Salaire, temps de travail, retraite… les (gros) avantages des cheminots SNCF face au privé

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Les cheminots français sont-ils bien mieux lotis que les salariés du privé ? Niveau des pensions de retraite, salaires, temps de travail… sur son site d’informations sur les finances publiques Fipeco, François Ecalle, ancien rapporteur général de la Cour des comptes compare les avantages des employés de la SNCF face notamment à ceux du privé. Il base son analyse sur deux rapports de l’institution de la rue Cambon : le premier a été publié en novembre 2019 et porte sur la gestion des ressources humaines de la SNCF, et le second traite des régimes spéciaux de retraites en France et a été publié en juin de la même année.
Des retraites plus avantageuses à tout niveau
Les cheminots jouissent d’un régime spécial de retraites bien plus avantageux que celui auquel sont soumis les salariés du privé, relève le site Fipeco. Leur taux de cotisations salariales de retraite est inférieur à celui des salariés du domaine privé (9,1 % en janvier 2019, contre 11,3 %). Et c’est sans compter sur le fait que de nombreux agents prennent leur retraite bien plus tôt que les travailleurs du privé alors que leur espérance de vie à 60 ans est sensiblement la même. Les agents de conduite nés avant 1962, et certains nés avant 1967, peuvent prendre leur retraite à taux plein à 50 et 55 ans. Pour les autres, ces âges minimaux augmentent chaque année.
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Le niveau moyen de pension de retraite des cheminots est également plus élevé que dans le secteur privé. Il correspond à taux plein à 75 % du salaire des six derniers mois d’activité de l’agent, contre un taux plein de 50 % sur le salaire moyen des 25 meilleures années pour les salariés du privé. Ces derniers bénéficient toutefois d’une retraite complémentaire portant ce taux à environ 75 % du salaire. En moyenne, le montant d’une pension de retraite pour une carrière complète à la SNCF était de 3.310 euros par mois en 2016, contre 1.820 euros dans le secteur privé.
Des rémunérations plus élevées selon les catégories
En ce qui concerne les salaires, les comparaisons doivent se faire en fonction de la catégorie des emplois, note le site Fipeco. Un ouvrier ou un employé de la SNCF jouit d’un salaire plus élevé que dans le secteur privé : en 2017, en moyenne un cheminot ouvrier touchait 2.132 euros nets par mois, contre 1.636 euros net par mois dans le privé, en 2016, selon les données relayées par le site. Les salariés occupant des professions intermédiaires bénéficient de salaires assez proches de ceux du privé, à profession équivalentes : 2.534 euros pour un employé SNCF, contre 2.241 pour un salarié du privé.
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Enfin, il convient de noter que, selon les données de la Cour des comptes, les salaires des cadres cheminots sont plus faibles que ceux du secteur privé : un cadre cheminot bénéficie d’un salaire mensuel net moyen de 3.572 euros contre 4.060 euros dans le privé. Selon Fipeco, ces écarts peuvent s’expliquer notamment par une “répartition différente des effectifs par niveau de qualification”.
Prestations sociales et facilités de transport
Mais les cheminots bénéficient d’autres avantages parfois non négligeables : une médecine de ville quasi-gratuite grâce à un régime spécial de sécurité sociale ainsi que des allocations familiales versées par l’entreprise ferroviaire. Celles-ci sont non soumises à l’impôt sur le revenu et peuvent atteindre 330 euros pour un troisième enfant, détaille le site Fipeco. Son financement est assuré par une cotisation patronale atteignant 0,9 % du salaire brut.
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Un certain nombre de billets de train à tarif préférentiel sont également alloués aux agents en activité et aux retraités, ainsi qu’à certains membres de leurs familles. Ce sont les fameuses “facilités de circulation” : les conjoints des cheminots et leurs enfants (jusqu’à l’âge de 21 ans) disposent d’une quinzaine de trajets pour lesquels ils n’auront à payer que la réservation. Au-delà, ils ont jusqu’à 90 % de réduction sur le prix d’un billet. Ces facilités sont également accordées, dans une moindre mesure, aux ascendants de l’agent. Ces facilités de circulation représentent un coût de 550 euros par agent (y compris retraité) pour la SNCF. L’entreprise de chemins de fer dispose également d’une filiale logements qui abrite environ 100.000 cheminots, rapporte le site Fipeco.
Une durée de travail inférieure à celle du privé
Les cheminots travaillent-ils alors plus que les salariés du privé ? Pas vraiment. Même si les personnels roulants et certaines autres catégories d’emplois travaillent souvent en horaires décalés, dimanche et jours fériés inclus, la durée annuelle du travail à temps complet des salariés sédentaires de l’entreprise ferroviaire est relativement proche de celle des fonctionnaires, et donc moins importante que la durée de travail des employés du secteur privé : entre 1.568 et 1.589 heures par an, contre 1.708 heures dans le privé. Une catégorie de cheminots bénéficient d’une durée annuelle de travail à temps complet encore un peu plus faible, souligne Fipeco : il s’agit des conducteurs de trains (1.409 heures).

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