Digicook d’Intermarché vs. Monsieur Cuisine Connect de Lidl: le match des rivaux de Thermomix

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Fin novembre, c’était le calme avant la tempête chez Lidl. Caissiers briefés, stocks livrés… Tout était prêt pour que, cette fois, la mise en vente de son fameux Monsieur Cuisine Connect, un robot chauffant high-tech exclusif, se passe sans encombre à la veille de Noël. «Le plus important, c’est de satisfaire la demande pour ne pas créer de frustration chez nos clients», confie Michel Biero, directeur achats et marketing de l’enseigne. Sa hantise ? Que se reproduisent les scènes de juin dernier, quand le distributeur a lancé pour la première fois son engin connecté en rayon : émeutes, cohues, rupture de stock dès 10 heures du matin… Le discounter n’avait pas anticipé le succès.
A l’heure où nous ne jurons plus que par le fait-maison, dégoûtés par les scandales alimentaires ou inspirés par les émissions télé, ce type de machines à tout faire suscite un engouement nouveau : selon le panéliste GfK, si 57% des Français possèdent un robot culinaire simple, plus d’un sur dix dispose déjà d’un engin chauffant, capable de pétrir, hacher, mixer ou encore mijoter. «Bien manger et prendre soin de notre santé est devenu une priorité, mais nous manquons toujours de temps, note Damien Chicaud, directeur études et statistiques au Gifam (Groupement des marques d’appareils pour la maison). Ces outils permettent aux cuisiniers confirmés de tout faire plus vite et aux débutants de se lancer.» Signe du formidable potentiel de marché, tous les pros de l’électroménager ont développé leur propre offre… et mettent, au passage, le consommateur face à un choix difficile.
Bien sûr, il y a la référence, Thermomix. Robuste, efficace, pratique, la star historique du segment ne manque pas d’atouts, mais de là à dépenser 1299 euros pour sa dernière version, est-ce justifié ? Car on peut désormais trouver bien moins cher. Une flopée de concurrents de moyenne gamme d’abord (Moulinex, Kenwood ou Magimix…), facturés de 500 à 1000 euros, mais surtout des appareils à prix totalement cassés, vendus en séries limitées par des distributeurs sans aucune légitimité particulière dans le domaine : Lidl pionnier sur ce segment, et maintenant Intermarché, qui vient de lancer son Digicook. A moins de 400 euros pièce, ces nouveaux venus sont des plus tentants, mais que valent leurs recettes ? Sont-ils pratiques ? Risquent-ils de rendre l’âme à peine la garantie passée ? Aidé d’experts, Capital a testé puis totalement désossé ces machines pour en savoir plus.
Testé sur trois plat, les appareils offrent des résultats étonnants
Production
Sans surprise, alors que le Thermomix est produit en France, ces rivaux à bas coût viennent de bien plus loin…. Pour tenir un prix de vente si bas, Lidl a mis à contribution son cabinet d’études basé à Hong Kong. «Il n’y a pas de secret, le robot est fabriqué en Chine massivement, glisse Michel Biero. Sur de gros volumes, nous faisons des économies d’échelle, optimisons la logistique et réduisons notre marge au maximum pour en faire un produit d’appel.»
Chez Intermarché, on assume s’être calés sur le concurrent discounter. «Devant l’engouement autour de ces appareils, nous avons challengé nos fournisseurs pour obtenir un produit équivalent dans la même gamme tarifaire, admet Séverine Martin, chez les Mousquetaires. Nous avons décidé de faire confiance à une marque nationale qui préparait un robot depuis plus d’un an.» La marque en question, c’est Arthur Martin, une entreprise française rachetée par le suédois Electrolux… mais la fabrication est 100% chinoise.
Fonctionnalités
Lidl et Intermarché avaient Thermomix dans le viseur, et ça se voit. Comme l’allemand, les deux low-cost savent tout faire : cuire, couper, hacher, mijoter, mixer, trancher, peser, et même piler la glace. Petit plus face à la Rolls du marché, leurs bols, plus grands, permettent de cuisiner en plus grande quantité ; un atout pour les familles nombreuses ou voraces, voire pour les dîners entre amis. Revers de la médaille, ils sont bien plus encombrants – avec 50 centimètres de profondeur, il faudra prévoir de la place sur le plan de travail – et un peu plus bruyants.
