Bourse : pourquoi les compagnies aériennes risquent de décevoir

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Les actions des compagnies aériennes ont nettement repris de la hauteur, depuis le creux majeur du mois dernier, après avoir été plombées par l’impact spectaculaire des retombées de la pandémie de coronavirus sur le secteur du transport aérien. Pour autant, elles risquent de décevoir les investisseurs en actions, du fait de perspectives très dégradées. Après avoir fait état d’une augmentation importante de leur programme de vols pour le mois de juillet, “certaines compagnies aériennes ont vu leur cours de bourse bondir de près de 100%”, rapporte Mirabaud Securities. Mais malgré ces récents gains, les compagnies aériennes sont toujours “bien en dessous de leur altitude de croisière, car les experts sont certains qu’il faudra beaucoup de temps avant que l’industrie ne revienne à son niveau d’avant la pandémie”, souligne l’établissement financier.
Plusieurs raisons incitent à un certain pessimisme. D’abord, le trafic passagers devrait mettre un certain temps à retrouver ses niveaux pré-pandémie, si bien qu’il faut s’attendre à une guerre des prix importante entre les compagnies aériennes, qui devraient être “prêtes à tout pour récupérer du cash et pour essayer de remplir leurs avions, en particulier pour les troisième et quatrième trimestres de cette année, en proposant des promotions tout en essayant d’éviter de perdre encore de l’argent”, juge Mirabaud.
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Pour respecter les mesures de distanciation sociale et tranquilliser les clients, les compagnies aériennes ont dû supprimer le siège du milieu, ce qui affecte directement leur taux de remplissage et donc leur rentabilité. Ainsi, aux États-Unis, “elles ne peuvent fonctionner qu’à 70% de leur capacité (contre 65 à 70% pour les compagnies européennes). Ce chiffre est inférieur au seuil de rentabilité de la plupart des transporteurs aériens, y compris les 4 plus grands”, souligne Mirabaud. Ainsi, pour atteindre leur seuil de rentabilité tout en respectant les mesures de distanciation sociale, les compagnies aériennes devraient en théorie augmenter leurs tarifs ou réduire drastiquement leurs coûts.
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Mais augmenter les tarifs risque d’être dissuasif pour les clients, surtout en ces temps de crise sanitaire et économique. La seconde option risque aussi d’être difficile à mettre en oeuvre, “les conditions de renflouement du gouvernement fédéral des Etats-Unis interdisant les licenciements avant septembre”, rapporte le groupe financier. Pas de répit non plus du côté de la facture carburant. “Le coût du carburant représente un peu moins d’un quart des dépenses des compagnies aériennes”, indique Mirabaud. Or, le prix du pétrole reste haut perché, après son rebond spectaculaire, à près de 40 dollars le baril…
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Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), les compagnies aériennes s’attendent à perdre 84,3 milliards de dollars en 2020 en raison de la pandémie, avec des revenus en chute de 50% (419 milliards de dollars, contre 838 milliards de dollars en 2019) et une marge bénéficiaire nette de… -20,1% ! Dans ces conditions, la prudence s’impose sur les actions des compagnies aériennes.
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