Ponts-et-Marais : Un grand projet immobilier à la place des 11 hectares de friche industrielle Smurfit

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Jérôme David veut donner une seconde vie à ces bâtiments abandonnés depuis près de 5 ans.

Jérôme David veut donner une seconde vie à ces bâtiments abandonnés depuis près de 5 ans. (©L’Informateur)

En cette fin décembre 2019, la friche Smurift est encore à l’abandon. Dans quelques années, voici à quoi elle pourrait ressembler : En face de l’église de Ponts-et-Marais, des étals de marché sont installés dans une halle couverte. Quelques mètres plus loin, des clients boivent un verre à la terrasse d’un nouveau restaurant avec vue sur la Bresle. Le long du fleuve, des habitants venant de Eu rejoignent leur appartement à vélo, avant de se rendre à la salle de sport de leur quartier.

Cette image est celle de la friche Smurfit dans quelques années, telle que l’imagine le propriétaire des lieux Jérôme David. Assureur à la ville d’Eu et par ailleurs vice-président de la CCI (chambre de commerce et d’industrie), l’entrepreneur se présente comme un « passionné du territoire ».

Des bâtiments détruits, d’autres conservés

Aussi, pour les 11 hectares de l’ancien site industriel (dont 5 hectares de bâtiments) où était installée l’entreprise Smurfit (voir encadré), Jérôme David voit les choses en grand : au centre de Ponts-et-Marais, au cœur de la communauté de communes des Villes Sœurs, il espère voir se développer des logements, des commerces et un village vacances.

Lorsqu’on pénètre dans la friche Smurfit, l’immensité du site saute tout de suite aux yeux : « Ce premier bâtiment fait 15 000 m². C’était la caisserie » annonce Jérôme David, lui-même impressionné par les chiffres qu’il annonce. « C’est 45 000 € de taxe foncière par an » précise-t-il, signifiant ainsi qu’il ne souhaite pas voir ce bâtiment rester vide trop longtemps. « Tout ça est rayé de la carte : on casse les dalles et les hyperstructures ».

Ce grand hangar de 15 000 m² va être détruit.

Ce grand hangar de 15 000 m² va être détruit. (©L’Informateur)

Toute la friche ne subira pas le même sort, puisque Jérôme David tient à conserver un maximum de bâtiments, qui seront à terme autant de manières de se replonger dans l’histoire du site industriel. Ainsi, le hangar en brique le long de la Bresle et de la rue Legout-Lesage devrait être conservé et rénové, pour devenir un marché couvert qui accueillerait les exposants quelques fois par semaine.

Un peu plus loin, toujours au bord de l’eau, un autre grand bâtiment en briques et poutres métalliques Eiffel apparentes sera conservé. Il s’agit de l’ancien atelier, qui pourrait devenir un bar – salle d’exposition – atelier d’artiste. « Ce bâtiment me parle, on sent toute l’histoire industrielle » estime le propriétaire.

De l’amiante presque partout

Le reste de la friche devrait être entièrement détruit. Une étape particulièrement importante, puisque tout le site doit aussi être dépollué. Les entreprises spécialisées auront fort à faire : en guise d’exemple, Jérôme David explique que la majorité des toitures est en fibrociment, dont le matériau de base est l’amiante. « Je tiens d’ailleurs à saluer le partenariat de Smurfit, qui subventionne une partie de la dépollution et a accepté de payer pour le diagnostic ». Deux ans de négociations ont été nécessaires pour aboutir à cette vente.

Si Jérôme David ne souhaite pas révéler le prix auquel il a acheté la friche de Ponts-et-Marais, il précise :

« Le budget dépollution – déconstruction est dix fois plus élevé que le prix d’achat. Je n’ai pas gagné au loto, mais les financiers me font confiance ».

Deux entreprises ont été choisies pour cette démolition : le groupe Lhotellier pour la rive gauche (côté Seine-Maritime, qui deviendrait logements et commerces) et Wanty pour la rive droite (côté Somme, qui deviendrait pôle touristique).

Calendrier des travaux
Il est difficile de prévoir quand verront le jour les prévisions de Jérôme David, qui préfère ne pas s’avancer sur un calendrier des travaux. Néanmoins, la réhabilitation de la friche Smurfit Kappa a récemment franchi deux étapes importantes, avec le rachat de la friche par Jérôme David en septembre et le chantier de déconstruction qui a commencé juste avant les vacances de Noël.
« On y verra plus clair le 30 juin 2020, quand tout sera enlevé » détaille Jérôme David. C’est à cette date en effet que les entreprises choisies pour la démolition devront avoir fini de déconstruire et de dépolluer la friche industrielle.
Le site sera ensuite vraisemblablement découpé en parcelles de différentes tailles selon les projets, revendues à des porteurs de projets. Les travaux dureront alors plusieurs années.

L’usine avait fermé début 2015

L’usine de cartonnerie Smurfit Kappa de Ponts-et-Marais a fermé ses portes le vendredi 20 février 2015, 169 ans après son ouverture. Dans nos colonnes en novembre 2014, le directeur de la région Nord-Ouest de Smurfit Kappa expliquait à propos de cette fermeture : « Le site continue d’afficher des pertes importantes […]. Il se maintient actuellement à un niveau trop insuffisant pour garantir sa pérennité ».

L’entreprise employait 75 personnes et beaucoup s’étaient mobilisées contre cette fermeture : « L’ambiance est lourde, pesante. Car dans les rangs de ces ouvriers, la colère des mois passés a désormais laissé place à l’écœurement » pouvait-on lire dans notre édition du 27 février 2015.

Cela fait bientôt cinq ans que le site de 11 hectares est abandonné. Celui-ci est particulièrement bien placé, puisqu’il est au bord de la Bresle, à proximité de la voie ferrée et de deux routes départementales très empruntées : la D49 (Eu-Incheville) et la D1015 (Eu-Gamaches).



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