Taux d’intérêt, croissance, Brexit… 2020, “l’année de tous les dangers pour le CAC40” – Capital.fr

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Comme chaque début d’année, les analystes, prévisionnistes et autres “devins” en tous genres se livrent au difficile exercice d’établir des prévisions économiques et financières pour l’année qui commence. Comme d’habitude, il y a les pessimistes invétérés, les optimistes idéalistes, ceux qui veulent simplement se faire remarquer en annonçant les scenarii les plus extrêmes possibles et puis ceux, dont nous essayons de faire partie depuis des années, qui tentent de réaliser des prévisions les plus justes possibles. Avec évidemment des satisfactions et des déceptions.

Le bilan de nos prévisions de l’année écoulée a été appréciable, avec seulement trois erreurs, qui sont néanmoins trois de trop. S’il ne sert évidemment pas à grand chose de s’appesantir sur le passé, cet exercice de bilan des prévisions est cependant indispensable en termes de crédibilité, d’humilité et de transparence. Le pratiquant depuis plus de vingt ans et étant parmi les seuls à le faire sur la place de Paris, il nous permet également de rappeler que les prévisions ne doivent pas être aussi volatiles que les marchés et surtout ne doivent pas obéir à une volonté de suivre le consensus ou, à l’inverse, de dire absolument l’inverse de ce dernier. Seules trois règles priment donc en matière de prévision : l’indépendance, la précision de l’engagement et la fiabilité de l’argumentaire.

Certaines années sont néanmoins plus difficiles à prévoir que d’autres, en particulier lorsqu’elles sont marquées par un grand nombre de risques, qui sont par définition non-maîtrisables et rendent par là même l’exercice de prévision encore plus périlleux. 2020 fait justement partie de ces cas difficiles, comme ont pu l’être par exemple les années 2001, 2007 ou encore 2008 et 2018.

En effet, alors que les marchés financiers restent sous l’emprise de la “cocaïne” des banques centrales et par là même aveuglés dans des bulles qu’ils ne veulent pas reconnaître, il pourrait être tentant d’en faire de même et de laisser croire que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Seulement voilà, les risques à venir sont tellement nombreux et épineux qu’ils pourraient par là même rapidement assombrir le panorama économique et financier international.

A commencer par les risques géopolitiques et terroristes, dont plus personne ne parle mais qui sont pourtant bien présents. Certes, aussi horrible que cela puisse paraître, les investisseurs se sont habitués à ce type de dangers. Ainsi, depuis 2016, les différentes attaques terroristes et les soubresauts géopolitiques internationaux n’ont eu quasiment aucun effet négatif sur l’économie et les bourses mondiales. Pour autant, dans la mesure où ces risques sont incommensurables, il est impossible d’exclure un attentat ou un choc géopolitique inattendu de par son ampleur et qui fera forcément chuter les marchés, voire la croissance mondiale. Moyen-Orient, Corée du Nord, attentats meurtriers en Europe et aux Etats-Unis. Les dangers sont malheureusement pléthore.

Mais sans attendre l’occurrence de ces derniers et en espérant qu’ils ne se produiront pas, d’autres risques économico-financiers pèsent sur la bonne santé de l’économie internationale et des marchés boursiers. Il s’agit tout d’abord de l’évolution de la croissance mondiale. En effet, après avoir déjà nettement ralenti en 2019, cette dernière reste très fragile. Et ce notamment parce que la croissance décélère en Chine, en Inde, aux Etats-Unis et dans la zone euro. Un ralentissement plus fort que prévu par les marchés est donc très probable. D’ores et déjà, nous tablons sur une croissance mondiale de 2,4% en 2020, une performance certes honorable mais qui sera 1,3 point inférieure à celle qui prévalait encore en 2017 et 1,1 point en-deçà du niveau moyen de longue période.

A côté de ce ralentissement inévitable, d’autres risques pourraient également aggraver la situation de l’économie mondiale et des places financières internationales. Certains d’entre eux ont déjà commencé à s’installer en 2019 et pourraient prendre encore plus d’ampleur en 2020. Il s’agit notamment des tensions sociétales qui perdurent à Hong Kong, en Inde, en Amérique Latine, en Iran, au Liban ou encore en Afrique du Sud et dans de nombreux pays africains.

Aux Etats-Unis, l’année 2020 sera évidemment marquée par le débat autour de la procédure d’impeachement (destitution), puis par les élections présidentielles du 3 novembre. La Président Trump fera tout pour éviter une nouvelle crise avant cette échéance, mais après ?

L’Europe sera également concernée par l’instabilité politique et sociétale. Et ce dès le 31 janvier 2020, avec le début du Brexit. Si le Royaume-Uni et l’Union européenne ont jusqu’à la fin 2020 pour en régler les détails, notamment sur les fronts commerciaux et financiers, la victoire écrasante de Boris Johnson aux législatives de décembre confirme que le Brexit sera soit “hard” soit belliqueux.

Parallèlement, si le pire a été évité de justesse en 2019, la stabilité politique italienne demeure très fragile, avec à la clé le retour toujours possible de Matteo Salvini, qui pourrait bien mettre à mal le semblant d’unité de l’actuel gouvernement italien. Dans ce cadre, la stabilité politique de la zone euro risque d’être affectée. Et ce d’autant que la faiblesse politique d’Angela Merkel outre-Rhin et celle d’Emmanuel Macron en France ne leur permettront pas de relancer la machine. Sur ce dernier point, la poursuite des grèves dans l’Hexagone et la très probable reculade du gouvernement français sur la réforme des retraites n’arrangeront évidemment pas la situation.

C’est peut-être à ce moment-là que l’on prendra conscience que des taux d’intérêt à dix ans des obligations des Etats européens proches de 0% n’ont aucun sens. Une forte remontée de ces derniers pourra alors se produire, suscitant un krach obligataire majeur, qui ne manquera pas d’engendrer une dégringolade boursière massive. En conclusion, 2020 se présente bien comme l’année de tous les dangers et sera donc forcément marquée par une forte volatilité économique, politique et financière. Attachez vos ceintures…

Marc Touati, président du cabinet ACDEFI. Son dernier livre, Un monde de bulles, est toujours en tête des ventes dans sa catégorie sur Amazon.fr

Prévisions de croissance des économies

Probabilité des risques et impact à attendre

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>> En vidéo – Du ralentissement à la crise : l’implacable engrenage, par Olivier Passet, directeur de la recherche chez Xerfi

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