Retraite : ce que pourraient vous coûter les principales solutions étudiées pour le retour à l’équilibre du régime – Capital.fr

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Le “cocktail” de mesures pour remettre le régime de retraite à l’équilibre d’ici à 2027 est en cours de préparation. Lors d’une réunion organisée, ce mardi 10 mars, entre l’exécutif, le patronat et les syndicats – à l’exception de la CGT et de FO qui ont décidé de ne plus participer – le point a été fait sur les différentes solutions proposées par chacun. Il ressort déjà plusieurs points de convergence. Les partenaires s’accordent notamment sur la création d’un panaché équilibré de mesures, la participation du fonds de réserve de retraite ou encore la contribution de l’État au titre des compensations des exonérations de charges, notamment sur les heures supplémentaires.

S’il y a des points d’accord, cela ne veut pas pour autant dire que le consensus est proche. Les divergences sont encore importantes. Alors que certaines organisations privilégient un report de l’âge de départ via un âge pivot, d’autres auraient plutôt tendance à plaider pour un allongement de la durée de cotisation pour obtenir un taux plein. Parmi les hypothèses soulevées, on retrouve également une demande des hausses de cotisations sociales ou encore de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités afin que la tranche supérieure de 8,3% soit alignée sur celle des actifs à 9,2%. Financièrement parlant, deux mesures tiennent la cordes. Ainsi, d’après les chiffres figurant dans un document transmis aux partenaires sociaux, l’introduction d’un âge pivot à 64 ans, couplé avec une baisse progressive de l’âge d’annulation de la décote et une revalorisation du minimum de pension, rapporterait près de 10,8 milliards d’euros. Une façon de combler presque intégralement le déficit chiffré à 12 milliards en 2027.

Autre possibilité : allonger plus rapidement la hausse de la durée de cotisation pour obtenir le taux plein. Pour rappel, la réforme Touraine prévoit déjà d’allonger la durée de cotisation pour obtenir le taux plein. Ainsi, à partir de la génération née en 1973, il faudra avoir travaillé 43 ans pour toucher une pension sans décote. Dans le scénario envisagé, l’idée serait que cette durée de 43 ans soit mise en place plus rapidement, dès la génération née en 1964. Une telle mesure permettrait d’économiser 3,9 milliards.

Pour le moment, le choix est loin d’être tranché, sachant que ces mesures peuvent aussi être couplées avec d’autres à l’impact financier moins important comme l’utilisation d’une partie du fond de réserves des retraites (moins d’un milliard), la compensation d’exonération du forfait social (0,8 milliard). Donc même si rien n’est décidé, voici, d’après le document fourni par l’exécutif aux syndicats, l’impact de ces deux mesures sur la génération née en 1965. Cette génération a été choisie car c’est elle qui, en 2027, arriverait à une durée de cotisation de 43 ans pour obtenir le taux plein.

Le tableau ci-dessous montre ainsi que, dans le cadre d’un allongement de la durée de cotisation (43 ans pour obtenir le taux plein), la durée de la retraite serait raccourcie. L’effet impacterait principalement les plus hauts revenus, à partir du 5e décile (plus de 22.000 euros par an). C’est dans ces déciles de revenus que l’on retrouve le plus de personnes qui ont commencé à travailler tard et qui donc devront travailler plus longtemps pour obtenir une retraite à taux plein. L’impact sur le niveau de la pension est plus important pour les niveaux de revenus les plus faibles. Ainsi, avec ces mesures, les retraités qui touchent une pension faible ou qui ne sont plus en emploi risquent de ne pas tous pouvoir attendre 43 ans de cotisation pour partir à la retraite et ainsi subir une décote.

Le deuxième scénario étudié (âge pivot) concerne en fait un mélange de trois mesures : la mise en place d’un âge pivot à 64 ans, l’abaissement de l’âge automatique du taux plein qui est aujourd’hui à 67 ans et enfin une augmentation du minimum de pension. Il doit atteindre 1.000 euros à partir de 2022. Conséquence de cette mesure, en moyenne, la durée de la retraite diminuera de trois mois. Dans le détail, la situation varie en fonction de votre niveau de revenu. Ainsi, jusqu’au troisième décile (17.000 euros par an), cette mesure permet d’allonger la durée de vie à la retraite. La raison principale ? Ces faibles revenus pourraient bénéficier du recul de l’âge d’annulation de la décote et donc partir dès 64 ans au lieu d’attendre 67 ans. C’est aussi pour cette raison que ces mesures se traduisent par une hausse de pension. Pour les plus hauts revenus, la situation est plus contrastée. Si certains peuvent aussi partir plus tôt à la retraite, pour d’autres, il faudra qu’ils repoussent leur départ à 64 ans au lieu de 62 ans, même s’ils ont tous leurs trimestres de cotisation. Résultat, si certains d’entre eux décident quand même de partir à 62 ans, ils subiront une décote de leur pension de 10% alors que sans âge pivot, ils auraient obtenu leur taux plein.

Dans l’attente d’une décision qui devrait arriver fin avril, les syndicats comme le patronat font part de leurs préférences. “Le problème de cette analyse est que dans ce calcul on regroupe déjà trois mesures, l’âge pivot, la baisse de l’âge automatique du taux plein et l’augmentation du niveau de pension alors que l’on pourrait très bien les séparer”, regrette Frédéric Sève de la CFDT. “On pourrait bien imaginer une accélération de la réforme Touraine couplée avec une baisse de l’âge de suppression de la décote”, suggère-t-il. Du côté du patronat, sans surprise, l’âge pivot est plébiscité. “La vraie mesure qui permet de résorber une grande partie du déficit, c’est celle-ci”, plaide Éric Chevée de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). “Cette mesure a aussi l’avantage de préparer à ce nous attend dans le régime universel avec l’âge d’équilibre”, complète-t-il. D’ici à vendredi, les partenaires sociaux ont pour mission de présenter l’éventail de mesures qui seraient nécessaires pour rétablir l’équilibre. Ces propositions seront ensuite chiffrées par la conférence et présentées lors d’un nouveau rendez-vous programmé dans deux semaines.

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