Brest : une infirmière “renvoyée” pour avoir prêté main forte à un hôpital parisien ?

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Après un appel à l’aide lancé par les hôpitaux parisiens pour obtenir du renfort, une infirmière bretonne, en congés forcés, a décidé de se porter volontaire. Un choix qui n’a visiblement pas plu à sa direction, rapporte Ouest-France. Infirmière contractuelle au CHRU de Brest depuis juillet 2019, la jeune femme de 25 ans vient d’apprendre qu’elle n’était pas conservée. “Mon contrat avec l’hôpital de Brest n’est pas renouvelé à partir du 5 avril. Pour abandon de poste ! C’est odieux !”
Pourtant, l’infirmière était au chômage technique, comme plusieurs de ses collègues, le temps que l’établissement s’organise. “Depuis mi-mars, l’hôpital de Brest a fermé des services pour se préparer à l’épidémie. Et des personnels se retrouvent en congés forcés, chez eux, faute d’activité. J’étais dans ce cas pour deux semaines, du 16 au 29 mars”, explique la jeune femme, qui a donc sauté sur l’occasion pour répondre à l’appel de l’AP-HP (assistance publique-hôpitaux de Paris), le 21 mars.
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Cette maman d’un bébé de 18 mois reçoit le jour même un appel de l’hôpital Bichat à Paris. “Par mail, la directrice de garde, Hélène Gendreau, m’a assuré : ‘Je vais contacter la direction des ressources humaines du CHU de Brest et nous allons sécuriser cette situation'”. Dimanche 22 mars, l’infirmière bretonne prend donc la direction de la capitale. Elle partage son temps entre les hôpitaux Bichat et Lariboisière. “J’ai enquillé six nuits exténuantes en une semaine ! À Paris, je suis seule, et confinée. Je m’expose et j’expose ma famille à des risques, mais je me sens utile !”, raconte la jeune mère, relayée par le quotidien régional.
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Une initiative pas appréciée ?
Sauf que le 26 mars, elle reçoit un mail de la direction du CHRU de Brest, l’informant que son contrat n’est pas renouvelé “pour le moment” et l’invitant à rester disponible auprès de l’AP-HP jusqu’au 5 avril, date de la fin de son contrat. Pourtant, le 16 mars, on lui avait assuré qu’elle serait renouvelée. “Je me fais virer parce que je suis partie prêter main-forte à l’AP-HP alors que j’aurai dû rester confinée, à Brest, à une heure et demie de mon hôpital. Pourtant, le président de la République a déclaré ‘la guerre’. La situation en Île-de-France est très grave.” Contacté par Ouest-France, le CHRU de Brest n’a jamais répondu aux sollicitations. Pour Thomas Bourhis, responsable de la CGT, il n’y a aucun doute, “la direction n’a pas apprécié son initiative d’aller à Paris”.

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