“L’Etat français s’est très mal préparé à une pandémie, et ce n’est pas faute d’argent !”

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Il y a quelques jours encore, “on” se posait des questions tout à fait “essentielles” pour la survie de l’Humanité, telles que l’absolue nécessité, l’évidence même, d’organiser des vols habités vers la planète Mars, dans le but de coloniser celle-ci. Ou bien encore quant à comment transférer son âme et son esprit dans un ordinateur quantique afin de les réincarner ensuite dans un corps artificiel, post-mortem. Ou plutôt trans-mortem. Le virtuel avait enterré le réel.
Ou bien encore à se laisser guider par une intelligence artificielle, forcément supérieure car échecs et jeu de go étaient désormais terrassés par la machine qui réfléchissait mieux que quiconque. Cqfd : La science et la technologie invincibles. Ou plus exactement la science, la technologie ET l’économie étaient invincibles, triomphantes, rayonnantes, éclairant le “nouveau monde”. L’homme était devenu Dieu. Jupiter. Tout puissant. C’était hier. Seulement hier. C’était le temps de l’Hubris.
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Et aujourd’hui, que voit-on ? Factuellement, au-delà des oripeaux des “rois-nus” et de leurs discours pathétiques en forme placebos ou de litanie des morts, chaque soir débitée sur un ton monocorde par les comptables de l’Hadès ? On constate que l’Humanité avance exactement comme au moyen âge, comme au temps des pestes noires, et autres pandémies. Masquée (enfin, pour ceux qui ont accès aux masques… c’est-à-dire peu) et sans traitement.
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Et la panacée du 21ème siècle c’est… la bonne vieille quarantaine… oui, au sens littéral de quarante jours (a minima) et non pas la “quinzaine”. Comme en 1347 ! Pas mieux ! Le hiatus est saisissant, glaçant. Et l’on n’ose imaginer ce que serait notre sort, livrés à nous même, si le coronavirus était un tant soit peu plus mortel. Une Hécatombe.
Pourquoi ? L’allocation des ressources : financières, technologiques et compétences. Depuis les années 90, les Etats se sont pris pour des Entreprises. Littéralement. Au point où on a vu des Chefs d’Etat se transformer en représentants de commerce, dans le but de tirer visibilité et gloire (?) du fait de contribuer à concrétiser des ventes, des contrats, au plus grand bénéfice d’acteurs du secteur privé… le sous-entendu étant… ça va créer de l’emploi… et à ce sujet on a vu… le taux de chômage.
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En même temps, tout ce qui pourtant était du ressort “régalien” de l’Etat, mais qui n’avait pas de pay back ou de ROI (Return on Investment) immédiat, visible et “communicable” était considéré comme un “coût”, et forcément comme un “surcoût”, à l’aune des 3% (critère de Maastricht du déficit public maximum en pourcentage du PIB).
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Or ces mission régaliennes, quelles sont telles ?… ce sont les missions que ni un particulier ni une entreprise ne peut, ni ne doit assumer. Pourquoi ? Car comme son mot l’indique, régalien vient du latin Rex : Roi. Ce sont les missions que seul le Roi, aujourd’hui son successeur, l’Etat, la République, peut et doit assumer. C’est la base de notre contrat social, et aussi du consentement à l’impôt, qui, il faut le rappeler, est en France le plus élevé du monde !
Ce sont : la Justice, l’Éducation, la Défense et la Sécurité, la Santé. Or ce sont les secteurs où, malgré notre taux de prélèvements obligatoires recordman du monde, qui ont subi des coupes sombres, dures. A répétition.
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Par contre, le fait que l’Etat, en France, prenne des participations financières (en temps normal) dans une entreprise de transport ferroviaire, ou aérien ou encore dans des constructeurs de voitures ou de bateaux, ou finance des start-up sans lendemain ou des fabriques de cheeseburger sur le retour, ou le nième projet anecdotique dans le luxe ou dans la communication n’est pas de son ressort.
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C’est du ressort du secteur privé, en particulier de celui des banques et des investisseurs en capital, qui, en France sont particulièrement timides, car bien embusqués derrière… l’Etat devenu… capital risqueur… avec l’argent public. Ubuesque.
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Par contre, que l’Etat se préoccupe de préparer une possible guerre ou de contrer une pandémie, cela est au centre de sa raison d’être. Une part importante de ses ressources doit y être consacrée, mobilisée. Des ressources financières mais aussi et surtout intellectuelles : comment peut-on, en effet, imaginer qu’il n’y aura jamais de pandémie au point de ne pas s’y préparer ?… Comment peut-on se rendre totalement dépendant jusqu’à mettre toutes ses ressources vitales (masques, médicaments) dans une seule source ? La Chine. Et ce, alors que l’Empire du Milieu a été le foyer de départ de plusieurs épidémies virales mondiales, dont très récemment le SRAS, un autre coronavirus ?
La ressource intellectuelle est le nerf de la guerre. Aujourd’hui, faute de pensée anticipatrice au niveau des enjeux, faute de pouvoir penser, articuler et décliner une stratégie structurée et cohérente, nous sommes réduits, moyenâgeux, à subir à genoux une pandémie, et à lutter à mains nues (littéralement : sans gel et sans gants). Demain, qu’en sera-t-il devant une cyberattaque massive ? … Alors que nos Armées ont déjà toutes les peines du monde à attirer les meilleurs cerveaux en matière de Cyberdéfense qui, faute d’obtenir un salaire décent, vont se vendre au “marché” privé et la plupart du temps à l’étranger ? … et qu’en même temps l’Etat pousse avec violence au tout e- gouvernement ?… les mêmes causes entraînant les mêmes effets, le pronostic est assez simple.
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Et c’est là l’autre paradoxe : l’Etat est riche. Financièrement riche. Contrairement à ce qui est colporté. En effet, avec 52% du PIB de prélèvements obligatoires, la France est le champion du monde toutes catégories en termes d’impôts. Rappelons que l’Allemagne (le modèle de beaucoup de nos gouvernants actuels), qui a plus de lits de réanimation que nous (4 fois plus, pour l’instant) et teste massivement (200.000 tests par jour dès avril…) et donc sauve plus de vies, n’a que 37% de prélèvements obligatoires.
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En clair il est impossible, indécent, de demander plus au contribuable. Il est déjà le plus essoré au monde, et surtout s’agissant du particulier, car, en France ce n’est pas sur l’entreprise mais sur le particulier que repose l’immense majorité de la fiscalité (l’Impôt sur les bénéfices des sociétés ne représente que 10,7 % des recettes fiscales de l’Etat français). La vraie question n’est pas celle de la ressource financière dont dispose l’Etat : elle est immense, mais bien celle de l’allocation de cette ressource, des “choix”. En termes plus prosaïques : où va l’argent ?
Mais il y a de l’espoir. Après avoir démarré dans l’Antiquité sous le signe de Jupiter, nous en sommes déjà arrivé au Moyen-âge, en 1347 (la peste noire). Nous savons que la Renaissance y a succédé… et qu’avec elle on trouve Copernic. C’est-à-dire que ce sera le moment d’opérer une véritable Révolution Copernicienne : celle de l’Etat.
Georges Nurdin, économiste, consultant international essayiste et écrivain (Les multinationales émergentes, International Corporate Governance, Le temps des turbulences, Wanamatcha !).
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