Les repreneurs d’ArjoWiggins auraient vidé les caisses en quelques mois

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Un “pillage” ? C’est le terme employé par l’avocat de 104 anciens salariés de la papeterie ArjoWiggins Security de Jouy-sur-Morin, en Seine-et-Marne, pour qualifier l’action des repreneurs de l’entreprise. Depuis janvier 2019 et la prononciation de la liquidation judiciaire, 220 employés de la société spécialisée en papier sécurisé pour les billets de la banque de France et permis de conduire sont au chômage. Ces derniers attaquent aujourd’hui, devant les prud’hommes, leurs anciens patrons pour “licenciement sans cause réelle et sérieuse”, rapporte Le Parisien.
Déficitaire, ArjoWiggins, filiale de Sequana, a été vendue en février 2018 à deux fonds germano-suisses, Blue Motion Technologies et Parter Capital. Pour faciliter cette reprise, la Banque publique d’investissement (BPI) avait prêté 10 millions d’euros à Sequana en mars 2018 “pour sa division sécurité, afin de pérenniser le plan de sauvegarde”. L’État avait quant à lui effacé une ardoise de quatre millions d’euros d’impôts.
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Le 11 avril 2018, la reprise d’ArjoWiggins Security est validée par le tribunal de commerce de Nanterre pour un euro symbolique. Problème : il semblerait que personne n’ait vérifié les antécédents judiciaires des repreneurs. “C’est l’entreprise Sequana qui a fait le choix, sous le contrôle du tribunal de commerce qui est décisionnaire en dernier ressort. Les services du ministère de l’Economie ne choisissent pas tel ou tel repreneur”, se dédouane Bercy, relayé par le quotidien francilien.
Le début de la fin
Une fois les repreneurs en place, aucun plan social à l’horizon, de quoi rassurer salariés et élus locaux. Le calme avant la tempête. Les promesses d’investissements ne sont pas tenues et les contrats ne sont pas complètement honorés, car les nouveaux patrons d’ArjoWiggins refusent d’avancer les cautions nécessaires pour se faire payer à la livraison de la marchandise. Pourtant, à la reprise, les comptes de l’entreprise affichaient 14 millions d’euros de disponibles. Mais selon l’avocat des ex-salariés, Me Henry, 1,7 million d’euros seraient sortis des caisses de l’entreprise, au profit des repreneurs. “Certains dirigeants se signent eux-mêmes leurs propres commissions”, rapporte le conseil dans les colonnes du Parisien.
Quelques mois seulement après la validation du rachat, en août 2018, l’usine est en cessation de paiement. Le tribunal de commerce avait pourtant affirmé que 80% du chiffre d’affaires d’ArjoWiggins Security pour 2018 était assuré, grâce aux commandes déjà enregistrées. Face à cette situation critique, les élus locaux contactent alors le ministre de l’Économie. Furieux, Bruno Le Maire écrit alors aux repreneurs. “Votre refus de contribuer au moindre financement à ce stade est irresponsable et compromet directement environ 250 emplois”, s’insurge le ministre dans une lettre datée du 12 octobre 2018.
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Malgré le financement à 80% des fameuses cautions par la BPI pour débloquer le paiement des contrats, les repreneurs choisissent de prendre la tangente. Début janvier 2019, les salariés apprennent avec stupeur la fermeture de l’usine. La liquidation judiciaire est prononcée le 16 janvier 2019. ” Les élus locaux, les salariés, tout le monde pensait qu’on était sur la bonne voie. Et on s’est aperçu que les repreneurs étaient des escrocs. On s’est fait piéger et on s’est fait piquer notre pognon”, s’indigne Didier Olanier, délégué CGT, auprès du Parisien. Depuis, les offres de reprises ont toutes été refusées. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre pour déterminer les responsabilités dans cette affaire.

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