La Bourse est-elle enfin entrée dans un long marché haussier en Europe ? – Capital.fr

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Les Bourses du Vieux continent ont fait sensation depuis Noël 2018, qui a marqué un point bas majeur sur l’ensemble des marchés d’actions occidentaux, à la faveur d’un virage à 180 degrés sur le front de la politique monétaire des Etats-Unis et d’espoirs sur le front commercial entre la Chine et les Etats-Unis. Le CAC40 s’est envolé de 24% sur un an, l’EuroStoxx50 (baromètre des Bourses de la zone euro) de 21%, le DAX30 de 22%… L’indice StoxxEurope600 (code mnémonique SXXP – code ISIN EU0009658202) a même inscrit un record historique, à 425 points, débordant ainsi les pics majeurs inscrits depuis 2000, qui passent entre 400 et 415 points. Un signal positif haussier de long terme majeur, du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique des marchés).

Le recul des incertitudes sur le Brexit, la stabilisation de certains indicateurs économiques, le maintien d’une politique monétaire accommodante de la BCE et (toujours) les espoirs de trêve sur le front du conflit commercial sino-américain ont favorisé le franchissement de ce cap déterminant. Et ce, en dépit de craintes persistantes sur la dette des entreprises, l’aléa de l’atterrissage de l’économie de l’Empire du Milieu et des tensions géopolitiques toujours bien présentes, en particulier au Moyen-Orient…

Evolution du Stoxx600 depuis 2000 (cliquez sur l’image pour agrandir)

Retour des flux d’investissements sur les actions européennes

Ces 20 dernières années, “à chaque fois que le StoxxEurope600 avait tenté de déborder le cap des 400 points, il y avait eu un souci, le plus souvent sur le secteur bancaire – ce qui n’a pas été le cas cette fois-ci”, relève Catherine Garrigues, directrice de la gestion Actions Europe, Stratégie Conviction chez le géant allemand de la gestion d’actifs Allianz Global Investors. “Il y a eu un accord commercial de phase I entre Pékin et Washington. Le Brexit suscite moins d’inquiétudes. A Wall Street, le Nasdaq, riche en valeurs technologiques et de croissance, ne cesse de grimper, tirant dans son sillage les autres indices de la planète. Et on a enfin un retour des flux d’investissements sur les marchés d’actions”, souligne l’experte.

Un signal haussier clair… mais sur des volumes de transactions peu étoffés

Reste que le StoxxEurope600 a grimpé ces derniers mois, “surtout grâce aux valeurs de croissance – nos géants du luxe, des services aux collectivités, de la santé, des technologies … – et non du fait des constructeurs automobiles ou autres valeurs dites value (les actions des secteurs décotés)”, précise Catherine Garrigues, qui souligne ainsi que “relativement peu de secteurs participent à la hausse du marché d’actions européen”. Et le franchissement de la résistance des 400-415 points s’est fait “sur des volumes de transactions assez réduits, ce qui atténue quelque peu la portée du signal ainsi généré”.

A quoi peut-on s’attendre désormais ?

“Fondamentalement, rien n’a vraiment changé par rapport à 2019 (c’est-à-dire avant le franchissement de la résistance des 400-415, NDLR)”, juge Catherine Garrigues, qui estime que le flux de nouvelles n’est “pas vraiment positif, avec des données macroéconomiques encore loin d’être flamboyantes”. Mais le marché d’actions européen grimpe : “c’est interpellant…”, relève-t-elle. “Maintenant que le cap des 400 points est cassé et qu’il n’y a plus de résistance (technique, NDLR), on peut s’attendre à une poursuite de la hausse graduelle des actions européennes, sur les prochains trimestres”, juge la gérante. D’autant qu’il n’y a pas d’alternative aux actions, du fait de la faiblesse des taux d’intérêt. “Les gens ont du cash et ne savent pas quoi en faire. Ils se résolvent à acheter des actions”, indique-t-elle.

Que dit l’analyse technique ?

“A long terme, les cours de l’indice STOXX600 sont engagés dans une tendance haussière débutée en 2009. Les cinq dernières années ont été marquées par la construction d’une figure de continuation massive en forme de triangle symetrique. La récente et vive extraction des cours de cette phase de consolidation et le dépassement simultané du précédent sommet de 2015 à 413 points valide la reprise de la tendance positive vers de nouveaux sommets historiques”, juge Laurent Albie, gérant de Next Momentum. Du point de vue des indicateurs techniques, les moyennes mobiles à 17 et 40 semaines, qui “ont guidé de manière très satisfaisante les tendances précédentes, sont haussières et en pleine accélération”, souligne l’expert.

Nous retrouvons cette disposition positive du momentum (dynamique, NDLR) par le biais de l’indicateur de puissance RSI qui navigue en zone de surachat. “Les acheteurs sont actuellement dominants et l’objectif à horizon fin 2022 se situe 18% au-dessus des cours actuels, soit autour des 500 points. Ce niveau s’obtient à la fois par la projection de la hauteur du triangle symetrique et par la projection haussière de ratios de Fibonacci”, indique Laurent Albie. Les niveaux d’invalidation de cette lecture haussière de long terme se situent sous 330 points, et sous 367,37 points sur une temporalité plus proche, selon lui.

Evolution du Stoxx600 et analyse technique (cliquez sur l’image pour agrandir)

Comment accompagner au mieux la hausse attendue des actions européennes à moyen terme ?

Catherine Garrigues recommande de se placer sur les actions des géants du luxe, “d’autant que le coronavirus chinois donne l’occasion d’en acheter avec un rabais” et que “leur belle histoire à long terme (l’enrichissement des classes moyennes dans les pays émergents constitue un soutien structurel, NDLR) reste de mise”. Parmi les autres thématiques jugées porteuses, il y a la digitalisation des entreprises, les valeurs technologiques, les acteurs de l’industrie 4.0 et ceux de la transition énergétique (les géants européens des services aux collectivités les plus présents dans le solaire, l’éolien et les autres énergies vertes, ainsi que les valeurs du secteur de l’efficacité énergétique).

Des risques subsistent

Les marchés d’actions européens restent pour autant exposés à de nombreux dangers. Il y a, bien sûr, le scénario d’une correction à Wall Street. Il y a aussi le risque d’une “remontée de l’inflation, dans le contexte actuel de fin de la mondialisation et de retour du protectionnisme. Un phénomène qui pèserait sur le pouvoir d’achat des ménages et risquerait de favoriser une remontée des taux d’intérêt”, relève Catherine Garrigues, qui cite aussi l’aléa du ralentissement de l’économie, notamment en Chine.

L’Empire du milieu souffre en effet du fort endettement de ses entreprises, “mais aussi de ses ménages. Le marché immobilier, qui représente près de 15% du PIB, a tiré la croissance du pays jusqu’ici, mais il donne actuellement des signaux négatifs. Sans parler de l’automobile, qui a calé, et de l’industrie, qui est à la peine”, souligne l’experte.

Elle met aussi en garde contre un nouveau durcissement de la réglementation sur le climat, alors le changement des normes dans l’automobile a déjà eu un impact considérable sur le secteur. Quant à la politique ultra-accommodante de la BCE, ses effets pervers suscitent de plus en plus de levées de boucliers…

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