Leadership : ils dirigent des équipes et racontent leur expérience

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“Pour embarquer les gens, il faut creuser le sens des mots qu’on utilise”
Pierre-Yves Mathon, vice-président de la filiale française de CGI, expert en numérique.En ce petit matin de décembre, près de la place des Vosges, à Paris, ils sont une trentaine, pour la plupart dirigeants d’entreprise, venus notamment s’initier à la communication d’influence. Parmi eux, Pierre- Yves Mathon, vice-président de la filiale française de CGI, expert en numérique. Thème de ce dernier jour de la formation au leadership organisée par Grenoble Ecole de management et l’Institut du leadership de Montréal : “Habiletés politiques et influence”. “Lorsque vous proposez un objectif clair, c’est de l’influence, parce que vous allez chercher à amener l’autre à vous suivre, explique Pierre Lainey, professeur à HEC Montréal, aux participants attentifs. Dans la manipulation, l’objectif est dissimulé ou exprimé de façon ambiguë. Le manipulateur agit dans son propre intérêt et il faut apprendre à décrypter ses intentions.” Les stagiaires ne sont pas là pour assimiler des techniques machiavéliques, mais pour apprendre à affirmer un positionnement personnel afin de faire valoir leur point de vue en entreprise.
L’assistance découvre ainsi qu’il existe cinq habiletés politiques : identifier les enjeux, développer des alliances, accroître son pouvoir, adopter un raisonnement stratégique et se situer sur l’échiquier des acteurs. Un cas réel, mettant en scène un patron-fondateur, une DRH, un directeur du service client, une DAF et trois chefs d’équipe autour de l’implantation d’un nouveau progiciel, sert de trame aux exercices proposés : quel est l’intérêt de X ou de Y dans l’affaire ? Quelles peuvent être leurs tactiques pour influer sur le projet ? Avec quelles conséquences sur Z ? Qu’auriez-vous fait à leur place ? Entre alliés, opposants et indifférents, le jeu est subtil. Il faut analyser les prises de position de chacun, qui évoluent au fil du temps. “J’ai notamment retenu que, pour embarquer les gens, il faut creuser le sens des mots qu’on utilise, explique Pierre-Yves Mathon, et éviter d’interpréter les comportements, car cela tue la relation.”
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Les stagiaires bûchent en équipe, affûtent leurs arguments, partagent à haute voix leurs conclusions et font des liens avec leur propre expérience. “Le sujet est l’influence durable, insiste l’animateur, qui donne des clés pour agir en stratège honnête, prêt à faire gagner le collectif. Les gens ont tous une aversion à la perte. Sachant cela, on peut faire gagner aussi ses opposants en leur montrant justement comment minimiser leurs pertes.” S’ensuit un “test de l’alliance”, visant à jauger les capacités de chacun à nouer un pacte solide. “Avant, j’agissais intuitivement, en me concentrant sur les affinités naturelles. Maintenant, je réalise que je dois tenter de cerner l’objectif de chacun, note Sophie Dominjon, vice-présidente exécutive Europe du Sud-Ouest et présidente France de Dekra, une société d’inspection technique et de certification. Dorénavant, je dresserai des cartographies d’acteurs plus précises.” “J’ai pu prendre du recul sur ma pratique, travailler sur moi”, conclut quant à lui Pierre-Yves Mathon.
Formation : Certificat en Executive Leadership, six jours de formation en deux sessions de trois jours, 5.600 euros HT.
“Désormais, chacun prend sa juste part dans les discussions”
Alexandre Bordarier, cogérant d’Occlutech, distribution d’implants chirurgicaux cardiaques”Chez Occlutech, à Lyon, nous sommes une petite équipe de cinq, appelée à s’étoffer, et nous souhaitons rendre l’organisation plus transversale. Ce qui nous oblige à mieux nous connaître et à nous écouter les uns les autres.” Commercial autodidacte en quête de bases théoriques, Alexandre a suivi un master en deux ans à l’EM Lyon, qu’il a complété par ce module pour améliorer sa pratique du management, acquise sur le terrain. Il s’est donc plongé dans des exercices d’introspection et a appris l’art de la reformulation et les techniques de “congruence verbale et comportementale” pour se caler sur le rythme et le langage de ses interlocuteurs (clients, patrons, collaborateurs). “Je suis devenu plus curieux des autres, de leur mode de perception, de leurs besoins non-dits. Dorénavant, je veille à faire participer toute l’équipe sur les projets. En réunion, chacun de nous cinq pèse pour 20% dans la discussion. Même s’il me revient parfois de trancher !”
Formation : “Développez votre pouvoir d’influence”, EM Lyon, trois jours, 1.900 euros HT
>> Test psycho – Êtes-vous leader ou suiveur ?
“Une communication qui porte ne s’effectue pas à la machine à café”
Didier Cadet, directeur de projet informatique chez Deloitte TajEmbarquer tous les collaborateurs, de l’associé au junior, dans un vaste projet de digitalisation, voilà le défi auquel est confronté Didier Cadet, pilote de cette transformation depuis deux ans au sein du cabinet d’avocats fiscalistes à La Défense. “J’interagis avec plus de 30 personnes aux spécialités multiples, avocats, fiscalistes, économistes et ingénieurs… Ils n’ont ni la même vision ni la même maîtrise de leur activité. Moi-même ingénieur, j’ai tendance à faire ressortir l’aspect rationnel des choses, mais je sentais que ce n’était pas suffisant pour donner envie aux équipes.” Au cours de sa formation au leadership d’influence, il a appris à adapter son discours au niveau d’appréhension et de savoir technique des uns et des autres pour y apporter les réponses qui conviennent. “Je suis désormais plus réceptif aux émotions que je perçois, tout en cherchant à détecter les ressorts de chacun et à évaluer ce qui peut sembler difficile à mettre en œuvre pour cette personne. J’ai maintenant à cœur de faire plus de place à la motivation individuelle. Et, j’ai pris conscience que pour avoir une véritable portée dans un fonctionnement transversal comme chez Deloitte Taj, la communication ne pouvait pas se faire à la machine à café !”
Formation : “Agir en leader pour devenir un leader inspirant”, CSP The Art of Training, trois jours, 1.890 euros HT.
Et pourquoi pas une master class réseaux sociaux ?
Elle se dit experte du “like” et aide des des animateurs, des youtubeurs et des anciens candidats d’émissions de téléréalité à gagner en influence sur la Toile. Magali Berdah, créatrice de l’agence Shauna Events et auteure de Comment devenir influenceur ? (M6 Editions), animait en décembre dernier sa première master class à Paris. “L’idée était de donner des outils en matière de marketing d’influence, raconte-t-elle. Des techniques également valables pour les salariés qui veulent se professionnaliser sur les réseaux sociaux. Selon moi, il y a cinq règles d’or pour engranger des followers : afficher une identité forte afin de se distinguer sur le Net et de fédérer un public d’internautes ; incarner ce qu’on fait dans la vie de tous les jours, au bureau, à l’atelier, à la maison ; produire du contenu régulièrement sur son domaine de prédilection, en racontant une histoire ; répondre aux commentaires, en livrant conseils, bons plans et surprises ; défendre une cause.”
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