Economie : à quoi ressemblera le monde post-coronavirus ?

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Plombée par la crise du coronavirus, l’économie mondiale doit composer avec de nombreuses incertitudes. D’abord, on ne sait pas si un vaccin ou un médicament seront trouvés dans les prochains mois, tout comme on ne sait pas bien quelle sera l’attitude des pouvoirs publics en cas de “vraie” nouvelle vague (reconfinement généralisé ou dispositif plus centré sur les seules populations fragiles). Ensuite, et en insistant sur toutes les limites d’un propos tenu par un non-médecin (je reprends toutefois cette remarque de bon sens à Francis Fukuyama), comment ne pas remarquer que cette maladie est plutôt contagieuse, mais assez peu mortelle ? Le constat ne dit-il pas quelque chose en matière de comportement de tout-un-chacun, avec le risque que la vigilance aille progressivement s’étiolant ?
La conclusion à tirer de cette double série de remarques est que probablement il va falloir apprendre à vivre avec une maladie qui peut-être ne disparaîtra pas, mais bien plus se rappellera de temps en temps à nos bons souvenirs sous une forme plus ou moins forte. Il en sera ainsi tant que la recherche sur un traitement, ponctuel ou définitif, n’aura pas abouti. Sans doute ne doit-on pas considérer qu’en cas de récidive, le confinement généralisé sera à nouveau enclenché. L’hypothèse à privilégier serait une “mise à l’écart” des seules populations les plus à risque (personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques).
>> A lire aussi – “Nos pires craintes sur l’économie se confirment”
Est-on à un moment de basculement du fonctionnement du monde ?
Les Historiens nous disent que les guerres et les épidémies sont les éléments “exogènes” les plus à même d’engendrer des bouleversements sociétaux, voire des ruptures. Qu’en sera-t-il au sortir de la crise du coronavirus ? Passons en revue les quelques grandes crises traversées depuis un peu plus d’un siècle.
Le début du XXème siècle
Arrêt de la première phase de mondialisation de l’économie
Planification économique au niveau national pendant la guerre
Retour à la paix mal géré (Allemagne, Italie)
Les années 30 et 40
Déséquilibre économique ex ante : capacités d’offre excédentaires par rapport à celles de la demande
La Grande Dépression
La guerre et un retour à la paix plutôt bien géré
Les années 60
Aux Etats-Unis, apparition du phénomène d’accélération de l’inflation dans un contexte caractérisé par une double augmentation des dépenses militaires (guerre du Vietnam) et sociales (mouvement des droits civiques)
Généralisation au reste du monde (“libre”)
Les années 80 et 90
Deuxième vague de mondialisation
Choc technologique
Politiques libérales
Les années 2010 et 2020 (?)
A la suite de la “Grande récession”, renforcement de la critique de l’ordre économique mondial
Fin de l’hyper-mondialisation
Montée du populisme
Prise de conscience de l’instabilité d’un monde devenu multipolaire
Faut-il considérer que la crise sanitaire sera un accélérateur des tendances déjà en place au cours des années passées ? C’est très possible. Pourrait-elle être aussi apporter des d’inflexions ? C’est possible. Dans ce cas, il faut être attentif à l’apparition de dynamiques similaires à celles enclenchées au cours des années 60.
>> A lire aussi – “Un risque de chute libre”, selon Nouriel Roubini, qui avait prédit la crise de 2008
Les structures de l’économie vont bouger !
Les secteurs probablement gagnants versus perdants
Secteurs gagnants : nouvelles technologies, Télécoms, distribution en ligne, santé et pharmacie, agro-alimentaire.
Secteurs perdants : automobile, aéronautique, transport aérien, immobilier commercial, distribution traditionnelle, tourisme
Davantage de contraintes sur l’offre et une demande moins forte pèseraient sur les secteurs perdants. L’inverse serait vrai pour les gagnants. En sachant toutefois que, même dans un secteur en difficulté, certaines entreprises arrivent à se réinventer.
Ces moments de mutation, dans un environnement caractérisé par un manque de lisibilité, on l’a vu, sont souvent propices à une recherche de point mort plus bas (le poids des coûts fixes dans le chiffre d’affaires). Il faudra alors être attentif à la double dynamique de l’investissement productif et de l’emploi privé.
LBPAMLBPAMAttention à l’effet de ricochet sur les économies émergentes
Sortie de capitaux
Crise de la dette ?
Crise de change ?
>> Retrouvez ici tous les points sur la séance de Bourse
Commerce mondial : il vaut mieux éviter les approches binaires !
Relocalisation : de quoi parle-t-on ?
Typologie
les relocalisations d’arbitrage, souvent opérées par de grands groupes par comparaison de différents sites envisageables, avec la possibilité de la réversibilité ;
les relocalisations de retour, consécutives à des délocalisations, causées par “des déceptions, révélées au fil du temps, relatives au transfert à l’étranger de sites de production préalablement implantés dans le pays d’origine” (disparition d’avantages comparatifs, “coûts cachés” de la délocalisation, contrefaçon, notamment) ;
les relocalisations de développement compétitif, permettant l’approfondissement des positions établies sur les marchés extérieurs, notamment pour les PME qui cherchent par leur relocalisation à se rapprocher des compétences qui leur font défaut et des marchés de consommation.
Signification : de la délocalisation à la translocalisation plus qu’à la relocalisation
Comment ne pas voir que le terme de relocalisation est trop restrictif ?
Les entreprises cherchent à se redéployer ; la relocalisation n’est qu’une des options qui leur est offerte
“Coller à son marché” reste une nécessité ; se soumettre à celle-ci ne passe pas par un choix binaire du type “délocalisation versus relocalisation”. D’où la mise en avant du concept de translocalisation
L’aléa politique
Montée des forces nationaliste et protectionniste
Coordination internationale et prise en compte de contraintes métaéconomiques (le climat au premier chef)
L’inflation demain
L’approche conjoncturelle
Rattraper le retard de croissance accumulé durant la crise sanitaire prendra du temps …
… et donc maintien des pressions désinflationnistes
L’approche structurelle
Au-delà du vieillissement démographique …
… une Société moins mobile, une économie mondiale moins ouverte, une montée des revendications politiques, un endettement lourd et l’activisme des banques centrales
Proposition de diagnostic : inflation faible, mais attention au risque qu’elle accélère
LBPAMLBPAMLBPAMLe derrière des réponses de politique économique
Un effort budgétaire de 10 points de PIB et une augmentation des ratios dette publique / PIB autour de 15 points
Mais attention, des différences importantes d’un pays à l’autre
Comment assurer la soutenabilité de la dette publique sur longue période : répression financière et recherche de poches profondes ?
Y a-t-il une limite à l’interventionnisme monétaire ?
Stabilité financière (surévaluation des prix d’actif) ?
Inflation ?
La nécessité d’assurer le bon équilibre entre volontarismes budgétaire et monétaire
LBPAMLBPAMLBPAM

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