Immobilier, travaux, commerce : un escroc sévit sur Narbonne depuis des mois – midilibre.fr

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On dit de lui que c’est un beau parleur, qu’il en jette, qu’il a des airs de l’acteur Pierre Brasseur, le père de Claude… “Lui”, a près de 60 ans et plusieurs Narbonnais dénoncent ses agissements, notamment des escroqueries et des abus de confiance. Nous ne dévoilerons pas son identité, mais cet homme présente un lourd passé judiciaire et a déjà été incarcéré dans la Sarthe.

Suite à des dépôts de plainte, les fonctionnaires du commissariat de Narbonne ont ouvert une enquête à son sujet. Des investigations sont en cours. Il userait de faux documents pour acheter – sans payer – du matériel et soutirer de l’argent à ses proies. Des victimes l’accusent également de proposer à la vente des biens immobiliers qui ne lui appartiennent pas.

Tout a commencé en janvier dernier quand ce presque sexagénaire a installé sa société par actions simplifiée (capital social 75 euros), spécialisée officiellement dans le commerce de gros, l’import-export, à Narbonne. 

Mauvais payeur

C’est la famille Ponsol qui lui loue un local dès mars 2019. Pour Michel Ponsol, qui s’occupe des affaires de son père, diminué, les ennuis commencent alors. Rapidement, le bailleur constate que son locataire est mauvais payeur…

À ce jour, l’entrepreneur lui doit encore sept mois de loyers, soit la somme de 4 200 euros. Fin novembre, la justice a condamné l’entrepreneur, prononçant son expulsion…

Le notaire n’y voit que du feu

Deuxième victime de l’escroc, une dame âgée demeurant à Narbonne, qui souhaite rester anonyme. Nous l’appellerons Madame X. Madame X a porté plainte contre lui à la fin de l’été 2019.

Quelques mois auparavant, il avait rencontré sa victime par l’intermédiaire d’une agence immobilière narbonnaise à qui l’escroc avait fait miroiter un juteux projet immobilier. Il avait proposé à la retraitée narbonnaise d’acheter sa maison avant de lui promettre de lui en construire une nouvelle…

Le beau parleur, son épouse, leur petite fille, bref toute la famille s’était rapprochée de cette dame, allant jusqu’à passer des journées entières à ses côtés, au bord de sa piscine…

Mais c’était avant que la retraitée ne découvre le pot aux roses. Car un jour, le fameux baratineur lui annonce qu’elle doit lui faire une avance – 6 140 euros – pour viabiliser le terrain. Et comme il ne manque pas de culot, il ira jusqu’à passer devant un notaire avec sa victime. Notaire qui n’y verra que du feu…

Depuis que l’homme a encaissé ces 6 140 euros, ni la retraitée, ni le notaire n’ont de nouvelles… La victime témoigne : “Il s’est fait passer auprès de moi pour un maître d’œuvre, un constructeur de maison. C’est un menteur. Le problème, c’est qu’il m’a mis très en confiance, il m’a présenté sa femme. Ce bonhomme, c’est une calamité, une catastrophe… Un scandale, une honte ! Il a un culot monstre, il avait même déposé le permis de construire de ma maison en mairie…”

Il propose à la vente une maison qui ne lui appartient pas

A qui veut l’entendre, celui qui circule au volant d’une Mercedès à 60 000 euros raconte qu’il est à la tête d’une fortune de plusieurs millions d’euros, qu’il possède ou est sur le point d’acheter une scierie dans l’Ariège, une menuiserie à Castelnaudary…

Le Narbonnais Jean-Marc Alric est une autre de ses victimes. L’escroc a proposé à la vente la maison de la belle-mère de Jean-Marc Alric pour la somme de 120 000 euros, sans aucun mandat. Il la faisait visiter de l’extérieur, prétextant qu’il oubliait communément les clefs… En outre, il doit à Jean-Marc Alric pour 580 euros de livres et de mobiliers et pour 150 euros de CD audio…  La victime a porté plainte le 21 novembre dernier.

Il m’a acheté trois ordinateurs pour un montant de 8 640 euros.  Il n’a jamais payé

La liste s’allonge avec le témoignage de Philippe Borsnak, le patron de Versus à Narbonne (équipement informatique et multimédia) : “Il m’a acheté trois ordinateurs hyperpuissants avec les logiciels pour un montant de 8 640 euros. Il n’a jamais payé. À mon installateur, il a remis une enveloppe fermée avec soi-disant de l’argent, en fait il s’agissait d’une lettre de change sans aucune valeur… J’ai seulement récupéré 2 000 euros grâce à un huissier…

“Il faut dire qu’à cause de cet impayé, j’ai fait un crédit pour payer mes salariés…Ce qui me met vraiment en colère, c’est que grâce à mes ordinateurs, il ait pu continuer à escroquer des gens. Il est vraiment très fort, très bon, il a du bagou, de la méthode…”

Les artisans qui ont aménagé les locaux de sa société, il ne les a pas réglés. Ou qu’en partie… Au plaquiste, il doit encore 3 850 euros…

Une société créée au nom d’une femme

Combien d’autres victimes encore ? L’inventaire pourrait être encore bien plus long. Ces 25 dernières années, l’homme a créé plusieurs sociétés dans l’Eure, dans le Loiret, en Seine-et-Marne, dans le Maine-et-Loire, etc., dont deux ont été radiées et trois placées en liquidation judiciaire.

Une curiosité : en 2015, une SARL a été créée au nom d’une femme, qui serait en fait son épouse, et qui porte le même nom et surtout le même prénom que le suspect (un prénom qui fonctionne aussi bien au masculin, qu’au féminin). Une astuce qui faciliterait les agissements délictueux de cet homme…

Un ex-employé, jamais payé, raconte

Diego Manosa fut le premier salarié recruté, en CDI, par l’escroc. C’est un architecte qui a répondu à une annonce sur “Indeed” qui fut embauché le 18 mars 2019. “Il m’a proposé 35 000 euros à l’année, une voiture de fonction et des tickets-restaurants. Je n’ai jamais eu de salaire, ni de voiture et encore moins de tickets-restaurants.

“Je suis Uruguayen, et je pense qu’il a fait exprès de prendre un étranger, un jeune, quelqu’un qui n’est pas d’ici. Il se sert d’autres gens pour mieux se présenter, se vendre…”

Dès la fin mars, les premiers problèmes surviennent. “Il ne me payait pas. Il me disait t’inquiète pas, c’est le comptable qui s’est trompé. Mi-avril, j’ai compris qu’il ne payait pas le propriétaire. Fin avril, toujours pas de salaire, il me disait, j’ai de l’argent, mais il est placé, je ne peux pas m’en servir… Enfin, le 2 mai, il a mis fin à ma période d’essai. C’est un beau parleur…”

Diego Manosa a attaqué son patron devant les Prud’hommes et gagné l’affaire. Seulement, il n’a pu récupérer son dû, l’huissier ayant trouvé des comptes vides…

(SOURCE : L’INDÉPENDANT)

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