Mort de Gilbert Garcin, l’entrepreneur qui s’était mis à la photographie à la retraite

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Il s’était mis à la photographie après ses 60 ans, poussé par la crainte d’une retraite ennuyeuse. Vingt ans plus tard, il exposait ses photomontages en noir et blanc, constructions poétiques et fatalistes, dans des galeries du monde entier. Gilbert Garcin est mort à 90 ans, vendredi 17 avril à Marseille, en artiste reconnu par ce monde dans lequel il avait surgi comme par miracle.

Certains de ses voisins, dans son bel immeuble cossu avec vue sur le stade Vélodrome et les collines du Garlaban, ne savaient même pas qu’il était photographe. Pour eux, il restait « Monsieur Garcin », tranquille entrepreneur à la retraite, ancien patron d’une entreprise de luminaires, parfaitement intégré dans cette discrète bourgeoisie marseillaise aux goûts artistiques plutôt conventionnels. Un milieu dont il ne se cachait pas d’être issu, mais dont il s’est progressivement détaché pour vivre pleinement sa fulgurante seconde carrière.

Inattendu stagiaire

Né en 1929 à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), Gilbert Garcin se passionne plus pour la voile que pour l’art. Ecole de commerce, études dans une université américaine, il fréquente les musées « à peine plus que la moyenne ». Il se met à la photographie quelques mois après l’arrêt de sa vie professionnelle, fréquente le photo-club d’Allauch, petit village entre Marseille, où il vit, et La Ciotat, où il possède un cabanon familial.

Le premier prix d’un concours amateur lui ouvre un stage dirigé par le photographe Pascal Dolémieux aux Rencontres d’Arles 1992. « Il nous a fait photographier des figurines découpées dans les rues d’Arles. Avec, comme seule consigne, de rendre les choses les plus réelles possible », racontait volontiers l’inattendu stagiaire. La méthode est trouvée, Gilbert Garcin n’en changera pas. Un vieux manteau déniché dans les placards de son beau-père, un cabanon transformé en studio de prises de vues, un boîtier Nikon d’occasion et il devient son propre personnage : « l’homme au pardessus », rebaptisé plus tard « Mister G », rejoint rapidement par la silhouette de sa propre épouse, Monique.

Le propos est accessible, l’humour grinçant, l’identification possible

Deux figurines de dix centimètres de haut, photographiées dans différentes postures puis placées dans des décors créés avec des bouts de bois ou de cailloux récupérés sur la plage. Deux êtres humains anonymes lancés, image après image, dans une lutte, dérisoire mais déterminée, contre l’avancée du temps, l’orgueil, le narcissisme, la difficulté d’être deux… Le propos est accessible, l’humour grinçant, l’identification possible. « Gilbert Garcin fait des photos intelligentes que tout le monde peut comprendre », analyse le journaliste marseillais Yves Gerbal, un des premiers à avoir découvert son travail, auteur de la préface de l’ouvrage Mister G (Filigranes éditions, 2009).

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