Epargne: Que faire de son assurance-vie ? – Challenges

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Souvenez-vous : il y a à peine six mois, les assureurs nous prédisaient la fin prochaine du fonds en euros. Pendant des années, celui-ci avait pourtant été un outil incontournable de l’épargne des Français dans les contrats d’assurance-vie, au point de constituer 80 % de son encours. Il alliait, il faut le reconnaître, toutes les qualités : disponibilité, imposition légère et, surtout, garantie du capital accumulé. Le problème, c’est que les assureurs n’en voulaient plus.

Etranglés par la baisse des taux d’intérêt, ficelés par de nouvelles contraintes réglementaires, les acteurs du secteur ne gagnaient plus d’argent avec le fonds en euros. Ils ont donc poussé les épargnants à aller de plus en plus vers les unités de compte, principalement investies en actions. Avec elles, finis les problèmes des taux bas. Finie aussi la prise de risque par les compagnies. Et pour cause : c’est l’épargnant qui le prend ! L’argument pour convaincre les récalcitrants ? Une performance bien supérieure à celle du fonds en euros.

Problème de liquidité

Mais, ça, c’était avant. Avant que la crise sanitaire mondiale ne balaie les marchés boursiers. Faut-il, alors, faire machine arrière et tout basculer, à nouveau, sur son fonds en euros ? Pas sûr. “La situation du fonds en euros ne va pas s’améliorer dans les mois et les années qui viennent, avec les politiques de relance budgétaire des Etats et l’augmentation de la dette mondiale. Les taux vont sans doute continuer à baisser”, prévient Jean-Denis Bachot, directeur France de Fidelity.

De plus, la crise sanitaire a fait naître un autre doute : la liquidité. “Je suis préoccupé non pas par la garantie en capital des fonds en euros, mais par leur liquidité avec la loi Sapin 2 “, explique Karl Toussaint du Wast, cofondateur du site Netinvestissement. Votée en 2016, cette loi permet en effet au Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) de suspendre temporairement les retraits sur les contrats d’assurance-vie (jusqu’à six mois, et renouvelable une fois) afin d’éviter un risque systémique lors des phases de panique. Bref, il peut être intelligent de conserver une partie de son épargne sur un fonds en euros, mais il faut aussi avoir des unités de comptes pour conserver liquidité et… performance. Mais comment faire lorsque les marchés boursiers font peur ?

Non-coté sur long terme

Solution évidente : les unités de comptes qui ne sont pas investies en Bourse. Parmi ces actifs alternatifs, les parts de Société civile de placement immobilier (SCPI) sont devenues la coqueluche des épargnants grâce à des rendements annuels de plus de 4 %. “Mais attention, les SCPI risquent de souffrir cette année de l’arrêt brutal de l’économie, avec des entreprises qui ne pourront plus payer leur loyer ou feront faillite”, prévient un spécialiste.

Autre classe d’actifs qui a le vent en poupe : l’investissement dans des entreprises non cotées. Autorisé depuis peu dans l’assurance-vie, il est réputé plus rentable que celui en actions. Contrepartie : une durée de détention plus longue (au moins dix ans) et une liquidité réduite.

Les allergiques au risque de marché peuvent aussi trouver dans leur contrat d’assurance-vie des “produits structurés”. Ces fonds ont comme objectif de servir un rendement fixé à l’avance et conditionné à l’évolution d’un indice boursier. Et ils offrent une garantie du capital à l’échéance. Avec une limite : le capital n’est pas entamé jusqu’à un certain niveau de chute de l’indice (généralement 30 ou 40 %), mais au-delà, il est diminué du pourcentage de la baisse. Un produit qui a apparemment déjà subi la déroute boursière de mars. Mais comme c’est le niveau de l’indice au jour de l’échéance qui déterminera la performance du produit, si la Bourse remonte d’ici à l’échéance prévue, l’épargnant n’aura rien perdu.

De nouveaux fonds structurés devraient sortir dans les prochaines semaines, et vu le niveau très bas des indices boursiers, ce sera à n’en pas douter un très bon point d’entrée pour les souscrire. Attention toutefois à bien étudier la notice présentant les conditions du produit (hauteur de garantie du capital, échéance, frais) pour ne pas avoir de mauvaises surprises…

Diversification rapide

Dernière solution, sans doute la moins évidente : profiter de la débâcle des marchés financiers pour y “faire ses courses”. Bien sûr, il ne s’agit pas d’acheter tous azimuts, mais de viser des thématiques qui résisteront mieux à la récession qui se profile à l’horizon. Les professionnels parlent de “croissance défensive”, avec des sociétés qui échappent, peu ou prou, au cycle économique parce que leur activité les préserve des aléas de la conjoncture, ou parce qu’elles s’inscrivent sur des tendances lourdes de l’économie. Nous avons repéré le fonds Fidelity Sustainable Water and Waste, spécialisé dans les entreprises du traitement de l’eau et des déchets, deux secteurs qui devraient moins souffrir en cas de récession durable. Ou encore le fonds JP Morgan Global Healthcare sur le secteur de la santé, qui a trouvé encore plus d’intérêt avec l’épidémie de Covid-19. “Nous suggérons aussi à nos clients le fonds NewGems, qui investit dans les entreprises de demain (IA, neurosciences…)”, souffle Karl Toussaint du Wast.

Les épargnants peuvent aussi passer par la gestion indicielle, et les ETF (Exchange Traded Fund), pour vite se diversifier et à moindres frais. « Presque toutes les compagnies d’assurance-vie ont désormais des ETF dans leur offre », souligne Bertrand Alfandari, responsable de leur développement à BNP Paribas AM. Son conseil, compte tenu du développement de l’épidémie : sélectionner des indices mondiaux, pour réduire le risque lié à un pays.

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