La Fed peut-elle soutenir encore plus l’économie ?

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Fin février, les pessimistes affirmaient que les ressources de la Réserve Fédérale (Fed, banque centrale des Etats-Unis) étaient proches de l’épuisement. Les taux sont bas et le bilan est lourd, que pourra faire son président Jerome Powell face au futur ralentissement ? Pas grand-chose, grinchaient-ils, espérant enfin nourrir leur pessimisme après dix ans de disette. Les optimistes de leur côté optaient pour un silence prudent. Pendant ce temps, Donald Trump fulminait.
Pourtant, quelques semaines plus tard, tous sont tombés d’accord. La FED a mis en place une relance monétaire historique, du jamais vu. A minuit moins une, la citrouille s’est transformée en camion-citerne. Mais au fait, les décisions de Jerome Powell sont-elles si impressionnantes ? Comment se comparent-elles aux précédents assouplissements monétaires ? A celui de 2008 notamment ? Et en a-t-il encore sous le pied ?
>> A lire : Taux, achats d’obligations… “la Banque centrale des Etats-Unis offre un soutien record”
Depuis 2019, Powell a orchestré 2,25% de baisses de taux. Ce n’est pas grand-chose devant la brutalité du ralentissement. Mais le poids lourd, c’est l’assouplissement quantitatif. Pour avoir un ordre d’idée, on peut estimer que mille milliards de liquidités injectées équivalent environ à 1% de baisse de taux. La réaction de l’économie américaine et des marchés aux actions de la banque centrale au cours des dernières années le confirme. Ce qui fait que les injections effectives sont aujourd’hui équivalentes à 3% de baisse de taux. Donc, au total, nous sommes à 5%.
>> A lire : Tour de force de la Réserve Fédérale… et danger pour les investisseurs ?
Pas mal, mais c’est tout juste dans la moyenne des assouplissements de la Fed depuis les années 70. Et ce ralentissement-là mérite plus, non ? Oui ! Si on met bout à bout toutes les annonces – la Réserve fédérale ne les a pas encore toutes mises en place –, nos estimations montent à 9%, chiffre très supérieur à la plupart des assouplissements de l‘histoire moderne. Celui de 2008, déjà bien costaud, était de l’ordre de 8%.
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La Fed a-t-elle abattu toutes ses cartes ? Pas encore. Il reste au moins le contrôle de la courbe. La Fed peut par exemple exprimer le souhait d’acheter toute obligation d’état qui offre un rendement au-dessus de 0,50%. Il y a fort à parier que l’on trouvera alors peu de vendeurs à 0,49%, et les taux resteront donc bas. Le gouvernement américain pourrait ainsi se financer à bon compte sans peser sur le bilan de sa banque centrale. C’est ce qui s’était passé dans les années 40, pour financer l’effort de guerre.
Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement, et Steve Donzé, stratégiste macro, chez Pictet Asset Management

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