“L’or pourrait rallier son record grâce aux investisseurs, l’Inde et la Chine”

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

Le marché de l’or a subi des bouleversements inédits en raison de la crise du COVID-19. C’est d’abord l’offre qui a été perturbée. Pour la première fois de l’Histoire, l’épidémie a contraint une partie des raffineries du métal jaune à cesser leur activité en raison des mesures de confinement. Dans le même temps, la mise à l’arrêt quasi-complète de l’aviation civile a rendu très difficiles les mouvements d’or d’un continent à l’autre pour répondre à la demande. Ce phénomène a perturbé les mécanismes d’arbitrage traditionnels et entraîné de lourdes pertes pour les équipes de trading des grandes banques.
Dans le même temps, la production a, elle aussi, été fortement touchée. Un certain nombre de pays producteurs, au premier rang desquels l’Afrique du Sud, ont dû cesser leur activité minière en raison du confinement. La production mondiale a ainsi reculé d’environ 10% pendant le confinement. Ceci est un facteur important car, contrairement à une crise classique où seule la demande recule, la baisse de la production permet un certain optimisme sur la poursuite de la progression des cours de l’or en sortie de crise, puisqu’il n’y aura pas eu de constitution d’un stock à écouler avant que le marché revienne à la normale.
>> A lire aussi – Comment acheter de l’or
La demande a elle aussi subi le choc sanitaire de plein fouet. En particulier, la demande joaillère, qui constitue le premier poste de consommation du métal précieux, a énormément souffert du confinement d’une grande partie des consommateurs. Ainsi, la China Gold Association estime que la demande chinoise, qui constitue le premier marché mondial pour l’or, serait en recul de 30% cette année. C’est toutefois mieux que les premières estimations, qui tablaient sur un recul de 50%. De son côté, le marché indien, second marché pour la demande du métal précieux, afficherait un recul comparable (36% selon le consultant Metal Focus).
Mais dans le même temps, la demande des investisseurs a, elle, connu une progression historique. Avec plus de 400 tonnes acquises par l’ensemble des ETF sur l’or, l’investissement a plus que compensé la baisse de la demande indienne et chinoise. La demande de métal s’est ainsi affichée en progression de 1% sur le premier trimestre, par rapport à la même période l’année passée, selon le World Gold Council.
>> A lire aussi – Pourquoi les banques centrales aiment-elles tant l’or ?
La raison de cet intérêt pour l’or d’investissement tient au fait que les marchés sont de plus en plus incertains mais aussi, et surtout, au fait que les politiques monétaires accommodantes et les plans de relance annoncés partout dans le monde ont poussé toujours plus bas les taux d’intérêt. L’or a ainsi retrouvé de l’intérêt, malgré son absence de rendement. Dans un contexte où les taux sont négatifs, un rendement nul est toujours mieux qu’une ponction sur son épargne…
Cette situation devrait perdurer, la situation économique et l’endettement des principales économies imposant aux banques centrales des politiques monétaires accommodantes pour longtemps, afin d’éviter que la charge de la dette ne devienne insupportable.
Dans un tel contexte, l’or pourrait continuer de bénéficier du soutien de la demande financière dans les mois qui viennent. Aussi, si la crise sanitaire venait à être stabilisée, le retour de la demande physique des marchés indiens et chinois pourrait agir comme un catalyseur pour une nouvelle vague de hausse du précieux métal et l’emmener vers ses plus hauts historiques en dollars, au-delà des 1900 dollars l’once.
A l’inverse, l’un des principaux facteurs de la baisse récente de l’or pendant la phase aigüe de la crise sanitaire courant mars a disparu. En effet, l’or avait alors été l’objet d’une forte pression vendeuse de la part des spéculateurs qui allégeaient leurs positions liquides pour pouvoir faire face à leurs appels de marge provoqués par la chute des actions et des obligations. Mais aujourd’hui, la position des spéculateurs sur l’or a fortement diminué. Aussi, s’il devait y avoir une nouvelle baisse des principaux marchés, ceux-ci n’ont plus que très peu de positions à liquider sur le métal jaune, et l’impact devrait être limité.
>> Notre service – Palmarès Sicav, trackers et FCP
Tout ceci permet aujourd’hui à l’or de présenter un profil de risque asymétrique, qui donne tout son sens à une allocation raisonnable à la “relique barbare” dans un portefeuille diversifié.
Benjamin Louvet, gérant matières premières, OFI AM
Achevé de rédiger au 10 juillet, source : sur la base de données arrêtées à fin juin 2020

Plus d'articles

Dossier Exclusif Covid-19

Comment protéger son épargne et ses investissements après la crise du Covid-19.

Dossier exclusif avec:

Comparez le rendement d'un livret A, et un investissement alternatif.

Une fiche de calcul simple pour évaluer le potentiel de rendement d’un investissement alternatif