Pétrole : pourquoi l’accord sur la production ne suffit pas

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L’accord trouvé dimanche ou plutôt le patchwork d’accords trouvés entre le jeudi 9 avril et ce dimanche 12 avril dans le but de réduire la production de pétrole est la démonstration de la fragilité de l’équilibre trouvé entre l’OPEP+, les Etats-Unis, le Canada et le Brésil. Le résultat n’est pas très convaincant puisque les 9,7 millions de barils de coupe sur lesquels l’OPEP+ s’est accordée ne s’appliquent qu’à partir du 1er mai et sur une période de deux mois. Pour la période suivante de six mois, (du 1er juillet 2020 au 31 décembre 2020), l’ajustement total convenu passe à 7,7 millions de barils puis à 5,8 millions de barils pendant seize mois. Le communiqué publié conjointement par l’Arabie Saoudite et la Russie stipule d’autre part que cet accord est valable jusqu’au 30 avril 2022. La base de calcul pour les ajustements est la production pétrolière du mois d’octobre 2018, à l’exception du Royaume d’Arabie Saoudite et de la Fédération de Russie, tous deux ayant le même niveau de référence de 11 millions de barils par jour.
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De nombreuses zones d’ombre concernant les Etats-Unis et le Canada viennent réduire la visibilité à court terme de cet accord global car s’ils se sont engagés à réduire leurs production de plus de trois millions de barils, le mystère reste entier sur la forme et la durée nécessaires qui leur permettraient d’atteindre ces objectifs. Cet exercice de quantification de la baisse de la production nord-américaine s’entend donc, sans précisions supplémentaires, comme le résultat d’une adaptation naturelle de la production marginale au nouveau prix de marché (en l’occurrence plus bas).
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Certains analystes ont qualifié cet accord de “trop timide et trop tardif”, d’autres l’ont décrit comme “manquant de clarté”; certains l’ont qualifié “d’historique”. Il est à notre avis, en effet, tout cela à la fois, mais sa longue et pénible gestation et les volte-face saoudiens ont terni sa crédibilité. En effet, comment ne pas penser que cette volatilité extrême de ce dernier mois aurait pu être évitée ou tout au moins amoindrie sans la décision unilatérale de l’Arabie Saoudite d’augmenter sa production de 35% au mois de mars. C’est cette inutile guerre des prix qui a fait chuter le prix du baril de pétrole de 29% en deux semaines, lui même déjà en baisse de 40% (entre le 20 février 2020 et le 12 mars 2020) en réponse à la crise économique provoquée par l’épidémie globale du coronavirus.
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Le prix du baril a rebondi de son plus bas niveau touché le 1er avril 2020 ($25) sur l’annonce des pourparlers en vue de réduire la production et des progrès réalisés dans la lutte contre le covid 19. Il n’a pas rebondi à l’annonce de l’accord conclu ce week-end. C’est la preuve que cet accord ne fait que ramener les pendules à zéro. Seule la validation d’une amélioration de la crise sanitaire mondiale, entraînant avec elle le redémarrage des économies, aidée certes par le maintien de la discipline de production de pétrole, permettra au prix du baril de s’apprécier. C’est une simple question de temps.
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