Coronavirus : deuxième mort en Italie, notre carte de l’épidémie en temps réel

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Une deuxième personne, testée positive au nouveau coronavirus, est décédée en Italie où une trentaine de cas de contamination ont été répertoriés jusqu’à présent dont plus de 25 en Lombardie (région de Milan), ont annoncé les agences d’information italiennes. La deuxième victime qui était hospitalisée depuis une dizaine de jours et a succombé à la pneumonie virale est une Italienne résidant en Lombardie (nord), où plus d’une dizaine de villes ont été placées en semi-confinement depuis vendredi. Un premier décès en Italie, celui d’un homme de 78 ans, avait été annoncé dans la nuit.
L’annonce de ces morts se fait dans la foulée d’un vent de panique en Italie : une quinzaine de malades ont été répertoriés, portant à vingt le nombre total dans le pays, le plus touché en Europe. Les autorités ont alors fermé les lieux publics dans onze villes du nord de l’Italie. Le Premier ministre Giuseppe Conte, interrogé à Bruxelles par la presse italienne, s’est voulu rassurant en soulignant que l’Italie “applique un très haut niveau de précaution”.
La première personne morte en Europe après avoir été infectée par cette épidémie, apparue en décembre à Wuhan (centre de la Chine), était un touriste chinois, originaire de la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale. Arrivé en France le 23 janvier, cet homme de 80 ans avait péri à Paris le 14 février. Ce décès était alors “le premier hors d’Asie, le premier en Europe”, comme l’avait souligné la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn.
Inquiétude
Si la crainte saisit un peu plus l’Europe, c’est aussi parce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète de la difficulté à contenir l’expansion de l’épidémie. Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme vendredi à Genève : “Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie”. Mais la “fenêtre de tir se rétrécit”, a-t-il averti, déplorant le manque de soutien financier international. Il faut dire que les foyers de la maladie ont continué d’essaimer, avec vendredi un premier cas confirmé au Liban et en Israël, et deux morts supplémentaires en Iran (quatre au total).
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En Corée du Sud, un deuxième mort a été déploré samedi 22 février, et le nombre d’infections a bondi pour la deuxième journée consécutive, passant à un total de 346 avec 142 nouveaux cas répertoriés, selon le bilan annoncé samedi matin par les autorités sanitaires sud-coréennes. Parmi ces nouveaux 142 cas, 92 sont liés à un hôpital de Cheongdo, dans le sud du pays, où s’était effectué il y a trois semaines un acte religieux d’une secte chrétienne, l’Eglise de Shincheonji de Jésus.
Au total, plus de 150 membres de cette secte chrétienne ont été contaminées. La première de ces personnes à l’avoir été est une femme de 61 ans, qui ignorait avoir contracté la pneumonie virale et aurait transmis le virus, notamment en assistant à des offices religieux.

