Roubaix : Il louait une maison pour cultiver 350 pieds de cannabis | www.cnews.fr

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Un suspect a été arrêté cette semaine sur son «exploitation» de cannabis. Habitant dans l’agglomération lilloise, il louait spécifiquement une habitation à Roubaix pour y faire pousser ses plants en vue de les vendre.

C’est une information en mars dernier qui a mis les enquêteurs de l’antenne Ofast (Office anti-stupéfiants) de la PJ de Lille sur sa piste.

Déjà connu des services de police pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, l’homme de 25 ans a reconnu être celui qui cultivait les plants. Il a été présenté à un magistrat ce vendredi en vue d’un jugement en comparution immédiate.

«C’est une affaire qui reflète l’évolution du trafic de drogue dans le Nord de la France explique à CNEWS le commissaire général Romuald Muller, directeur interrégional de la PJ de Lille.

En France, la culture de cannabis en intérieur est souvent artisanale, avec quelques pieds seulement. Mais depuis 2015 sur notre ressort, nous constatons que les cultures dites «indoor» sont de plus grande ampleur, avec plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de pieds par site.»

En 2015, les enquêteurs de la PJ de Lille ont saisi 1 000 pieds de cannabis. En 2019, ils en ont débusqué 17 000, dans 15 plantations. «Une de ces fermes de cannabis totalisait 8 000 pieds à elle seule, souligne le chef de la DIPJ de Lille. Une autre en comportait 3 300.»

DE NOUVELLES PRATIQUES

Et ce n’est pas la seule évolution notable. Jusque là, les productions de cannabis en intérieur dans ce secteur étaient gérées par des organisations criminelles d’Europe du Nord, qui s’allouaient les services de petits délinquants locaux pour s’occuper au quotidien des cultures. «Il y a eu une sorte de transfert de compétences, constate le commissaire général. En travaillant pour les trafiquants d’Europe du Nord, les délinquants locaux ont appris à faire pousser le cannabis à grande échelle et se sont lancés en indépendants, en profitant du nombre important de locaux désaffectés dans la région, que ce soit des entrepôts inutilisés, des locaux commerciaux abandonnés ou des friches industrielles.»

Un changement dans l’organisation du trafic de stupéfiant qui s’accompagne, en parallèle, d’une évolution de la plante en elle-même. «A l’image de ce qui se passe aux Pays-Bas ou en Belgique où ce sont des plants génétiquement modifiés qui sont cultivés, pour obtenir un taux de THC qui dépasse les 20 à 25 %, nous constatons un glissement similaire chez nous : en France en 2019, le taux de THC a augmenté pour atteindre 15 voir 22 %», note le commissaire général Muller. Le produit est plus fort et donc se vend plus cher. L’Office anti-stupéfiants a donc fait de la lutte contre les productions «indoor» un de ses axes prioritaires.

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