Etes-vous un bon télétravailleur ?

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Votre étude porte sur les compétences douces, les fameuses soft skills, qui font qu’on est ou pas un bon télétravailleur. Quelles sont les principales compétences que vous avez identifiées ?
Jean Pralong : On a trouvé plusieurs compétences comportementales qui sont vraiment discriminantes et qui font qu’on est un bon télétravailleur ou qu’on l’est moins. Quelques unes sont assez prévisibles, comme le fait de bien connaître son organisation et de savoir à qui on peut faire appel en cas de besoin. Mais aussi bien se connaître et savoir quel est son propre degré d’autonomie et – là aussi – quand on a besoin de faire appel à quelqu’un. Et puis il y a des compétences plus spécifiques. La première c’est être capable de faire preuve d’empathie. C’est-à-dire, à partir de signaux faibles, de quelques bribes d’informations, pouvoir se dire que tel ou tel collaborateur, que tel ou tel collègue a besoin d’aide ou au contraire sentir qu’il va plutôt bien. Et puis enfin il y a une compétence qui est, pour moi, la plus importante. On l’a appelée “promouvoir”. C’est la capacité à faire parler de soi et à rendre visible, même quand on n’est pas là, son travail. A mon sens, cela résume bien ce qu’est le télétravail : c’est travailler en situation d’absence, en n’étant pas visible. Et comme la nature a horreur du vide, raconter ce qu’on fait quand on est télétravailleur est une compétence clé, qui permet de maintenir un lien avec ses collègues et sa place au sein de l’entreprise
Sauf que ça, c’est valable en période “normale”… quand un salarié est en télétravail et que les autres sont en équipe, au bureau. Mais quand tout le monde est à distance, en quoi est-ce une compétence utile ?
Jean Pralong : Ce qu’on observe depuis la crise, c’est qu’il y a deux types de télétravailleurs. Ceux qui reproduisent en situation de télétravail ce qu’ils feraient normalement : ils interagissent par mail, ils ont tendance à séparer le pro du perso et à ne pas mettre la caméra quand ils font une visio par exemple. Et ce sont eux qui sont menacés, parce qu’ils n’ont pas compris que l’important c’était de donner de la visibilité à ce qu’ils font. Et il y a ceux qui, au contraire, multiplient les canaux de communication. Ils utilisent le téléphone, le mail, les outils de visioconférence et mettent la caméra de façon à ce que les autres puissent voir leur contexte de travail. C’est utile car cela permet de montrer les contraintes dans lesquelles ils se situent. Il faut pouvoir comprendre que tel ou tel habite dans un petit appartement avec des enfants et qu’il lui est difficile d’aménager du temps de travail. Si un salarié explicite ses contraintes, ses limites, les autres personnes de l’équipe peuvent mettre des images sur ce qu’il vit et ce qu’il fait. Et cela rend présent, même si on n’est pas là.
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Et du côté des managers ?
Jean Pralong : La principale compétence mise à contribution chez les managers en cette période, c’est l’empathie. Le temps de contact avec les collaborateurs est limité et souvent partagé parce que ce sont des réunions d’équipe. Cela laisse peu d’opportunités pour comprendre qu’un collaborateur ne va pas bien, que la situation l’affecte, qu’il est angoissé ou inquiet parce qu’il a un chiffre d’affaires à faire et qu’il ne pourra pas le faire… La capacité à repérer ces micros signaux, identifier qui va bien et qui ne va pas bien, à distance, est cruciale pour les managers aujourd’hui.
Quelles sont les autres qualités à avoir pour être un bon “télé-manager” ?
Jean Pralong : Permettre à ses équipes de se détacher des process ! On a en effet identifié que chez les télétravailleurs, une des compétences les moins utilisées était la capacité de créativité et d’innovation. Cela peut sembler surprenant car on imaginerait plutôt que celui qui est à distance va prendre du recul et donc va pouvoir être plus créatif, plus innovant. Or pas du tout : le télétravail, en particulier en situation de crise, déteste l’innovation ! Le télétravail, par nature, c’est se rassurer, se raccrocher à l’existant, se raccrocher aux process. C’est quasiment l’ennemi de la créativité et de l’innovation. Or aujourd’hui plus que demain on va avoir besoin de créativité et d’innovation dans les entreprises : puisqu’on va vers un nouveau monde, parait-il, il va bien falloir le réinventer. Et le rôle des managers c’est justement de lutter contre cette tendance et de faire en sorte que ceux qui sont tentés de se replier vers les routines, vers les process, vers les habitudes de travail, soient incités à examiner des idées nouvelles et à faire preuve de créativité.
Pour en savoir plus, écoutez l’interview de Jean Pralong dans le JT, le Journal du Télétravail de Management

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