Les entreprises de pompes funèbres au bord de la saturation dans l’Est

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Les entreprises de pompes funèbres sont submergées face au nombre de décès liés au coronavirus dans l’est de la France. Les services funéraires peinent à assurer la cadence face à un pic d’activité sans précédent. “On court du matin au soir, on travaille à un rythme effréné”, explique à BFMTV Christophe Lantz, président de la corporation des métiers du funéraire du Haut-Rhin. Son entreprise de pompes funèbres de Mulhouse dispose de 50 salariés. La société funéraire a pris en charge son premier défunt du coronavirus le 13 mars dernier. Comme le rapporte BFMTV, deux semaines plus tard, ils ont dû s’occuper de 178 décès liés à l’épidémie, contre 60 environ “en temps normal”. “Trop c’est trop”, lâche le gérant épuisé.
En effet, étant devenu un des principaux foyers de l’épidémie après un vaste rassemblement évangélique, le Haut-Rhin a le triste record de 411 décès liés au coronavirus au mois de mars, selon les données de l’Agence régionale de santé Grand Est. Pompes funèbres, mais aussi marbriers, fossoyeurs, employés de mairie délivrant les certificats de décès, employés des crématoriums, fabricants de cercueils… c’est toute la chaîne de prise en charge des défunts qui fait face à une activité sans précédent. Selon BFMTV, le nombre de morts accueillis a plus que triplé chez l’entreprise de pompes funèbres Kittler, à Lutterbach, et a été “multiplié par deux” aux pompes funèbres Schaub à Wittelsheim, au nord-ouest de Mulhouse.
>> À lire aussi – De nouvelles règles pour les obsèques en période de confinement
“Une crise comme ça, on n’en a jamais connu”, confie à BFMTV Véronique Kittler, conseillère funéraire depuis vingt ans. Elle explique comment les entreprises de pompes funèbres doivent désormais prendre en charge les personnes décédées du coronavirus. “À partir du moment où on a pris le corps en charge, on ferme le cercueil sur le lieu du décès et ce cercueil ne sera plus du tout ouvert”, explique-t-elle.
Des cérémonies d’inhumation a minima directement au cimetière
De nouvelles mesures sanitaires qui signifient la fin des toilettes mortuaires et des soins de conservation du corps, mais aussi de la présentation des défunts aux familles dans un funérarium. Il n’y a plus d’enterrement à proprement dit mais de petites cérémonies d’inhumation directement au cimetière. Difficile pour les familles qui ne peuvent pas faire véritablement leurs adieux à leurs proches. Pour rappel, afin d’éviter toute saturation face à la mortalité due au coronavirus et aider les pompes funèbres, des dérogations au droit funéraire ont été prises par le gouvernement. Elles permettent notamment aux familles qui le souhaitent de reporter les obsèques d’un défunt jusqu’à six mois.
Points d’eau fermés, absence de protection des personnels
Dans un courrier adressé à des élus et à l’Association des maires de France (AMF), Philippe Martineau, responsable du réseau de pompes funèbres “Le choix funéraire”, s’insurge contre les problèmes rencontrés par sa profession. “Nous vous lançons un cri d’alerte : laissez-nous travailler”, assure-t-il. Il évoque notamment la difficulté d’accès à certains cimetières, des points d’eau fermés, l’absence de protection des personnels et les lourdeurs administratives qui paralysent leur travail, alors que les corps de victimes du Covid-19 s’accumulent dans certains hôpitaux et Ehpad.

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