Coronavirus : l’immobilier entre l’espoir du rebond et l’angoisse du krach – Le Parisien

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En mars et avril, « 120 000 transactions ne se sont pas faites », pointe Thomas Lefebvre de Meilleurs agents. Pire, la fermeture des offices notariaux a bloqué 100 000 ventes en cours forçant les agences à faire provisoirement une croix sur 400 millions d’euros d’honoraires. Si l’activité ne reprend pas d’ici fin mai, 3 000 agences pourraient mettre la clef sous la porte, mettant 20 000 salariés au chômage, a alerté la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM).

Tétanisé, le marché immobilier va-t-il redémarrer après le 11 mai? « La bonne nouvelle, assure Thomas Lefebvre, c’est que, pour les ventes ou les achats engagés avant la crise, il y a eu peu de rétractations. » En sortie de confinement, il va donc falloir rattraper le retard avec un embouteillage à prévoir chez les notaires, les banques chargées de transférer les fonds, les déménageurs… « La moitié des gens qui avaient un projet immobilier avant la crise vont le relancer, estime Thomas Lefebvre. Les Français continuent de voir dans la pierre une valeur refuge. »

Les chiffres montrent déjà un frémissement. « Sur la consultation de nos annonces, nous étions à – 40 % au début du confinement, nous ne sommes plus qu’à – 15 % », confie Yann Jéhanno, président de Laforêt. « Nous avons des signaux encourageants, abonde Christine Fumagalli, à la tête des 1 300 agences Orpi. 70 % des acheteurs et 83 % des vendeurs vont reprendre leur projet à la fin du confinement. »

« Le marché était au ralenti, il redémarre avec des demandes de visites dès le 11 mai », observe, elle aussi, Corinne Jolly. « Il y aura une reprise, affirme la patronne de PAP.fr, car l’immobilier est lié à des événements de la vie, une naissance, un divorce… Mais cette reprise sera progressive, tempère-t-elle. A court terme, la vraie inquiétude n’est pas sur les prix, mais de savoir si les gens pourront emprunter. Et ce n’est pas possible quand vous êtes au chômage partiel et, demain, peut-être au chômage tout court. »

Un confinement qui se prolonge, une récession durable, un chômage qui repart en flèche… et la reprise sera tuée dans l’œuf avec, en cas de récession durable, le spectre d’un krach immobilier? Nous n’en sommes pas là. « En cette période d’incertitudes économiques et sur l’emploi, les banques seront prudentes, mais je ne crois pas qu’elles fermeront le robinet du crédit », avance Thomas Lefebvre. Si tel devait le cas, « nous risquons de perdre une partie des primo-accédants qui étaient une clientèle très importante avant la crise », prévient la présidente d’Orpi qui réclame un renforcement des aides à l’accession à la propriété.

Alors, entre rebond et descente aux enfers, la liste des inconnues est trop longue pour prédire le scénario qui l’emportera. Une chose est sûre : après deux mois de confinement, les agences immobilières sont plutôt déprimées. Interrogées par l’organisme de certification Opinion System, la moitié craint pour leur avenir et le maintien de l’emploi (53 %), une baisse des prix (45 %), une chute de la confiance des vendeurs et des acheteurs (46 %) et, surtout, 70 % redoutent un durcissement de l’accès au crédit, facteur clé du redémarrage de l’immobilier. Pas sûr que les semaines et les mois à venir leur remontent le moral.

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