Managers, pensez au coaching… avec un cheval

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A Fouchères, petit village de l’Yonne, Horsedev accueille des managers en séminaire avec une conviction : le cheval est un puissant révélateur de notre capacité d’influence. Car on ne dirige pas cet animal de 600 kilos par la contrainte, mais uniquement grâce à nos talents de persuasion. Explications en images avec trois exercices d’equicoaching.
Le travail en liberté : persuader par son langage corporel
“Après avoir pris contact avec le cheval en liberté, vous allez lui demander, sans l’aide de la parole, de tourner sur la piste aux deux mains et aux trois allures”, annonce Fanny Lelièvre, coach équestre et instructrice d’équitation, qui propose la démonstration. Il ne s’agit pas ici d’accomplir des prouesses techniques mais d’analyser notre langage corporel et les messages pas toujours maîtrisés que nous envoyons. “Le cheval est très réceptif à l’énergie que l’on va déployer pour le mettre en mouvement, souligne Fanny Lelièvre. Il perçoit aussi la peur, la colère, la distraction, toutes ces émotions non assumées qui transparaissent dans notre gestuelle.” Un bipède trop agité suscitera l’affolement, un autre trop lymphatique laissera l’animal indifférent…
L’œil de Patricia Barenfeld, coach : “Nous avons beau savoir que 70% de la communication est non verbale, nous n’avons que très peu conscience des signaux que nous émettons. Parfois, notre attitude exprime le contraire de ce que nous disons ! Avec les chevaux comme en entreprise, le leader influent recherche la congruence – ses actes, ses paroles et son langage corporel vont dans le même sens. Il est aussi celui qui trouve la “bonne distance” avec ses collaborateurs. Ni trop près, on le considérerait alors comme un simple copain, ni trop loin, au risque de susciter la peur, la colère, ou de perdre le contact avec l’autre.”
Le slalom : gérer la pression pour mieux guider
“En guidant le cheval par le licol, on le dirige sur un trajet précis, le plus rapidement possible et en prenant garde à ne pas heurter les plots”, encourage Fanny Lelièvre. Cet exercice requiert de la précision, de l’attention à l’autre — votre cheval, avec ses quatre jambes, a un encombrement bien supérieur au vôtre — et le sens du timing. Un virage trop large fait perdre du temps ; trop court, et on renverse les plots. Tout l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre ces contraintes opposées, en tenant compte de l’habileté de votre cheval.
L’œil de la coach : “Jongler avec des exigences contradictoires est le quotidien du manager. Et pourtant, de la juste résolution de cette équation dépend la valeur de son leadership. Ici, le cheval veut bien faire. Et s’il commet des fautes, c’est parce que son “guide” a fait de mauvais choix ou n’a pas tenu compte de ses compétences. Le bon leader est capable de définir une stratégie dans l’urgence, en faisant preuve de self-control et sans répercuter la pression de manière anarchique sur ses équipes. Lorsqu’un cheval est mis en situation d’échec de manière répétée parce qu’on lui a donné des ordres contradictoires ou demandé plus qu’il ne pouvait donner, il arrive qu’il “casse”, physiquement ou psychologiquement. C’est l’équivalent du burn-out en entreprise. Soumis à une pression trop grande et à un conflit de valeurs insoluble, le salarié s’épuise. A la source de ces accidents : de grosses erreurs de management.”
Le jeu du rideau coloré : convaincre par la confiance
Ce jeu consiste à faire passer un cheval guidé en licol sous un rideau de plastique coloré. Rien de plus simple à première vue. Sauf que… “Dans la nature, le cheval est une proie, rappelle Fanny Lelièvre. Il est donc naturellement craintif face à ce qu’il ne connaît pas, et doté d’un instinct de fuite phénoménal !” Si la réaction varie selon les équidés, la plupart vont marquer un recul, voire manifester une franche inquiétude face à cette nouveauté dont le bruit, la couleur et l’aspect lui semblent suspects. “Jamais un petit chef autocrate ne réussira par la force à faire passer un cheval qui a peur sous le rideau, dit Fanny Lelièvre en souriant. En revanche, si, en restant assertif, vous réussissez à le rassurer progressivement, si vous franchissez l’obstacle le premier et le persuadez qu’il est en sécurité à vos côtés, il vous suivra.”
L’œil de la coach : “Entre les murs d’une entreprise comme dans un manège, la nouveauté fait peur. En obligeant les salariés à sortir de leur zone de confort, elle suscite résistance ou opposition. Comment manager le changement ? Le “jeu du rideau” souligne l’échec du pur rapport de force et démontre que le sens de l’observation et la capacité d’empathie – identifier l’origine des appréhensions de votre interlocuteur, analyser la situation pour y apporter une réponse adaptée – font des miracles. Si elle nécessite une approche plus progressive, l’instauration de la confiance est un facteur clé de réussite.”
Equicoaching, mode d’emploi
L’équicoaching réunit professionnels de l’équitation et coachs traditionnels. “Les chevaux sont soigneusement choisis pour leur proximité avec l’homme, leur sensibilité, mais aussi leur sécurité, souligne Fanny Lelièvre. Après une première séance qui fait souvent surgir l’émotion, nous faisons aussitôt le lien entre la situation vécue et l’histoire de la personne, le contexte de sa venue. Il y a d’abord un débriefing individuel, puis un collectif”, explique Patricia Barenfeld. Contrairement à l’equithérapie, qui se poursuit sur la durée, l’equicoaching est ponctuel : une ou deux séances suffisent. “Le cheval agit comme un révélateur, souligne Patricia Barenfeld. Aux participants d’en tirer leurs conclusions et de solliciter, s’ils le souhaitent, un accompagnement plus traditionnel.”

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