Débat sur l’agriculture : Chantal Jouanno sort encore les griffes contre le gouvernement

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“Elle n’a pas bougé d’un iota”, souffle, presque admirative, une proche collaboratrice. En janvier 2019, l’ex-ministre des Sports Chantal Jouanno s’était retrouvée au centre d’une violente tempête politico-médiatique. En cause, son refus de faire endosser l’organisation du Grand débat national à la commission qu’elle préside, sur fond de désaccord avec la méthodologie gouvernementale, et la révélation de son confortable salaire – 14.500 euros brut par mois – dans la presse.
Poussée à la démission par certains membres de la majorité, l’ex-sénatrice de Paris a tenu bon. Droite dans ses bottes : “Ma rémunération dans la presse, ça n’était sans doute pas innocent, avance-t-elle avec un peu de recul. Mais il n’était pas question de démissionner. Ne pas céder aux pressions, c’était confirmer l’indépendance de la Commission nationale du débat public.”
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Chantal Jouanno poursuit donc la mission pour laquelle le président Macron l’avait nommée par décret, au début du quinquennat. Alors que les équipes de la CNDP sillonnent actuellement la France pour animer le débat national sur l’agriculture, elle a saisi l’occasion de rappeler combien la neutralité et l’indépendance du débat public sont des conditions essentielles à son succès. “Si le gouvernement préempte ce nouveau débat et son organisation, une partie du public, qui y est opposé, ne viendra pas. Pour pas mal de gens éloignés de la vie publique, la démocratie participative représente un espoir. À ce titre, la tentation des pouvoirs publics d’instrumentaliser le débat est dangereuse”, prévient-elle.
Ceux qui s’y risquent, s’exposent aux foudres de la présidente de la CNDP. Il faut dire qu’en la matière, Chantal Jouanno conserve un souvenir amer du Grand débat national. “Une opération de communication gouvernementale…”, a-t-elle résumé, lapidaire, dans un court texte publié sur Linkedin, quelques jours avant le lancement de la consultation publique sur l’agriculture. L’occasion de déplorer le faible budget consacré par les pouvoirs publics à ce nouvel événement participatif et les “délais extraordinairement courts” qui ont été imposés à la CNDP pour l’organiser.
Le gouvernement ne nous aide pas
“Force est de constater [que le gouvernement, ndlr] ne nous aide pas à le faire connaître”, cingle Chantal Jouanno. Avec, toujours, cette liberté de ton plutôt inhabituelle, chez les présidents d’Autorité administrative indépendante. “Je n’ai rien de personnel contre ce gouvernement. Mais nous sommes une autorité indépendante, vraiment indépendante. Je pense que maintenant, ils l’ont bien compris !”, conclut-elle.
Contacté par Capital, le ministère de l’Agriculture conteste la version de Chantal Jouanno, et met en avant les interviews réalisées par Didier Guillaume pour promouvoir la consultation et le financement public à hauteur de 1,5 million d’euros consenti par le gouvernement.
>> À lire aussi – Grand débat : Chantal Jouanno avait annoncé sa démission bien avant la polémique

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