Masques chirurgicaux, masques en tissus : où et quand seront-ils disponibles ?

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Quand et où les Français pourront-t-ils se procurer des masques ? Ces questions se répètent en boucle dans nos têtes depuis que l’Elysée a annoncé jeudi 23 avril que le port du masque sera “probablement” imposé dans les transports publics, une fois le déconfinement enclenché, le 11 mai prochain. Comme les stocks de masques chirurgicaux et FFP2 demeurent insuffisants, le gouvernement mise sur les masques en tissu afin d’éviter une deuxième vague épidémique. Dans un entretien aux Echos paru ce vendredi 24 avril, la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher a annoncé que le gouvernement procèdera à de premières distributions de masques grand public auprès des Français à partir du 4 mai.
“Plusieurs modes de distribution ont été identifiés pour permettre à un maximum de Français d’y avoir accès. Le champ des possibles est très large et nous regardons toutes les hypothèses: pharmaciens, mairies, grande distribution, buralistes, plateforme Afnor, e-commerce, etc.”, a-t-elle ajouté. Quant à l’encadrement des prix de vente de ces masques – souhaité par la députée LR Marie-Christine Dalloz qui s’apprête à soumettre une proposition de loi – Agnès Pannier-Runacher a précisé que “ce n’est pas d’actualité”. Pour l’instant, le réseau des buralistes s’est déjà engagé à vendre les masques à un prix indicatif de cinq euros. En Île-de-France, la présidente de la région Valérie Pécresse a annoncé que des masques seront distribués gratuitement dans les transports en commun (où ils seront obligatoires) durant les premières semaines du déconfinement.
Mais tous les masques en tissu ne sont pas équivalents en termes de filtration des particules et de durée de vie. Si des entreprises et organismes publics peuvent déjà se procurer des masques en tissu pour leurs salariés ou agents auprès de confectionneurs bénévoles via une plateforme en ligne mise en place par l’Association française de normalisation (Afnor), l’Etat souhaite parallèlement distribuer aux Français des masques en tissu filtrants actuellement en cours de production dans les usines de textile et testés préalablement en laboratoire.
Des masques grand public filtrants à l’état de prototype
Alors que plusieurs pays comme l’Allemagne ont déjà équipé leurs populations en masques, le ministre des Solidarités et de la santé Olivier Véran a suggéré aux Français qu’il faudrait patienter encore un peu, mardi 21 avril, dans l’émission les 4 vérités sur France 2. Depuis le début du mois, les industries textiles de l’Hexagone sont à l’oeuvre pour produire des masques en tissu avec une filtration du virus au moins à 70 %, et lavables en machine puis repassables plusieurs fois. “En deux semaines, onze millions de modèles ont été confectionnés et la production va être de plus en plus massive. On vise quinze millions de masques produits par semaine d’ici fin avril-début mai”, précise à Capital le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances.

En complément des gestes barrières et de la distanciation sociale, des masques en tissu, réutilisables et répondant à des normes de filtration du virus vont être progressivement déployés partout en France, avec l’appui des pharmacies, des villes, de la grande distribution. Olivier Véran (@olivierveran) April 21, 2020

Pour le moment réservés aux entreprises, ces masques devraient donc être accessibles au grand public au moment du déconfinement. Le gouvernement planche encore sur les modalités de distribution mais selon le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, les Français pourraient se procurer ces masques aussi bien en pharmacie que dans les enseignes de la grande distribution, les transports publics ou encore les bureaux de tabac. Dans cette optique, chaque prototype passe préalablement une batterie de tests en laboratoires. Il s’agit de vérifier que la perméabilité à l’air est équivalente à 100 Pascal (Pa) et les performances de filtration à 3 micromètres (µm) aussi bien à l’état neuf qu’après lavage. La Direction générale des entreprises a d’ailleurs rendu public un tableau – mis à jour quotidiennement – répertoriant les producteurs de ces prototypes avec les résultats des tests. Alors que les essais sont en cours, on remarque déjà que certains masques ont une durée de vie plus longue que d’autres. Parmi les masques testés après lavage, certains seraient réutilisables car ils peuvent être lavés au moins cinq fois, dix fois, voire trente fois avant que leur efficacité ne soit réduite. Une minorité de masques seraient en revanche à usage unique, malgré leurs bonnes performances en termes de filtration du virus.
Les masques en tissu pour les salariés et agents publics
En plus du tutoriel pour fabriquer soi-même un masque en tissu, l’Afnor a lancé une plateforme en ligne baptisée “Afnor procontact”, destinée à mettre en relation des confectionneurs bénévoles avec des entreprises ou organismes publics qui souhaitent équiper et protéger leurs salariés et agents. Concrètement, cet outil répertorie par département tous les confectionneurs bénévoles ( particuliers, couturiers, ou entreprises) qui produisent des masques en tissus et les proposent soit gratuitement, soit à prix coûtant. Mais, contrairement aux prototypes en cours de production dans les industries textiles que le gouvernement souhaite généraliser à l’ensemble de la population, les masques barrières proposés sur la plateforme ne sont pas testés en laboratoires avant d’être distribués.
>> A lire aussi – Pourquoi le “Monsieur Déconfinement” Jean Castex n’aura pas de rémunération spécifique
Les confectionneurs bénévoles doivent seulement à attester sur l’honneur qu’ils ont bien suivi les recommandations de l’Afnor, notamment en ce qui concerne la capacité de filtration à 70 % et la résistance à cinq cycles de lavage, au minimum. Contacté par Capital, l’Afnor assure toutefois que “le cahier des charges étant public, les demandeurs questionnent le confectionneur sur les tissus utilisés et le nombre de couches de tissus”. Pour l’instant, aucun problème particulier n’a été observé par l’association, attentive aux appréciations laissées par les demandeurs qui ont reçu leurs masques.. Si ce dernier n’est pas remis gratuitement, il est en moyenne facturé entre trois et neuf euros, un prix qui inclut la matière fournie, le temps de fabrication et l’expédition.
Les masques chirurgicaux désormais accessibles aux TPE et PME
Si les masques en tissu ont vocation à être distribués à l’ensemble des Français, ce n’est pas le cas des modèles chirurgicaux qui sont, contrairement aux premiers, à usage sanitaire. D’abord préconisés pour les soignants et les personnes malades afin d’éviter qu’ils ne propagent le virus par des projections de gouttelettes, ces masques sont, depuis lundi 20 avril, mis en vente par Cdiscount à destination des entreprises artisanales, TPE et PME. Une initiative promue par le gouvernement en concertation avec les chambres de métiers et de l’artisanat, ainsi que les chambres de commerce et d’industrie. Après avoir testé le dispositif dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, le concurrent français d’Amazon va vendre 60 millions de masques chirurgicaux aux professionnels, au prix de 75 centimes l’unité. Afin de servir le plus grand nombre d’entreprises, ils seront “contingentés à raison de deux masques par salarié et par jour”.
Les masques FFP2, réservés exclusivement aux soignants
C’est une denrée rare en cette période de crise sanitaire et c’est pourquoi les masques FFP2, caractérisés par leur haute performance de filtration du virus, sont réservés aux personnels soignants, en première ligne dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. D’abord distribués dans les centres hospitaliers au début de la crise, ils ont ensuite été mis à la disposition des médecins de ville qui exigeaient d’être mieux protégés lors des consultations. Mais en raison des décisions prises en 2011 à la suite de l’épidémie de grippe H1N1, l’État n’a plus de stock stratégique et doit importer de Chine ces masques destinés aux soignants.

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