Pourquoi un non-confinement aurait été pire pour l’économie

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La dépression historique provoquée par la pandémie mondiale de coronavirus constitue le pire choc subi par l’économie mondiale depuis les années 30, de sinistre mémoire. Si les grandes puissances n’ont pas lésiné sur les moyens pour y faire face (entre mesures de soutien budgétaires et monétaires massives), le “Grand confinement” auquel elles ont dû se résoudre afin de freiner la propagation de l’épidémie et ainsi sauver des vies a toutefois aggravé la chute de l’activité économique et ainsi largement contribué au marasme actuel, dénoncent de plus en plus de voix.
Au pic de la pandémie, “plus de 80 pays ont été en confinement total ou partiel et quelques 3,5 milliards d’individus étaient alors cloîtrés chez eux, soit près de la moitié de la population mondiale”, rapporte John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud. Analystes et économistes commencent à douter de l’efficacité du confinement, arguant que les États-Unis “ont perdu 434 emplois pour chaque décès dû au coronavirus” (plus de 30 millions d’Américains ont perdu leur emploi en seulement 6 semaines), ce qui sous-entend que ce prix “ne vaut pas la peine d’être payé”, rapporte l’expert. Pour autant, préserver une vie humaine n’a pas de prix. Et un déconfinement précipité – ou tout simplement un refus de confiner – aurait pu être “encore bien plus grave au niveau économique”, juge John Plassard.
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Selon une estimation de l’Imperial College de Londres, jusqu’à 2,2 millions d’Américains auraient pu succomber au coronavirus si le gouvernement (américain) n’avait pas pris de mesures préventives pour freiner la propagation de la pandémie. Dans ces conditions, aux Etats-Unis, on ne peut pas vraiment comparer 30 millions d’emplois perdus momentanément (de nombreux chômeurs retourneront au travail lorsque le confinement prendra fin) aux 68.000 décès enregistrés depuis le début de la pandémie, juge l’expert, plusieurs millions de vies ayant pu être sauvées grâce au confinement.
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Par ailleurs, les seniors – c’est-à-dire les personnes les plus susceptibles de mourir du coronavirus en cas de contamination – contribuent fortement à l’essor de l’économie américaine. Une étude conduite par l’AARP et Oxford Economics calcule en effet que “la productivité et les dépenses des Américains âgés de 50 ans et plus ont contribué à 7.600 milliards de dollars en 2015”, quand le PIB du pays ressortait alors à 18.200 milliards de dollars. Et les dépenses de cette tranche de la population “supportent” près de 90 millions d’emplois !
Ainsi, ne pas confiner la population aurait décimé les rangs d’une catégorie d’Américains vitale pour la consommation – principal pilier de l’économie de l’oncle Sam – et l’emploi. Et une telle option “aurait causé un désastre économique encore plus important”, juge John Plassard. Dans tous les cas de figure, une récession d’ampleur n’aurait de toute façon pas pu être évitée…

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