“Déséquilibre financier chronique” : la Cour des comptes tacle la gestion erratique de l’Ecole polytechnique

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“Une gestion pas à la hauteur des ambitions de l’Ecole.” Dans le volet consacré à l’Ecole Polytechnique de leur rapport annuel, les magistrats de la Cour des comptes s’inquiètent de la mauvaise santé financière de l’établissement, dont les comptes sont plombés par une gestion insuffisamment rigoureuse. Le “déséquilibre financier chronique” de l’X (le surnom de l’établissement) dont le budget annuel avait atteint 192 millions d’euros en 2019, se trouve au coeur des préoccupations des Sages de la rue Cambon. Malgré un soutien financier accru de l’Etat pour mettre en oeuvre les nouvelles orientations stratégiques de l’école à compter de 2016, Polytechnique ne parvient pas à s’extraire de la trajectoire déficitaire empruntée par ses résultats comptables depuis 2014.
“Les résultats comptables (…) font apparaître cinq exercices déficitaires consécutifs, de 2014 à 2018 se traduisant par une perte cumulée de près de 20 millions d’euros (…)”, s’inquiètent les magistrats chargés du rapport. Après un cru 2018 marqué par un dérapage comptable de 7,7 millions d’euros, l’X prévoit de nouveau un déficit à hauteur de 5,3 millions d’euros pour 2019.
Toujours pas de comptabilité analytique
Pour expliquer ces résultats comptables décevants, les magistrats de la Cour des comptes pointent les nombreuses “faiblesses” de la gestion de l’école, malgré les “progrès”, qui “ont été constatés” depuis 2012. Outre l’absence de comptabilité analytique, dont la mise en place a pourtant été recommandée il y a… huit ans, l’Ecole Polytechnique est principalement pénalisée par la gestion laxiste des personnels enseignants. Ainsi, a noté la Cour, certains professeurs de l’X ne réalisent pas toutes “les heures d’enseignement qui leur incombent”. Ce qui ne les empêcherait pas de percevoir une prime d’encadrement, fixée à 2.352 euros annuels, dont le versement est pourtant réservé “aux personnes qui réalisent la totalité de leurs heures d’enseignement”. Une anomalie que le rapport attribue à l’absence d’outil de contrôle au sein de l’établissement.
Les magistrats ont également relevé que “des missions ponctuelles sont comptabilisées dans le temps de service d’enseignants-chercheurs, sans justification” et que “les enseignants n’effectuant pas de recherche ne sont pas tenus d’assurer des heures d’enseignement supplémentaires en compensation (…) contrairement à ce que leur statut prévoit”. Enfin, le rapport invite l’Ecole Polytechnique à mieux encadrer les dépenses relatives au recours à des personnels extérieurs pour réaliser des vacations d’enseignement auprès des élèves.
Le ministère des Armées promet de se conformer aux recommandations
Destinataire du document en tant qu’autorité de tutelle de l’école, le ministère des Armées a pris connaissance de l’ensemble des recommandations de la Cour. Dans le courrier de réponse qu’elle adresse aux magistrats, la ministre Florence Parly assure que son ministère “est conscient de l’existence de certaines faiblesses” dans la gestion de l’école. “Le suivi des recommandations de la Cour relatives à la gestion de l’école fera (…) l’objet d’une attention particulière”, conclut-t-elle.
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