>> A lire aussi – Guerre des robots-cuiseurs : My Little Chef encore moins cher que Monsieur Cuisine Connect
Praticité
Quel que soit le modèle, la prise en main des machines est intuitive : clipser le bol principal, ouvrir/fermer le couvercle, positionner les couteaux ou les fouets au gré des recettes… rien n’est bien sorcier. Autre point important à l’usage : comme le Thermomix, les robots discounts sont équipés d’accessoires (panier de cuisson, batteur, spatule…) qui passent tous au lave-vaisselle. Pour ce qui est des commandes tactiles, par contre, les nouveaux venus font un peu moins bien que l’historique du secteur.
L’écran du Monsieur Cuisine Connect ne permet pas toujours d’anticiper les étapes d’une recette, ce qui peut faire perdre un temps précieux lors de la réalisation : par exemple, alors que la cuisson d’un aliment est lancée, difficile de voir ce que l’on peut préparer en attendant. De son côté, l’écran du Digicook s’est parfois mis en veille et, une fois rallumé, est revenu au tout début de la recette ! De quoi rendre un peu dingue en plein travail, quand vous avez les mains sales ou occupées. Mais bizarrement, sur deux machines Intermarché testées, seule l’une présentait ce défaut…
Recettes
Dans la guerre à laquelle se livrent ces robots high-tech, le bouquet de recettes qu’ils proposent est un élément essentiel. Car ces engins connectés sont programmés pour s’adapter automatiquement aux étapes que vous suivez. Vous en êtes à la pesée du beurre? Ils se mettent en mode balance et affichent la quantité que vous devez déposer. Vous arrivez à la cuisson des légumes ? Les machines enclenchent d’elles-mêmes la température et le temps de chauffe. De quoi permettre aux plus néophytes des cuisiniers d’éviter les loupés. Et sur ce point, les différences sont fortes entre nos trois engins.
Si Thermomix propose 5000 recettes (contre un abonnement annuel de 35 euros), Lidl se concentre sur l’essentiel avec seulement 400 plats au catalogue (l’enseigne prévoit 10 ajouts mensuels en 2020). C’est peu, mais tout de même bien mieux que son concurrent d’Intermarché ! Si les Mousquetaires en promettent 5 nouveaux chaque mois, leur Digicook, pour l’instant, n’en compte qu’une centaine. Et leur pertinence laisse franchement perplexe ! Vous ne trouverez ainsi qu’une seule recette de glace. Pas à la framboise ou au chocolat, non, au champagne rosé… Pire, en réalisant une brandade de morue, nous avons pu constater la présence de fautes d’orthographe mais surtout d’incohérences malheureuses : notre assistant connecté nous a demandé de préparer, cuire et découper des poireaux… dont nous n’aurons finalement pas du tout besoin par la suite !
Plus perturbant encore, il nous a invités à utiliser le fouet et le panier cuisson en même temps, alors que ces deux ustensiles ne sont pas compatibles. Il a fallu improviser… «Si vous êtes un peu familier des fourneaux et que vous maîtrisez vos propres recettes, vous pouvez très bien vous en tirer avec ce robot, mais, pour les novices qui attendent d’être pris par la main, c’est plus gênant», résume Béatrice Vigot-Lagandré, journaliste culinaire et auteur de livres de cuisine. Pour Capital, cette pro a comparé nos appareils sur trois plats classiques et complémentaires (blanquette, brioche et brandade), suivant les directives de chaque robot.
Solidité
Mieux que le Thermomix, garanti deux ans, les robots d’Intermarché et de Lidl sont couverts durant trois années. Mais à l’issue de cette période, risquent-ils de rapidement vaciller ? Pour évaluer la robustesse de nos trois engins, nous avons fait appel à un expert technique, Olivier de Montlivault, fondateur de SOS Accessoire, un site d’aide au diagnostic et à l’autoréparation. Pour nous, cet ancien dirigeant du service après-vente de Darty a démonté chacune des machines et analysé l’ensemble des pièces. Pour ce qui est de la partie électronique, la supériorité du Thermomix est sans appel : dans sa carte mère, l’allemand intègre des composants de marque quand ses concurrents ne renferment que des éléments d’entrée de gamme. Il en va de même pour le reste du robot : le bol en acier Guy Degrenne, produit en Normandie, les finitions… Tout relève de la meilleure qualité.
A choisir entre les deux low-cost ensuite, notre expert penche plutôt pour le Monsieur Cuisine Connect, plus rassuré par ses renforts en acier, sa balance ou encore ses ustensiles en caoutchouc siliconé. Reste un détail important en cas de panne : les pièces détachées pour ces modèles low-cost ne sont pas encore disponibles. «Mais les distributeurs pourraient les proposer à terme», estime Olivier de Montlivault. A l’inverse, les sites de SAV proposent depuis longtemps des composants du Thermomix pour réparer plutôt que racheter. A plus de 1000 euros l’appareil, c’est bienvenu !

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