La revue Prescrire alerte sur la dangerosité potentielle de la chloroquine

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Les experts de la revue médicale Prescrire critiquent le protocole du professeur Didier Raoult. Dans son numéro d’avril, le magazine des professionnels de santé a analysé les données cliniques existantes concernant l’administration de l’antipaludique hydroxychloroquine pour les patients positifs au coronavirus. Ses conclusions sont lapidaires : contrairement aux affirmations de l’infectiologue marseillais, “il n’existe pas de signal d’une efficacité” de ce médicament.
La revue médicale appuie notamment ses observations sur les résultats d’une étude menée à Shanghaï, qui a comparé l’hydroxychloroquine à des soins standards chez 150 patients hospitalisés en raison d’un Covid-19. Alors même que l’antipaludique a été utilisé à une posologie particulièrement élevée sur une durée allant de deux à trois semaines, “il n’a pas été relevé d’effet antiviral de l’hydroxychloroquine”, note Prescrire. En revanche, le magazine relève que “des événements indésirables ont été notés par environ 30% des patients du groupe hydroxychloroquine contre 9% des patients du groupe témoin, soit une différence statistiquement significative”.
Des risques de troubles du rythme cardiaque
Pour Pierre Chirac, vice-président de la revue Prescrire, “les données existantes démontrent que l’utilisation de ce médicament présente clairement des risques de troubles du rythme cardiaque, particulièrement avec les posologies assez importantes qui sont généralement administrées dans le traitement du Covid”.
Les experts de Prescrire affichent encore plus d’inquiétude inquiétude quant à l’association de l’hydroxychloroquine avec l’azithromycine (un antibiotique), recommandée par le protocole du professeur Didier Raoult : “De plus en plus de données cliniques confirment [que ce traitement] expose à des effets indésirables cardiaques graves”, déplore la revue spécialisée. Qui cite l’exemple de New-York, où une équipe médicale “a étudié les données électrocardiographiques d’une série de 84 patients hospitalisés pour un Covid-19 et traités par l’association hydroxychloroquine et azithromycine. Sous traitement, un allongement de l’intervalle QT (la durée électrique de la contraction cardiaque, ndlr) de l’électrocardiogramme dépassant 500 millisecondes a été constaté chez 11 % des patients, un seuil à partir duquel le risque d’arythmie cardiaque et de torsades de pointes est particulièrement élevé”.
Les autorités sanitaires de plus en plus méfiantes
En France, deux enquêtes régionales de pharmacovigilance diligentées par l’Agence française du médicament (ANSM) ont abouti au recensement de plusieurs dizaines de cas d’effets indésirables cardiaques, observés chez des patients atteints de Covid-19 et traités à l’hydroxychloroquine, seule, ou en association avec une autre molécule, notamment l’azithromycine. Parmi ces patients, l’ANSM a également relevé la survenance de sept cas de morts subites, dont trois réanimées avec succès et quatre décès.
Dans un communiqué paru jeudi 23 avril, l’Agence européenne des Médicaments (EMA) a également déconseillé l’usage de la chloroquine — ou de son dérivé, l’hydroxychloroquine — en traitement du coronavirus. Outre le constat que son efficacité n’a “pas encore été démontrée”, l’EMA a mis en garde quant aux effets secondaires que sa prescription pourrait entraîner. “De récentes études ont fait état de problèmes graves, et dans certains cas fatals, de rythme cardiaque avec la chloroquine et l’hydroxychloroquine, notamment prises à forte dose ou en combinaison avec l’antiobiotique azithromycine”, indique le communiqué.
>> A lire aussi – Didier Raoult s’insurge contre l’étude américaine qui remet en cause la chloroquine

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