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Ralentissement en Chine
En Chine continentale en revanche, pays de très loin le plus meurtri par la pneumonie virale, l’heure est au ralentissement. Les autorités sanitaires ont annoncé samedi matin 109 nouveaux décès, contre 118 la veille, pour un total national de 2.345. Le chiffre quotidien des nouveaux cas de contamination au coronavirus en Chine est en plus forte baisse encore, avec 397 nouveaux cas contre près de 900 vendredi.
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Cette baisse intervient après que les responsables du Hubei ont reçu instruction de réviser certains de leurs chiffres de ces derniers jours pour dissiper des “doutes” sur les données concernant l’évolution de la maladie. Il s’agit de la dernière modification en date de la méthode de comptage après plusieurs autres, ce qui complique quelque peu le suivi de l’épidémie. Officiellement, le nombre des contaminations sur l’ensemble de la Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) est de plus de 76.000.
En dehors de la Chine continentale et des deux cas en Europe, treize décès ont été recensés : 5 en Iran, 2 à Hong Kong, 2 en Corée du Sud, 2 à bord du paquebot Diamond Princess placé en quarantaine au Japon, et une personne dans trois autres pays asiatiques (Japon, Philippines et Taïwan). Un peu plus de 1.300 contaminations ont par ailleurs été recensées dans le monde en dehors de la Chine continentale.
Grand test
La lutte contre le virus constitue “un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays”, a reconnu le président chinois Xi Jinping, admettant des “lacunes” et appelant à améliorer le système de santé national. Après avoir initialement félicité Pékin pour son “travail très professionnel”, les Etats-Unis avaient déploré jeudi 13 février un “manque de transparence de la part des Chinois”, regrettant que le pays n’ait pas donné suite à la proposition d’envoi d’experts américains.
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Concernant l’élaboration d’un vaccin, il faudra encore un peu patienter. Le consortium Cepi (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) a indiqué avoir sélectionné trois candidats vaccins, qu’ils espèrent au point d’ici quatre mois. L’Institut Pasteur penche lui aussi sur l’élaboration d’un quatrième vaccin. Un appel aux dons a d’ailleurs été lancé pour aider à son financement.
Ce virus est devenu plus meurtrier que le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en Chine, qui y avait fait 349 victimes en 2002-2003 (774 au total dans le monde). Mais les autorités sanitaires ont noté que le taux de mortalité du nouveau coronavirus était de 2,1%, les victimes étant soit très âgées ou atteintes de complications médicales préexistantes. A l’inverse, le Sras tuait presque 10% des patients.
Impact négatif sur la croissance
L’épidémie du nouveau coronavirus pourrait également avoir un effet négatif sur la croissance mondiale en 2020 en fonction de la capacité de la Chine à contenir sa propagation, a prévenu dimanche 17 février la directrice du Fonds monétaire international (FMI). “Pour le moment, notre prévision est de 3,3% et il pourrait y avoir une réduction de 0,1 à 0,2% (…) c’est un cas particulier et j’incite tout le monde à ne pas tirer de conclusions hâtives”, a déclaré Kristalina Georgieva lors du Global Women’s Forum à Dubaï.
“Il y a beaucoup d’incertitudes et nous parlons ici de scénarios, pas de projections, reposez-moi la question dans dix jours”, a-t-elle ajouté. Affirmant qu’il était encore “trop tôt” pour estimer précisément l’impact de l’épidémie, elle a toutefois reconnu que les secteurs du tourisme et du transport, entre autres, avaient d’ores et déjà été touchés.
Pertes de 29.3 milliards
Enfin, l’épidémie liée au Covid-19 pourrait entraîner un manque à gagner total de près de 30 milliards d’euros pour les compagnies aériennes en 2020, selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), qui redoute la “première baisse mondiale” des réservations depuis 2003. Mesures de quarantaine, annulations de dessertes, chute du tourisme en Chine et du monde… 2020 “sera une année très difficile pour les compagnies aériennes”, a prévenu le directeur général de l’Iata, Alexandre de Juniac.
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Selon l’association, qui regroupe 290 compagnies aériennes, la baisse nette du nombre de passagers par rapport à 2019 pourrait être de 8,2% dans la région Asie-Pacifique cette année. De quoi entraîner “un manque à gagner de 27,8 milliards de dollars” pour les transporteurs de la région, indique-t-elle. En ajoutant l’impact de la faible demande pour les vols des compagnies exerçant leurs activités dans le reste du monde, le manque à gagner global pourrait atteindre 29,3 milliards de dollars. Un revers pour un transport aérien mondial habitué à de fortes croissances et qui a généré 838 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2019.
Pire que le SRAS ?
Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, British Airways, Air Canada, Lufthansa ou Delta, ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale en raison de l’épidémie. Air France-KLM a d’ailleurs estimé jeudi entre 150 et 200 millions d’euros le manque à gagner dû à la suspension de ses vols, prévue jusqu’en avril. Selon le cabinet OAG Aviation Worldwide, les compagnies chinoises ont réduit de 10,4 millions le nombre de sièges des vols intérieurs depuis le début de l’épidémie, contre environ 1,7 million de sièges pour les transporteurs étrangers.
D’après l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence de l’ONU basée à Montréal, l’épidémie a d’ores et déjà entraîné une baisse de revenus de 4 à 5 milliards de dollars pour les compagnies aériennes mondiales. Les conséquences du Covid-19 pourraient dès lors être “plus importantes que celles causées par l’épidémie de SRAS en 2003”. Selon l’Iata, l’épidémie de SRAS avait engendré un manque à gagner de 6 milliards de dollars pour les compagnies aériennes asiatiques. Au plus fort de la crise, le trafic des compagnies d’Asie-Pacifique – foyer de cette maladie – avait chuté de près de 50%.

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