Routes : comment le gouvernement veut limiter le retour aux 90 km/h

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

Le retour aux 90 km/heure sur les routes secondaires ne plaît pas à tout le monde. Et certainement pas au gouvernement. Afin de freiner, discrètement, les ardeurs des départements qui souhaitent rehausser les vitesses sur leur réseau routier, l’exécutif a donc envoyé, en début de semaine, une circulaire à destination des préfets leur intimant la ligne à tenir face aux “rebelles”, rapporte Le Figaro mardi. Sans le dire en toutes lettres, il leur demande de refuser tout assouplissement de la limitation à 80 km/heure, assouplissement pourtant évoqué par Édouard Philippe lui-même, en ces termes, il y a quelques mois, après une longue bataille avec les élus locaux.
>> À lire aussi – Deux nouveaux départements vont revenir aux 90 km/h
Du côté des pro-90 km/heure, la circulaire passe très difficilement : “Ce document est un guide conçu pour empêcher les élus de revenir sur le 80 km/h”, estime ainsi le député du Cantal Vincent Descoeur. Plusieurs départements, comme la Haute-Marne, ont déjà fait savoir qu’ils relevaient la vitesse sur leur réseau, en vertu de la nouvelle loi sur les mobilités qui permet aux élus locaux de prendre cette décision. Mais, même si celle-ci revient aux collectivités, les préfets peuvent peser, notamment via une commission qu’ils président et via laquelle ils doivent émettre des avis consultatifs sur les morceaux de routes possiblement concernés par un retour aux 90 km/h, précise le quotidien.
Le gouvernement veut se démarquer des départements
“Édouard Philippe n’a eu de cesse d’opposer l’État qui sauve des vies aux départements qui vont provoquer des morts. L’État veut se démarquer et tenir ces derniers pour responsables des tués sur les routes”, estime auprès du Figaro le président de la Haute-Marne, Nicolas Lacroix. La préfète de son département n’a d’ailleurs pas attendu la circulaire pour suivre la ligne du gouvernement : elle a émis un seul avis favorable sur les 15 tronçons de routes dont la vitesse doit être relevée.
>> À lire aussi – La baisse de la vitesse à 80 km/h n’aurait sauvé “que” 39 vies, selon une étude
Selon les élus, la circulaire est dissuasive. Elle reprend notamment des mesures avancées par des experts en juillet 2019, dont l’impossibilité de revenir aux 90 km/heure sur les tronçons sur lesquels se trouvent des arrêts de transports, ou bien circulent des engins agricoles. Pour Vincent Descoeur, cela exclut donc de facto les zones rurales. “Devant les parlementaires, la ministre de l’Écologie, Elisabeth Borne, avait assuré que le gouvernement n’était pas tenu par ces préconisations”, tonne-t-il. Or, dans le document envoyé aux préfets, l’exécutif évoque bien sa décision de “faire siennes les observations apportées par le comité d’experts”.

Plus d'articles

Dossier Exclusif Covid-19

Comment protéger son épargne et ses investissements après la crise du Covid-19.

Dossier exclusif avec:

Comparez le rendement d'un livret A, et un investissement alternatif.

Une fiche de calcul simple pour évaluer le potentiel de rendement d’un investissement alternatif