Les banques françaises ne taxeront pas les dépôts… mais augmentent discrètement leurs frais

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Jusqu’à présent, seules quelques banques privées répercutent le coût des taux négatifs sur leurs clients. La filiale française de Lombard Odier, par exemple, a commencé en octobre 2019. UBS France devrait s’y mettre à partir d’avril 2020 pour ses clients sans mandat de gestion. Mais en ce qui concerne les grandes banques de détail, la taxation des dépôts n’est pas à l’ordre du jour en France. En revanche, à l’étranger, certains établissements s’adressant aux particuliers ont déjà franchi le pas. Des caisses d’épargne allemandes facturent les dépôts de leurs clients. En Italie, UniCredit a commencé le 1er janvier à taxer les dépôts de ses clients au-delà de 100.000 euros.
Les banques européennes sont préoccupées par le coût des dépôts. Depuis 2014, elles paient la Banque centrale européenne (BCE) lorsqu’elles déposent leurs liquidités excédentaires, c’est-à-dire ce que vous laissez sur votre compte courant. Cette politique doit inciter les banques à ne pas laisser dormir ces fonds pour les prêter aux ménages et aux entreprises, afin de favoriser l’activité en zone euro. Néanmoins, les effets tardent à se faire ressentir et la BCE a dû remettre un peu de pression en septembre dernier : elle prélève désormais 0,5% sur les montants déposés. Du jamais vu.
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Sur l’éventualité que les taux négatifs soient répercutés sur les petits épargnants, le gouverneur de la banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré en septembre dernier qu’il espérait qu’aucun particulier ne subisse une taxation de ses dépôts. En octobre, le patron de la Société générale Frédéric Oudéa l’a également formellement écarté. Une telle mesure serait très compliquée à faire avaler aux épargnants.
Mais dans le même temps, les banques européennes sont frappées par une forte baisse de leur rentabilité. Cela s’explique, à nouveau, par les taux bas mais aussi par l’établissement de règles plus contraignantes depuis la crise financière. En effet, elles doivent disposer de davantage de fonds propres. Sans compter que le développement des banques en ligne et des néo-banques, souvent gratuites, séduisent de plus en plus de clients.
Devant la crainte de taxer les dépôts et confrontées à un environnement économique morose, les banques choisissent donc d’augmenter discrètement les tarifs de leurs opérations. Selon l’étude annuelle du comparateur Panorabanques, les augmentations moyennes pour 2020 sont les suivantes : virements réalisés en agences +3,8%, envoi du chéquier en recommandé +5%, opérations à l’étranger +0,7%, frais de tenue de compte +0,25%, coût de la carte bancaire +0,2%, dépassement du découvert +0,3%. C’est douloureux… mais sans doute moins symbolique qu’une taxation des dépôts.

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