Immobilier : pourquoi ce n’est plus aussi facile d’emprunter – Le Parisien

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Selon le courtier Vousfinancer, « les dossiers refusés sont passés de 5,4 % à 6,6 % sur la période de janvier à mai 2020 comparé à la même période l’an dernier ». Chez Artémis courtage, le taux de refus a plus que doublé au premier trimestre, passant « de plus de 1 % à près de 3 % ».

De quoi inquiéter les professionnels qui rappellent que huit transactions immobilières sur dix sont réalisées à crédit. A tel point que l’Association professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic) a adressé, courant avril, un courrier au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, pouer l’alerter sur ce sujet et pointer du doigt le trouble-fête, celui qui met des bâtons dans les roues de la reprise : le taux d’usure, devenu « une machine à bloquer le crédit ».

Défini par Bercy, ce taux a vocation à protéger le consommateur en imposant aux établissements de crédit un taux d’intérêt maximum à ne pas dépasser. Il est calculé chaque trimestre par la Banque de France en tenant compte de la moyenne des taux d’intérêt pratiqués sur les trois derniers mois par les principales banques françaises, majorée de 33 %. Il inclut d’office tous les frais annexes de dossier, de courtage et l’assurance emprunteur.

Or, ce taux d’usure n’a jamais été aussi bas. Fixé au 1er avril à 2,40 % pour un prêt à taux fixe de 10 à 20 ans et à 2,51 % pour les prêts de vingt ans et plus, il pose un « problème crucial », selon l’Apic qui demande une action immédiate du ministre de l’Economie. « Avant même la crise du Covid-19, un nombre grandissant de dossiers déposés par les candidats à l’emprunt étaient amenés d’office à dépasser le taux d’usure par le fait des frais de dossier relevés et par le coût de l’assurance emprunteur », écrit-elle, craignant désormais que « cette exclusion s’intensifie ».

L’Apic appelle donc le ministre à suspendre exceptionnellement le taux d’usure ou à revoir son mode de calcul afin de le relever légèrement. Sollicité, Bercy n’envisage pas une telle hausse dans un contexte économique tendu avec un risque accru de chômage et de surendettement des ménages. La Banque de France va même plus loin. « Le taux d’usure n’est pas un facteur de contrainte », souligne-t-elle, rejetant au passage toute hausse des taux d’intérêt des banques depuis six mois.

Un exemple ? « Certains emprunteurs avec moins de 40 000 euros de revenus obtiennent plutôt des taux proches de 2 %. En ajoutant l’assurance de prêt, les frais de garantie et de dossiers, le TAEG — taux annuel effectif global — dépasse alors le taux d’usure (NDLR : 2,51 %) et le dossier est alors refusé » explique-t-elle.

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Autres freins aux crédits, « les recommandations mi-décembre du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) encadrant l’octroi des prêts (NDLR : jusqu’à 33 % des revenus nets de l’emprunteur et 25 ans maximum) ont un impact non négligeable », note Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis courtage.

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