Le jargon du bureau : “on fait du lean sur nos projets”

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

Le lean management est connu dans le monde entier pour sa gestion zéro : zéro stock, zéro temps perdu, zéro déchet. Cette méthode n’est pas nouvelle, mais elle est tendance. Partout des lean managers aux projets prometteurs vantent avec emphase les mérites de cette gestion optimale. Le lean séduit même les start-up, qui l’intègrent à leurs méthodes agiles, car il permettrait de mettre l’accent sur le client.
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, la famille Toyoda a jeté les bases de son Toyota Production System (TPS) dont le lean management est une interprétation. Le terme est anxiogène. De l’anglais “lean” (maigre), “faire du lean” signifie littéralement dégraisser. C’est une gestion à l’os, sans gaspillage, afin d’extraire la valeur maximale au moindre coût et au plus vite. A force de la pratiquer, les lean managers ont acquis la réputation d’être des cost-killers chargés de nettoyer les improductifs, si bien que lorsqu’une direction annonce une phase de lean, les salariés craignent pour leur peau.
Aujourd’hui, toutefois, les choses évoluent. Le lean se pare d’humanité. Face à la transformation digitale et à l’ubérisation de notre économie, il paraît presque bienveillant. On minimise son côté gestion, on valorise son côté écoute. Dans le système Toyota, les managers étaient incités à effectuer des tours d’usine impromptus : les “gemba walks”. Cette pratique ressurgit dans le lean d’aujourd’hui. Mais les gemba sont désormais présentés comme des moments de partage et non plus comme des audits.
>> A lire aussi – Qu’est-ce que le management consultatif ?
“Participer à des gemba walks est une façon de sortir de la routine et de se remettre dans une démarche d’amélioration continue”, explique dans L’Usine nouvelle un responsable de chez Decorec, une PME industrielle. Pour s’épargner des critiques sur les conditions de travail, le directeur d’un site d’Amazon, dans le Nord, évoque lui aussi ces visites de terrain: “On est très à l’écoute des salariés et de leurs idées. Chaque jour, un manager et deux associés vont à la rencontre des équipes.”
“Faire du lean, c’est réaliser des petits pas déterminés et efficaces dans la bonne direction”, twitte Norbert Dubost, consultant en lean management. Quelle direction? Celle de la responsabilisation des équipes, désormais associées à la détection et à la résolution des problèmes. Formulé ainsi, le terme est plus vendeur. Il est aussi plus pernicieux. Car souvent ces visites amènent les équipes à reconnaître, d’elles-mêmes, que le gras… c’est elles.
>> Notre service – Vous cherchez un emploi ou voulez en changer ? Retrouvez des milliers d’offres sur notre site
Alexandre des Isnards est auteur du Dictionnaire du nouveau français (Allary Editions).

Plus d'articles

Dossier Exclusif Covid-19

Comment protéger son épargne et ses investissements après la crise du Covid-19.

Dossier exclusif avec:

Comparez le rendement d'un livret A, et un investissement alternatif.

Une fiche de calcul simple pour évaluer le potentiel de rendement d’un investissement alternatif