Facebook vs Snapchat : l’offre à trois milliards

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En 2013, l’importance de Snapchat grandit chaque jour sur les réseaux : Spiegel et Murphy sont à la tête de l’appli via laquelle 350 millions d’images s’échangent chaque jour. Et ils viennent de lancer une nouvelle fonctionnalité que les utilisateurs adorent : Snapchat Stories qui classe les images à la façon d’un récit chronologique. Sauf que… l’entreprise ne gagne toujours pas d’argent ! Dans ce troisième épisode de la saison 3 de Guerres de Business, le rédacteur en chef de Management Lomig Guillo raconte la tentative de Mark Zuckerberg de racheter alors son concurrent le plus sérieux.
Le patron de Facebook, toujours vêtu de son sweat à capuche, se rend dans les locaux de Snapchat situés près de Venice Beach, la célèbre plage de Los Angeles. Après avoir échangé quelques banalités avec les deux dirigeants de la start-up au fantôme, le chef de Facebook va droit au but. Il veut racheter l’application pour trois milliards de dollars. C’est trois fois plus que la valorisation actuelle de la société. Spiegel fait rapidement le calcul. Lui et Murphy possèdent environ 25 pour cent chacun de l’entreprise. Avec cette offre, ils empocheraient chacun 750 millions de dollars.
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Après un temps de réflexion, les deux dirigeants de Snapchat refusent la proposition de Zuckerberg. “Je ne veux pas être acheté par Facebook. Je veux dépasser Facebook”, affirme Spiegel. L’homme voit son entreprise comme un moyen de communiquer avec ses vrais amis proches, pas de se vanter auprès de personnes que vous n’avez jamais croisées. Surtout, il pense que Snapchat peut encore grandir. Et devenir si gros qu’au moment où il sera prêt à vendre, l’offre de trois milliards de dollars de Zuckerberg semblera même ridicule.
Avec cette offre, le patron de Facebook espérait définitivement enterrer la hache de guerre. Mais après cette rencontre tendue et, surtout, la rebuffade de Spiegel et Murphy, Facebook ne va pas tarder à répliquer. En sortant les grands moyens contre Snapchat. Le Wall Street Journal révèle l’histoire avec le titre : “Snapchat rejette une offre d’achat de 3 milliards de dollars de Facebook.” Zuckerberg est mortifié. Mais les observateurs sont divisés. Spiegel et Murphy sont-ils des idiots qui ont refusé les trois milliards de dollars pour une boite qui ne gagne pas d’argent ? Ou sont-ils des génies visionnaires qui pensent que leur appli va bientôt valoir encore plus ?
Un choix qui aurait pu se révéler fatal. Après le nouvel an 2014, les deux dirigeants de Snapchat découvrent que les numéros de téléphone de 4,6 millions d’utilisateurs ont fuité. Les hackers ont utilisé Find Friends (trouver des amis), une fonction de l’appli.
Cela fait plusieurs mois que Gibson Security, un cabinet australien de cyber sécurité, a alerté la presse de l’existence d’une telle faille dans le code. Mais Snapchat n’a pas entendu l’avertissement et a fait comme si de rien n’était. Alors, à Noël, Gibson a publié un rapport expliquant comment il était possible de pirater les informations des utilisateurs. Et visiblement, cela en a inspiré certains…
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De son côté, Facebook va aussi connaître des déconvenues. L’entreprise lance Slingshot une application censée faire concurrence à Snapchat. Elle permet aux utilisateurs d’envoyer des photos et des vidéos qui disparaissent après avoir été vues. Mais alors que dans Snapchat, le message s’affiche directement, avec Slingshot vous devez d’abord répondre au message avant de pouvoir afficher les images. Zuckerberg pense que cette fonctionnalité, de répondre avant de voir la photo, séduira les jeunes utilisateurs.
Slingshot se fera vite détrônée par l’application Yo. La seule utilisé du logiciel est d’envoyer le mot “Yo” à un de ses amis. Facebook, le leader mondial des réseaux sociaux, vient de se faire dépasser par une appli qui ne peut qu’envoyer le message « Yo ». Sa pure inutilité augmente sa popularité. On parle d’elle partout, à la télé et sur le net. Et même si elle est parfaitement inutile, tout le monde a envie de l’essayer.
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Pour continuer de se démarquer Snapchat lancera une série de filtres photo qui ne se déverrouillent que lorsque vous êtes dans un endroit ou une ville spécifiques. Pour accéder au filtre Disneyland, vous devez être à Disneyland. Pour accéder au filtre New York City, vous devez être à New York. C’est un carton immédiat. Ces nouveautés augmentent considérablement l’audience de Snapchat. À la fin du mois d’août 2014, 40 % des adultes aux États-Unis utilisent Snapchat quotidiennement.
En quelques mois, Spiegel est devenu le milliardaire typique de la tech. Il fréquente les autres jeunes riches et assiste aux soirées données par Rupert Murdoch. Il est invité à des conférences prestigieuses, dans lesquelles il se retrouve sur scène au côté de personnes comme Michael Bloomberg, le maire de New York. Mais ce qu’il ignore, au milieu de ce tourbillon, c’est que la bataille avec Facebook est loin d’être terminée. Facebook est sur le point de copier la meilleure fonctionnalité de Snapchat… obligeant ce dernier à se battre pour sa survie.

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