Dans une maison de retraite des Vosges, vingt morts « en lien possible » avec l’épidémie due au coronavirus

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Des camions blancs et des estafettes rouges devant l’Ehpad, des hommes en bleu et des croque-morts en combinaisons blanches, et de nombreux cercueils. Lundi 23 mars au matin, de nouveaux corps de résidents du Couarôge, une résidence pour personnes âgées de Cornimont, au sud des Vosges, ont été évacués vers des cimetières alentour. Les brigades de gendarmerie de Saulxures-sur-Moselotte accompagnaient les pompes funèbres, avant des mises en terre intimes, en raison du confinement.

Depuis le début de l’épidémie, le nombre de décès au sein de cet établissement communal qui compte 163 lits, au milieu de prairies courant à perte de vue, était de 15, samedi, selon Vosges-Matin. Mais il serait passé, dimanche, à 20, « en lien possible avec le Covid-19 », reconnaît l’Agence régionale de santé. Le député Christophe Naegelen, qui a apporté 2 000 masques lundi soir à l’établissement qui en manquait, évoque lui 21 morts. Les patients, âgés, ne sont pas testés. La préfecture devait communiquer à ce sujet dans la soirée.

Dans ce petit coin du massif vosgien où la moyenne d’âge est très élevée, on connaît la route des cimetières. A La Bresse, station de ski toute proche, la moitié du village est âgée de plus de 60 ans. Mais ce qui se passe à Cornimont depuis le 3 mars ne ressemble à rien de connu. « Il y a eu une surmortalité à l’Ehpad et en ville, c’est évident, convient la maire de cette commune de 3 200 habitants, Marie-Josèphe Clément. Des personnes très âgées et avec des pathologies importantes décèdent. »

« C’est inouï »

Il n’y a qu’à lire les avis mortuaires de la presse locale pour voir que les nécrologies se multiplient dans la vallée de la Moselotte depuis deux semaines. « Entre le 6 février et le 3 mars, nous n’avions aucun décès, raconte David Jeangeorges, journaliste pour le site Remiremontvallées. Rien que dimanche 22 mars, nous avons eu une dizaine de décès dans le secteur. Même en 2003, lors de la vague de la canicule, nous n’avions pas connu ça, c’est inouï. » Du 13 au 23 mars, onze avis de décès ont paru sur la seule commune de Cornimont.

De nombreuses personnes sont infectées. Plusieurs élus du secteur présentant des symptômes de la maladie sont placés en quarantaine. Le maire d’une commune voisine, âgé de 64 ans et dont la mère est morte du coronavirus à l’Ehpad de Cornimont, est dans un état sérieux, en réanimation.

« Au Couarôge, ça a commencé le 3 », explique Marie-Josèphe Clément au Monde. Quatre jours plus tard, la maire – une ancienne aide-soignante de l’Ehpad – sonne elle-même l’alarme. Par un communiqué de presse, elle annule le carnaval annuel du 8 mars en raison d’un cas confirmé de coronavirus au sein de l’établissement confiné depuis le 2 mars. Les choses se dégradent ensuite très vite. Le 14 mars, deux résidents sont touchés ainsi qu’un membre du personnel soignant, puis 17 arrêts maladie sont déclarés : quatre soignants sont infectés, un est hospitalisé. Des étudiants de l’école d’infirmières de Remiremont et du personnel de la maison de retraite de Saulxures-sur-Moselotte sont appelés en renfort. La sécurité civile veille sur place.

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