Comprendre les obligations – Epargnant 3.0

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Les obligations et leur fonctionnement sont méconnues du grand public, et parfois même mal connues des professionnels de la finance. Il faut dire qu’elles ont un fonctionnement assez particulier, et elles ne font pas rêver avec leur rendement si faible. Pourtant, c’est les obligations sont absolument majeures dans le monde de la finance, et indispensable dans la construction d’un portefeuille financier équilibré.

Table des matières
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La différence entre les actions et les obligations

En tant qu’actionnaire vous êtes propriétaire d’une part de l’entreprise. Vous pouvez toucher un dividende (mais qui n’est pas certain) et participer à des grandes décisions de l’entreprise en votant aux assemblées générales.
Lorsque vous détenez des obligations, l’entité ayant émise l’obligation vous doit de l’argent, c’est un prêt. Du point de vue de l’entité ayant émise l’obligation c’est un emprunt. Alors que ce sont les entreprises qui émettent des actions, pour les obligations beaucoup d’entités peuvent émettre des obligations : des entreprises, des états, des entités parapubliques, des municipalités, etc. L’entité qui emprunte s’engage à rembourser la somme prêtée et les intérêts. Celui qui a prêté ne peut pas voter aux assemblées générales.

La définition

Une obligation est un titre de dette émise par un Etat ou une entreprise

Une obligation est un titre de dette (ou de créance, cela dépend de quel côté on se place) qui se matérialise par un contrat : le prêteur met à disposition des fonds, l’emprunteur s’engage sur des modalités de remboursement et le mode de rémunération de cette dette.

Dans cette définition plus formelle, on précise que l’obligation est un “titre”. Cela signifie que au contraire d’un emprunt classique, beaucoup d’acteurs peuvent détenir un bout de la dette et s’échanger ce titre (en bourse ou de gré à gré).

A titre d’exemple, quand vous empruntez 100 000 euros dans votre banque pour un achat immobilier, c’est un emprunt classique. Si vous découpez cet emprunt en 100 fois 1000 euros, et que de nombreuses personnes (morales ou physiques) différentes peuvent l’acheter, puis qu’ils puissent le revendre … cela devient une obligation.

Les obligations peuvent avoir un revenu fixe … ou non

Aussi, dans cette définition, on laisse une marge de manoeuvre importante sur les modalités de rémunération de cette dette. La forme la plus classique est que l’emprunteur verse régulièrement une rémunération fixe que l’on appelle un coupon (historiquement on découpait le coupon sur un bout de papier pour aller se le faire payer à la banque). C’est d’ailleurs pour cela qu’en anglais on dit “fixed income”, c’est à dire revenu fixe. Cependant, il peut y avoir des modalités très différentes, on peut mettre théoriquement un peu ce que l’on veut dans le contrat, on pourrait par exemple indexer les coupons sur le cours de l’or (c’est d’ailleurs un peu ce que font les ETC Or). En tant que particulier, vous savez par exemple que vous pouvez rembourser la somme prêtée soit au fur et à mesure, soit uniquement à la fin (c’est ce que l’on appelle les emprunts in fine). Pour les obligations, il existe encore plus de modalités possible.

Mais il faut retenir une chose importante : lorsque l’on émet une obligation, on est obligé de rendre l’argent prêter et de rémunérer le prêteur, selon les modalités du contrat. C’est pour cela que cela s’appelle une obligation !

Quand une entreprise émet des actions elle n’est ni obligée de vous rendre cet argent (votre action peut finir par valoir 0 euro) ni obligée de vous verser des dividendes.

Le marché des obligations est plus important que celui des actions

Le marché des actions

Les obligations sont moins connues que les actions et pourtant c’est un marché énorme. Le marché des actions cotées correspond à 50 000 milliards de dollars si l’on regarde l’indice MSCI ACWI IMI à fin février 2020. Il suit un peu plus de 8000 actions dans le monde. Il existe à peu près 50 000 actions cotées dans le monde, mais plus petites que les 8000 de cet indice de MSCI. Ainsi, même si la capitalisation des actions du monde entier bouge tous les jours, 50 000 milliards est un bon ordre de grandeur. Pour en savoir plus sur les indices en actions, vous pouvez aller voir cet article sur le blog.

Le marché des obligations

En comparaison, le marché des obligations, représente plus de 100 000 milliards de dollars, soit le double. De plus il existe bien plus d’obligations que d’actions pour plusieurs raisons. D’une part, comme nous l’avons vu, les obligations peuvent être émises par des entreprises mais aussi par bien d’autres types d’acteurs (les états, les municipalités), alors que les actions peuvent être uniquement émises par les entreprises. D’autre part, une entreprise émet à elle seule de nombreuses obligations. Par exemple, si vous allez sur le site de Air Liquide vous pourrez voir toutes les obligations émises par cette unique entreprise (il y en a des dizaines).

Un exemple d’obligation

Justement en allant voir sur le site d’Air Liquide vous pouvez vous rendre compte de ce qu’est une obligation. Voici un exemple.

