L’or, une devise que la Banque centrale américaine ne pourra pas imprimer : le conseil Bourse du jour – Capital.fr

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L’or a le vent en poupe. Après un passage à vide du cours de l’once lors du pic de stress généralisé sur les marchés, il a inscrit un nouveau sommet annuel ce mois-ci. Depuis, il a légèrement reflué, mais a dernièrement pris appui sur sa moyenne mobile à 20 jours. Les grandes banques sont de plus en plus positives sur l’or. Bank of America a d’ailleurs porté de 2.000 à… 3.000 dollars son objectif de cours à 18 mois sur l’or, jugeant que la hausse du bilan des banques centrales pourrait mettre les devises fiduciaires sous pression et favoriser un engouement pour l’or. “La Fed ne peut pas imprimer de l’or”, souligne en outre la banque américaine.

De nombreux éléments plaident en faveur d’une hausse durable de l’or. “L’or ne génère ni dividende, ni coupon, contrairement aux actions et aux obligations, par conséquent plus les taux d’intérêt sont proches de zéro, voire négatifs, plus cela rend l’achat d’or intéressant”, souligne Antoine Fraysse Soulier, responsable de l’analyse de marchés chez eToro. Or, en raison de la crise actuelle, les banques centrales ont réduit drastiquement leurs taux directeurs. “Cela a mécaniquement fait baisser les taux d’intérêt, rendant les obligations moins attractives. Il en est de même pour les actions, qui ont perdu en moyenne entre 20 et 30% et dont les dividendes, pour certaines, vont être supprimés”, explique l’expert.

Par ailleurs, les banques centrales, notamment celles de la Russie, de la Chine et de l’Inde, continuent d’alimenter leurs réserves en or. “En 2018, c’est 651 tonnes qui ont été achetées, un record. Les investisseurs institutionnels ne sont pas en reste. Au 1er trimestre, les ETF adossés au métal jaune ont enregistré un record historique, avec 23 milliards de dollars de flux entrants, selon le Conseil Mondial de l’or”, souligne Antoine Fraysse Soulier. Enfin, alors que le stress sur les marchés d’actions ne semble pas près de s’estomper, l’or pourrait continuer à bénéficier de son statut de valeur refuge.

“Les flux de capitaux n’ont pas attendu le choc boursier de février/mars dernier pour arbitrer en faveur des métaux précieux et du cours de l’or”, relève de son côté Vincent Ganne (membre de l’AFATE), analyste marchés senior et Business Development Manager chez TradingView. “Les traders institutionnels ont commencé à s’exposer à l’achat de manière croissante au démarrage de la guerre commerciale et lorsque les effets négatifs de cette dernière ont brisé la dynamique de la croissance chinoise”, indique l’expert. Le graphique ci-dessous montre le retournement haussier de la position ouverte sur le contrat à terme sur l’or à partir du milieu de l’année 2018.

En plein cœur de la chute des actions, entre le 10 et le 17 mars dernier, le cours de l’or a cependant baissé de 1.700 à 1.450 dollars. “La gestion d’actifs était à la recherche de liquidités pour couvrir les appels de marge sur actions”, explique Vincent Ganne, “une parenthèse refermée”.

En relatif et à long terme (le graphique expose les bougies japonaises mensuelles avec une échelle logarithmique), “la tendance du prix de l’once d’or est haussière depuis 2001 et plus proche de nous donc, depuis 2018. Ce mouvement de fond est maintenant entretenu par la hausse de la volatilité sur les actifs risqués (comme les actions, NDLR) mais reste freiné par la valeur relative du dollar américain”, note l’expert. En effet, l’or et le dollar évoluent souvent en sens inverse, car l’or, coté en billets verts, se renchérit mécaniquement pour les acheteurs munis d’autres devises, quand la monnaie américaine s’apprécie.

La hausse du cours de l’or “n’est pas et ne sera pas verticale mais reste portée par la finance institutionnelle. Techniquement, les records historiques sont en vue pour cette année 2020, la zone comprise entre 1.795 dollars et 1.920 dollars. Le garant technique de la dynamique de fond est à 1.550 dollars”, indique Vincent Ganne. Il conviendrait donc d’être plus prudent sur le métal jaune, si ce support devait être enfoncé.

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