises, la géolocalisation correspond pourtant à celle de votre voiture », objecte le président du tribunal, Olivier Ruer. « Mon véhicule, il ferme pas. Tout le monde l’utilise », répond son propriétaire, déjà condamné trois fois depuis 2016 pour des infractions liées aux stupéfiants.

Lundi dernier, les forces de l’ordre l’ont vu remettre quatre sachets d’héroïne à un client, puis encore un peu de marchandise à un autre. « Je l’ai fait qu’une fois », assure le garçon qui a été aussitôt interpellé en possession du fameux téléphone business. « Je l’avais demandé pour faire un petit rajout à mon salaire », persiste ce peintre en bâtiment qui travaille auprès de son père.

Dans sa poche, les enquêteurs ont trouvé un badge et une clé permettant d’accéder à un appartement de la rue d’Eschau, à Ostwald. Celui de Sélim Merouani, 26 ans. La police y a découvert 76 pochons d’herbe de cannabis pour un total de 340 grammes environ, ainsi que des sachets de conditionnement. Le jeune homme reconnaît qu’il a stocké « du shit et de la beuh », préparés par son partenaire. « J’en vendais un peu si quelqu’un avait besoin » pour « financer mon permis de conduire », affirme celui qui a « fait le choix de [se] mettre au chômage » il y a un an.

« L’argent facile plutôt que la recherche d’emploi », reproche la procureure, Anne-Gaëlle Breit. Les associés comptaient « une vingtaine de clients, dont une dizaine très réguliers ». Pour faire tourner leur « trafic bien rodé », ils consentaient parfois à « des négociations sur le prix ou la quantité » et « relançaient quotidiennement les différents consommateurs » pour qu’ils n’aillent pas voir ailleurs. Un troisième individu, mineur, impliqué dans ce dossier a été arrêté en possession de 1 400 euros en liquide.

Pour ce trafic de « stupéfiants qui causent des dégâts dramatiques sur les personnes qui les consomment », la représentante du ministère public requiert deux ans de prison ferme envers le plus jeune des deux prévenus et un an et demi à l’encontre de son aîné.

Le tribunal a condamné Hugo Schmidt à dix-huit mois de prison. « Franchement, ça va », a estimé ce dernier en lançant un clin d’œil à ses potes et sa petite amie, serrés sur un banc du tribunal. Sélim Merouani a écopé d’un an d’emprisonnement, dont quatre mois avec sursis. Tous deux ont été emmenés à la maison d’arrêt à l’issue de l’audience.

Plus d'articles

Dossier Exclusif Covid-19

Comment protéger son épargne et ses investissements après la crise du Covid-19.

Dossier exclusif avec:

Comparez le rendement d'un livret A, et un investissement alternatif.

Une fiche de calcul simple pour évaluer le potentiel de rendement d’un investissement alternatif