La Caisse d’Epargne mise sur des banquiers indépendants pour ne pas fermer d’agences en milieu rural

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

La Caisse d’Epargne s’apprête à briser un tabou en recourant à des travailleurs indépendants. Une première en France. Dans un document que se sont procurés plusieurs médias, la banque membre du groupe BPCE, explique vouloir tester le modèle de conseiller indépendant local, baptisé CIL, après avoir obtenu l’aval du régulateur.

Le projet d’expérimentation est né au sein de la Caisse d’Epargne Bretagne – Pays de Loire (CEBPL), qui espère voir les tests “débuter au plus tard au mois de septembre prochain dans trois agences, dont la localisation n’a pas encore été déterminée”, indique, à La Tribune, Christophe Pinault, président du directoire de la Caisse d’Epargne Bretagne – Pays de Loire.

“Nous disposons d’un réseau d’un peu plus de 400 agences sur ces deux régions, dont la moitié fonctionnent avec moins de trois collaborateurs. Proposer et conserver un certain niveau de services aux clients en milieu rural devient compliqué. Le recours à ce statut est un moyen d’éviter de fermer des agences. Nous n’avons pas prévu de fermeture dans les mois à venir, mais c’est une question qui pourrait être amenée à se poser demain”, explique-t-il.

Concrètement, à la tête d’une société anonyme par actions simplifiée (SAS), le conseiller indépendant local aura pour mission de gérer un portefeuille de clientèle existant et de le développer. L’idée, explique la Caisse d’Epargne, est “d’animer un fonds de commerce, qui reste néanmoins la propriété de la banque”.

Expérimenter un modèle de distribution moins coûteux

L’établissement ne cache pas son ambition de vouloir générer des économies.

“Ce statut nous permet d’expérimenter un modèle de distribution variabilisé. Dans un modèle classique, les coûts sont fixes. Dans celui que nous envisageons, les charges sont variables. Nous ne sommes plus preneurs du bail, ni employeurs”, explique Christophe Pinault.

La CEBPL explique vouloir proposer ces nouveaux postes à des collaborateurs en interne qui expriment “un besoin de sédentarité et qui connaissent parfaitement le territoire”. Un moyen pour l’établissement de faire face à un turn over élevé. “Nous avons de jeunes collaborateurs très mobiles, qui souhaitent changer de poste au bout de 18 mois. Il y a donc un turn over qui n’est pas de nature à développer une relation qualitative avec les clients”, reconnaît Christophe Pinault, qui précise avoir déjà reçu de nombreuses candidatures en interne.

“Ubérisation” et dérives craintes par les syndicats

Les syndicats, eux, redoutent des dérives et craignent une “ubérisation” du secteur bancaire. Interrogé par l’AFP, Frédéric Guyonnet, président du Syndicat national de la banque et du crédit (SNB), premier syndicat du secteur, a dénoncé un “tsunami“. Il craint notamment de voir arriver des “vendeurs“, plus que des conseillers, incités à placer le maximum de produits financiers auprès de leurs clients. “C’est la première fois en France et en Europe, seule la Belgique a ce genre de modèle“, a-t-il affirmé.

La rémunération de ces banquiers entrepreneurs reposera bien sur les commissions issues des ventes, “mais ne sera pas uniquement basée sur les volumes”, promet le dirigeant, qui s’engage à donner un maximum d’informations pour rassurer les salariés. “Il s’agit d’une expérience. Le modèle est évolutif et réversible. S’il faut abandonner, nous réembaucherons ces banquiers indépendants”, ajoute-t-il.

Plus d'articles

Dossier Exclusif Covid-19

Comment protéger son épargne et ses investissements après la crise du Covid-19.

Dossier exclusif avec:

Comparez le rendement d'un livret A, et un investissement alternatif.

Une fiche de calcul simple pour évaluer le potentiel de rendement d’un investissement alternatif