Comment Blade dématérialise… l’ordinateur

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Depuis la rédaction de cet article, Emmanuel Freund, en désaccord avec la stratégie de l’entreprise a quitté Blade mi-avril. Il précise cependant : « je reste actionnaire et je reste au conseil d’administration ».
Entre sex-shops et troquets branchés, une grande vitrine dévoile les locaux de Blade, rue Saint-Denis, dans le centre de Paris. Emmanuel Freund, le cofondateur de 42 ans, traverse les espaces de travail d’un pas tranquille. Il a créé l’entreprise en 2015 avec son cousin Acher Criou et un ami, Stéphane Héliot. Leur projet ? Proposer un ordinateur dématérialisé. Il ne s’agit plus de vendre un PC de bureau ni un laptop contenant des logiciels, mais une box permettant d’accéder à un ordinateur complet dans le cloud. L’utilisateur doit seulement disposer d’un écran (PC, tablette, smartphone) et d’un clavier branchés sur la box.
Accessible par abonnement (entre 12,99 et 49,99 euros par mois selon la puissance désirée), Shadow (c’est le nom de cette solution) a d’abord séduit les adeptes de jeux vidéo, car elle leur évite de changer d’appareil tous les deux ans : la carte mère, la carte graphique, la mémoire vive, etc., sont régulièrement mises à jour. Elle compte 75.000 abonnés, et le chiffre d’affaires de Blade est estimé à 25 millions d’euros.
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Lui-même joueur passionné, Emmanuel Freund fait de la programmation depuis l’âge de 8 ans. Après des études en informatique théorique, il fonde Isidor, sa première entreprise, en 2005, pour développer des logiciels et du matériel informatique destinés aux personnes âgées. Son cousin le rejoint et, huit ans plus tard, ils revendent Isidor à Doro, la marque de mobiles pour seniors. C’est à ce moment-là que le duo a l’idée de Shadow. En cherchant à créer le smartphone idéal pour personnes âgées, les entrepreneurs pensent à placer les composants hors de l’appareil, sur des serveurs, auxquels on accéderait par le réseau. Pour mettre en œuvre leur projet, ils montent leur propre structure.
Les investisseurs sont très vite intéressés tant par leur idée disruptive que par le marché porteur du cloud gaming. Le chiffre d’affaires de ce dernier (1 milliard de dollars en 2018) est estimé à 8 milliards en 2025, selon le cabinet Global Market Insights. Au total, Blade a levé la coquette somme de 100 millions d’euros en quatre ans. Bien utiliser ce financement précoce et faire face à l’hypercroissance ont constitué de véritables défis pour l’équipe fondatrice. Ainsi, pour la seule année 2017, le nombre de salariés (220 personnes aujourd’hui) est passé de 15 à 100. De quoi donner le tournis à l’équipe d’origine. «Pour intégrer les nouveaux venus, chaque salarié pouvait assister aux entretiens d’embauche et poser son veto», raconte Emmanuel Freund.
Quant aux levées de fonds, «recevoir autant d’argent, c’est comme donner un chèque de 10.000 euros à un enfant de 6 ans. Il faut trouver un juste équilibre car, en dépensant à tout-va, on creuse une dette opérationnelle importante», poursuit le fondateur. Et si le chiffre d’affaires ne suit pas, c’est la casse. Emmanuel Freund a redéfini sa place au sein de l’entreprise. L’an dernier, il a cédé la direction opérationnelle de Blade à Jérôme Arnaud, l’ancien PDG de Doro et actionnaire historique de la société. Lui se concentre sur la stratégie de l’entreprise. Il table, d’une part, sur l’élargissement de la clientèle, par le biais de partenariats avec des opérateurs téléphoniques. Et vise, d’autre part, le marché français du B to B et ses 4 millions d’entreprises. Côté gaming, la start-up compte intégrer la réalité virtuelle d’ici à 2022 dans l’optique de grossir. Le tout en restant disruptif, cela va de soi.

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