Rennes : pour quelques oublis, il se dit harcelé par son employeur La Poste

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La Poste fait passer en conseil de discipline l’un de ses employés pour quelques oublis. La pilule est difficile à avaler pour le salarié concerné, Patrick Chartier, facteur de 62 ans posté à Rennes depuis plus de 35 ans. L’homme a été reconnu travailleur handicapé en 2012 et c’est lorsqu’il était en arrêt maladie qu’il a reçu un courrier dans lequel La Poste l’informait de sa convocation pour un conseil de discipline, rapporte France Bleu Armorique. Auprès de la station locale, le sexagénaire ne cache pas son étonnement et évoque même une situation de harcèlement.
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“On me reproche de ne pas avoir mis mon casque de vélo, d’avoir enlevé mes chaussures de sécurité sur un laps de temps donné ou d’avoir oublié quelques lettres dans mon casier. Il m’est aussi reproché d’avoir été un peu trop sec avec quelqu’un de la direction. C’est invraisemblable”, explique-t-il. C’est pour l’ensemble de ces faits que le facteur a reçu une mise à pied de trois mois, selon les indications du syndicat Sud PTT. Une privation de salaire qui, pour Patrick Chartier, s’apparente à “une balle en pleine tête”. “C’est comme s’ils avaient mis une corde avec la lettre dans l’enveloppe de ma convocation”.
Plusieurs accrochages avec la direction
Il explique “gêner” la direction et être comme “une bête noire” en raison d’un contentieux remontant à 2018, lorsqu’il a pris part à une grève de quatre mois contre la réorganisation d’un bureau de poste de Rennes. Puis un an plus tard, sa direction l’a convoqué pour lui signifier qu’il ne distribuait pas assez de plis électoraux en vue des élections européennes qui devaient se tenir à la fin du mois. Mais le sexagénaire explique qu’en raison de ses problèmes de santé, il lui était difficile de porter trop de caisses.
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Un mois après cette affaire, c’est sa tournée de quelque 800 clients qui doit être réorganisée. Il apprend alors qu’il va devoir s’occuper de 400 personnes supplémentaires : “C’est insensé. J’ai 62 ans, les médecins sont d’accord pour dire que je ne suis pas en état d’assumer plus de clients et pourtant la direction va à l’encontre de ces décisions médicales”. Affaibli, il se retrouve alors en arrêt maladie expliquant que lorsqu’il a appris “qu’une enquête disciplinaire était menée, [il a] très mal dormi pendant plusieurs jours”.
Un “harcèlement moral institutionnalisé”
S’il reconnaît que prendre sa retraite serait la meilleure solution, le postier confie auprès de France Bleu ne pas en avoir les moyens pour l’instant, n’ayant pas encore cotisé l’ensemble de ses trimestres. Du côté du syndicat Sud PTT Ille-et-Vilaine, devant la situation, on crie au harcèlement : “C’est à la fois inadmissible et fantaisiste. Le cas de Patrick est le prototype du harcèlement moral institutionnalisé par la direction de La Poste”. La direction de l’entreprise, contactée par la station, refuse de commenter la situation de son employé.

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