L’Allemagne s’oppose aux coronabonds, souhaités par la France et l’Italie contre la crise

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“Nein !” Même si la trajectoire baissière de l’économie européenne est vertigineuse, Angela Merkel a fait part lors d’un sommet européen de son opposition à l’idée d’émettre des coronabonds, souhaités en particulier par Paris et Rome pour faire face à cette crise historique. “Nous avons dit du côté allemand, mais aussi de la part d’autres participants, que ce n’était pas la conception de tous les Etats membres” d’émettre ces emprunts européens communs pour soutenir l’économie, a souligné la chancelière allemande à l’issue d’un sommet par vidéoconférence.
Angela Merkel, qui a toujours refusé le principe d’une mutualisation des dettes en Europe, a réaffirmé sa “préférence pour le MES”, le Mécanisme européen de stabilité qui est le fonds de secours en cas de crise de la zone euro. “Nous avons, je crois, avec le MES un instrument de crise qui ouvre de nombreuses possibilités et qui ne remet pas en question les principes de base d’une action commune et de responsabilité de chacun”, a-t-elle ajouté lors d’une audioconférence de presse depuis Berlin. En clair : à un grand emprunt européen mutualisé, la chancelière préfère le MES qui peut poser des conditions strictes en échange de ses prêts à des pays en crise, comme par exemple des réformes difficiles à faire ou des économies à réaliser. Ce que ne souhaite pas Rome.
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Dans une lettre adressée mercredi au président du Conseil européen Charles Michel, les dirigeants de neuf pays européens, dont Emmanuel Macron et l’Italien Giuseppe Conte, avaient appelé à la création de “corona bonds” afin de disposer de fonds importants face à la crise sanitaire du coronavirus qui secoue l’UE.
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La mutualisation des dettes des pays européens est fréquemment réclamée par les pays particulièrement endettés du sud de l’Europe, comme l’Italie, mais elle est rejetée par les pays du nord. Ces derniers, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, plus vertueux en matière budgétaire, ont toujours observé avec méfiance les Etats du sud, qu’ils jugent plus laxistes, surtout depuis la crise de la dette de la zone euro.
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Cette opposition à l’idée de mutualiser des dettes avait culminé en 2015 lors des houleuses négociations pour un troisième plan de sauvetage de la Grèce alors en plein marasme économique.
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