Suivisme : pourriez-vous devenir un bourreau, un mouton ou un sadique ?

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2 personnes sur 3 accepteraient de vous électrocuter
Dans les années1960, le psychologue Stanley Milgram fait mine de réaliser une expérience sur l’efficacité de la punition dans l’apprentissage : des personnes prises au hasard posent des questions à un cobaye et doivent lui infliger des décharges électriques de plus en plus fortes s’il se trompe. En réalité, c’est une mise en scène : le cobaye est un complice du psychologue, il fait semblant de donner de mauvaises réponses et joue la comédie quand il hurle de douleur. Milgram veut ainsi tester la capacité de soumission des personnes qui l’interrogent : jusqu’où iront-ils ?
En amont de l’expérience, des collègues de Milgram ont estimé que seuls 0,1% de sadiques infligeraient une décharge mortelle de 450 volts. Mais, constate Milgram, 65% des participants iront jusque-là… Et personne ne s’arrêtera avant un seuil de 300 volts. Le psychologue s’est cependant battu contre l’idée que nous serions foncièrement des monstres en puissance. Pourlui, tout était une question de contexte : le caractère prétendument scientifique de l’expérience, la blouse blanche du chercheur sont autant de facteurs capables d’influencer nos comportements de façon radicale. Glaçant, tout de même.
37% d’entre nous admettraient un “fake”
Un peu avant Milgram, dans les années 1950, le psychologue Solomon Asch avait déjà mis à l’épreuve la capacité d’un individu à se conformer à une opinion majoritaire, même quand celle-ci est fausse. Ilréunit des groupes de 7 à 9 étudiants pour participer à un supposé “test de vision” avec des lignes tracées sur un tableau. En fait, tous sauf un étaient ses complices. Au bout de quelques tours, ces derniers se mirent à donner de mauvaises réponses à des questions évidentes, prétendant par exemple qu’une ligne était plus courte qu’une autre alors qu’elle mesurait 5 centimètres de plus.
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En moyenne, 37% des sujets testés finissaient par donner les mêmes fausses réponses que leurs camarades, certains en doutant d’eux, d’autres en prétendant après coup ne pas avoir fait attention. Pour Asch, le groupe nous influence donc, mais pas au point de nous faire croire n’importe quoi. D’ailleurs 63% des personnes testées ont tout demême maintenu mordicus la bonne réponse, quitte à s’opposer au reste du groupe.
100% de tortionnaires?
L’expérience de Stanford, réalisée et filmée en 1971, a été un choc. Le psychologue Philip Zimbardo avait demandé à des étudiants de “jouer” à la prison, les uns incarnant les gardiens et les autres les détenus. Son but : évaluer l’impact des structures carcérales sur les comportements. Le test, qui devait durer deux semaines, fut interrompu au bout de six jours, tant les “gardiens” étaient devenus sadiques. Comme si le fonctionnement d’une prison transformait des étudiants bien élevés en tortionnaires ! C’est du moins l’histoire que Zimbardo a racontée durant quarante ans… et qui est aujourd’hui largement remise en question.
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Dans une enquête approfondie, relatée dans Histoire d’un mensonge (LaDécouverte, 2018), le chercheur indépendant Thibault LeTexier révèle que Zimbardo alargement mis son test en scène, en donnant aux gardiens des instructions beaucoup plus précises qu’il ne le prétendait. L’expérience n’a finalement rien prouvé quant à l’influence du contexte sur le comportement. Mais avec quelques millions devues sur les réseaux sociaux, ellecontinue de faire le buzz… Une fake news est plus crédible quand c’est un type en blouse blanche qui la répand !
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