Ici l’entreprise emprunte 500 millions de dollars sur 10 ans, et rembourse trimestriellement à un taux légèrement supérieur à 2%.

Les plus attentifs verront qu’il y a des subtilités. Par exemple, le taux actuariel est de 2,362% tandis que le coupon est de 2,25%. Mais restons sur les grands principes dans cet article.

Les différents types d’obligations

Les obligations peuvent être classées sous plusieurs axes. Ces axes permettent notamment d’apprécier le risque lié à chaque type d’obligations.

Classement selon le type d’émetteur : Etats ou entreprises

Les obligations peuvent être classées en fonction du type d’émetteur :

La qualité de l’émetteur et de l’obligation

Les obligations peuvent être classées en fonction du niveau de qualité de l’émetteur de l’obligation ou de l’obligation en elle même. La note correspond à probabilité de rembourser en tant et en heure, et de payer les intérêts. Ce classement se base sur les notations d’agences telles que Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch Ratings.

Pour un épargnant, si une obligation est censée procurer un coupon de 10% par an, mais que l’émetteur a 50% de chances de ne pas rembourser, le rendement final sera bien inférieur à 10% ! Ainsi, les obligations ont ce que l’on appelle un risque de défaut.

Pour les puristes je préfère appeler cela un risque crédit ou de notation. En effet, une obligation va baisser même si elle continue à rembourser sans faire défaut, mais que sa notation évolue à baisse.

Dans tous les cas, il ne faut jamais s’attacher uniquement au rendement d’un actif pour investir, que ce soit pour les actions avec les dividendes ou pour les obligations avec les coupons.

La durée de l’emprunt

Le niveau de risque dépend de la qualité de l’emprunteur, mais aussi de la durée du prêt. Plus on prête longtemps moins l’on sait ce que l’on va se passer : les taux des banques centrales vont-ils augmenter ? Que va faire l’inflation ? Vais-je être remboursé ? On classe donc aussi les obligations en fonction de leur durée.

On peut aussi classer les obligations en fonction de leur zone géographique. Comme pour les actions, on a souvent la distinction entre les payes développés et les pays en développement.

L’intérêt dans son portefeuille financier

Les obligations ne rapportent plus rien. En 2019, un tiers des dettes d’Etat avec un rendement négatif. A fin mars 2020, l’emprunt d’Etat Français à 10 ans ramène -0,35% par an, cela veut dire que l’investisseur paie pour détenir cette obligation !

Cela étant les obligations ont une triple utilité :

S’exposer aux obligations dans un fonds en euros

Les fonds en euros des assurances vie sont une des façons de s’exposer aux obligations. En effet, les fonds en euros sont composés pour une large part d’obligations.

Prenons à titre d’exemple le fonds en euros Suravenir Opportunités de l’excellente assurance vie Linxea Avenir (voyez ici mon article sur les différentes assurances vie proposées par Linxea). Ce fonds en euros (voir le reporting de fin 2019) était composé à 67,8% d’obligations. Parmi ces obligations il y avait 25% d’obligations souveraines (d’Etat), 25% d’entreprises financières, et 50% d’obligations d’entreprises non financières. La répartition géographique était la suivante : 54% France, 11% Etats-Unis, 5% Pays-Bas, 5% Royaume-Uni, 3% Allemagne, etc.

Investir dans les obligations grâce aux ETF (Exchange Traded Funds)

Les ETF, appelés aussi trackers, sont très intéressants pour investir en actions, mais aussi pour investir en obligations. On peut investir dans quasiment tous les types d’obligations.

Les ETF Obligataires de Lyxor

Par exemple, si l’on va sur le site de Lyxor on peut voir que l’émetteur propose 273 ETF dont 77 ETF investis en obligations. Prenons quelques exemples :

Les ETF Obligataires d’Amundi

Amundi propose 58 ETF sur sa gamme de 211 ETF. Prenons quelques exemples, afin de montrer la diversité des possibilités :

Conclusion pour l’Épargnant 3.0 sur les obligations

Les obligations sont un éléments indispensable du portefeuille financier d’un épargnant. Certes elles ne ramènent pas beaucoup d’argent, voire même en coûtent si l’on s’expose aux obligations de très bonne qualités, mais c’est le prix à payer pour avoir un actif de réel qualité. En les choisissant bien, on pourra même espérer que la valeur de ces obligations augmente lors des krachs boursiers. Par exemple, à fin mars 2020, les actions perdaient 20% depuis le début de l’année tandis que les obligations américaines progressent de pratiquement 10% sur la même période.

Les obligations ne sont pas toujours facile à appréhender. C’est pour cela que j’ai créé des modules spécifiques dans la formation à ce sujet. On y apprend notamment à quoi servent chaque type d’obligations, et quels types d’obligations pourraient être éligibles pour remplacer les fonds en euros.

Je vous souhaite le meilleur pour votre épargne et surtout pour tout le reste.

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