Immobilier : le Perche, la nouvelle tendance

Share on facebook
Facebook
Share on google
Google+
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

Et si le confinement avait totalement chamboulé les concepts ? C’est en tout cas ce que constatent plusieurs agences immobilières du Perche en ce moment.

Débordées par les visites, certaines n’ont même pas eu le temps de nous répondre.

Le directeur des agences Orpi d’Alençon, de Nogent-le-Rotrou et de Mortagne-au-Perche, Sébastien Delaubert s’est posé quelques minutes pour nous décrire ce phénomène encore jamais vu dans l’immobilier.

« Depuis des années, on assiste à l’exode rural, des campagnes qui se vident. Or, avec déconfinement, il semblerait que ce soit l’effet inverse », commente-t-il.

Si ses agences ont fonctionné au ralenti pendant deux mois et demi, les affaires reprennent sur les chapeaux de roue. « Le confinement a fait prendre conscience que dans les grandes villes comme Paris, ce n’est pas toujours le rêve, la vie idéale. Et si ce genre de crise venait à se répéter, beaucoup se rendent compte qu’il vaut mieux se trouver à la campagne. »

De plus, la quasi-totalité des sociétés ont dû s’adapter et proposer à leurs salariés le télétravail. Et là surprise selon l’agent immobilier :

« Cela a très bien fonctionné dans tout un tas de secteurs. De quoi s’interroger sur la nécessité de rester dans une grande agglomération quand on peut travailler depuis chez soi ailleurs. »

« Le marché a bien redémarré, nous sommes débordés partout », c’est ainsi qu’Eric Morel de l’agence Orpi de Mamers décrit la situation sur les secteurs de Mamers et du Mans dont il s’occupe avec son équipe.

Désormais, en plus de rattraper les visites non réalisées pendant le confinement, l’heure est à la prospection pour son équipe afin de trouver des biens recherchés « avec jardin de préférence. »

Installation définitive

Depuis plusieurs semaines, Sébastien Delaubert voit arriver deux types de profils de clients.

« Le premier profil, celui que l’on avait déjà par le passé, c’est la personne assez aisée, qui cherche une résidence secondaire. Mais avec la fermeture des frontières notamment, il ne cherche plus seulement un lieu pour passer le week-end ou des vacances, mais aussi pour y vivre la moitié de la semaine, et retourner à Paris quelques jours quand le travail l’oblige vraiment. »

Pour cette clientèle, le bien le plus prisé est évidemment la longère en pierre typique du Perche, « mais ce genre de bien se fait de plus en plus rare », tempère-t-il. Certains potentiels acheteurs venus de région parisienne ont même pris tous les risques pour venir visiter des biens malgré la barrière des 100 km.

« L’achat d’une maison secondaire est souvent motivé par un facteur émotionnel », décrit le directeur.

Le second profil de client pourrait intéresser les municipalités, largement touchées par la baisse démographique ces dernières années.

« Ce sont souvent des familles avec des enfants, qui veulent carrément déménager de l’Île-de-France et s’installer dans le Perche pour gagner en qualité de vie. Ils sont moins exigeants dans le choix du bien et peuvent tout à fait apprécier un pavillon. »

Problème principal pour ces familles qui veulent changer de vie :

« la nécessité de trouver du travail dans le secteur. Alençon aurait par exemple sa carte à jouer car c’est une ville plus dynamique. »

Mais là encore, les atouts du télétravail pourraient inciter certains à s’installer en conservant un emploi loin du Perche.

« Il y a dix jours j’ai fait visiter une maison à des Franciliens. Le père de famille me disait : « Je ne veux plus vivre à Paris, je suis prêt à faire la route plusieurs fois dans la semaine s’il le faut. »

Vers une hausse des prix ?

Cette hausse de la demande va-t-elle faire flamber les prix ?

« Je ne pense pas, rassure Sébastien Delaubert. La clientèle est très informée sur les prix et le marché est sain. Nous sommes loin de 2008 où les prix étaient artificiellement trop hauts. Ce phénomène post-confinement n’est pas la ruée vers l’or, loin de là. Néanmoins il est à signaler, et il faudra voir s’il persiste dans le temps. »

Eric Morel, lui aussi, ne s’attend pas à une baisse « par contre on a des offres de prix, et des prises de décisions plus rapides ».

Plus d'articles

Dossier Exclusif Covid-19

Comment protéger son épargne et ses investissements après la crise du Covid-19.

Dossier exclusif avec:

Comparez le rendement d'un livret A, et un investissement alternatif.

Une fiche de calcul simple pour évaluer le potentiel de rendement d’un investissement alternatif