Bourse : c’est la tempête… comment investir en actions sans tout risquer ? – Capital.fr

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Et si la meilleure alternative à la Bourse était… la Bourse ? Comme les principaux indices financiers mondiaux, le CAC 40 a plongé en quelques jours, subissant même la plus importante baisse de son histoire le jeudi 12 mars 2020 (-12,28%). Une bien mauvaise nouvelle pour les boursicoteurs en herbe qui envisageaient de se lancer en Bourse après une année 2019 exceptionnelle, marquée par un rebond de 26,37% de l’indice phare parisien. Si vous faites partie de ces investisseurs désireux de débuter en Bourse, mais échaudés par l’idée de tout perdre ou presque sur les marchés financiers, vous chercherez donc à placer vos économies ailleurs. Mais où, là est toute la question ! Pour le directeur du Cercle de l’Epargne Philippe Crevel, “les épargnants classiques devraient être tentés de conserver leurs économies sur leur compte courant ou de favoriser l’épargne réglementée et les livrets bancaires”. Et de poursuivre : “En 2008, lors de la précédente crise financières, on avait observé une très forte augmentation des dépôts à vue.”

La solution consisterait donc à mettre vos économies sous l’oreiller ou de les laisser dormir sur votre compte courant ? Ou encore à placer votre épargne sur des livrets bancaires ou votre Livret A, votre Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ou votre plan épargne logement (PEL) ? Autant de placements qui ne rapportent presque rien pour le Livret A et le LDDS (0,5%), comme pour les PEL ouverts récemment (1%) ou les livrets bancaires qui ne proposent des taux attractifs que sur très courte période. Une autre possibilité consiste à se ruer sur les fonds euros des contrats d’assurance vie, dont le rendement en 2019, de 1,40%, couvre à peine l’inflation… Sans compter que les assureurs rechignent à permettre aux épargnants de s’investir à 100% sur ces supports garantis, les obligeant quasi-systématiquement à souscrire en parallèle des unités de compte.

“Aucun placement immunisé contre la baisse des marchés”

Pourquoi alors ne pas se positionner sur des SCPI ? Le rendement moyen du marché, de 4,40% en 2019, est certes alléchant, mais l’importance des frais de souscription (10% à 12% en moyenne) n’est pas à minimiser. De plus, sans bien évidemment pouvoir prédire l’avenir, le fondateur de la plateforme Meilleurescpi.com, Jonathan Dhiver, ne balaie pas l’éventualité que la crise actuelle pèse sur le rendement de ces produits : “Cela va sans doute avoir des impacts sur les locataires et les loyers.” Si des entreprises se retrouvent en difficulté financière, il n’est pas dit que ces dernières puissent honorer le paiement de leurs loyers.

Valeur refuge par excellence, l’or peut aussi vous faire saliver. Mais après un début d’année tonitruant, le cours du métal jaune a perdu près de 6% entre le 9 et le 13 mars. Pour Florent Belon, responsable de l’ingénierie patrimoniale chez Olifan Group, le cours de la relique barbare “a corrigé car des investisseurs ont arbitré leur or pour sécuriser leur épargne ou éponger des pertes sur les marchés boursiers”. Autre valeur refuge chère aux Français : l’immobilier. Mais “les prix sont déjà très élevés”, constate Eric Pichet, professeur d’économie à la Kedge Business School. D’autant que le marché “risque de devenir un peu plus tendu avec une possible hausse du chômage qui va freiner la pression des prix à la hausse”, analyse Edouard Petitdidier, président de la société de conseil en gestion de patrimoine Allure Finance. Rien n’y fait, même en cherchant bien. “Il n’existe pas de placements immunisés contre la baisse des marchés financiers”, assène Florent Belon. Et si l’on vous propose un placement miracle, passez votre chemin, prévient Charlotte Thameur, directrice conseil chez Yomoni : “Dans les périodes instables, il faut éviter d’être trop imaginatif.” Mieux vaut investir dans ce que l’on connaît.

Lisser le risque en investissant régulièrement

Problème : la Bourse reste justement un grand mystère pour une majorité d’épargnants. Que faire alors pour un novice qui veut à tout prix limiter son risque ? Contre toute attente, c’est maintenant qu’il faut se positionner selon Florent Belon. “C’est un temps pour aller sur les marchés”, explique ce spécialiste qui conseille tout de même de s’investir sur les actions “de manière progressive”. Comment ? “Une solution est de rentrer en Bourse sur des profils moins exposés aux marchés”, préconise Charlotte Thameur. Sur la plateforme Yomoni, 10 profils de risque sont proposés dans le cadre de l’assurance vie. “L’idée peut être de partir sur un profil moins risqué, avec par exemple 80% de fonds euros et 20% d’unités de compte, puis d’augmenter la note du profil progressivement”. Une méthode qui consiste donc à s’exposer plus fortement au fur et à mesure de l’évolution des marchés financiers.

Cette option n’est pas la seule selon Charlotte Thameur, qui recommande également de lisser le risque en investissant la même somme chaque mois : “Pourquoi ne pas mettre 1.000 euros pour débuter puis investir tous les mois à date fixe. 50 euros suffisent à lisser le risque”, note-t-elle. La plupart des spécialistes vantent ainsi les mérites des versements programmés, que ce soit tous les mois ou plus ponctuellement, comme le détaille Edouard Petitdidier : “Pour ceux qui veulent se lancer en Bourse, il faut procéder en trois fois.” Avec 100.000 euros d’économies, ce président de cabinet de conseil en gestion de patrimoine préconise une part de 30% en actions, 30.000 euros dont 10.000 euros à placer aujourd’hui, puis 10.000 euros à la fin du mois d’avril ou de mai et enfin la même somme en septembre ou décembre 2020.

Une manière de prendre en compte la durée de la crise, qui pourrait bien s’étaler sur plusieurs mois. “Les versements programmés ont l’avantage de moyenner à la baisse comme à la hausse les performances des marchés”, abonde Valérie Plagnol, la présidente du Cercle des Epargnants. Concrètement, effectuer des versements réguliers sur son assurance vie investie en unités de compte ou arbitrer sur son compte titres ou son plan d’épargne en actions (PEA) permet de limiter sa prise de risque. Si les marchés financiers remontent rapidement, le gain sera certes moins important mais dans le cas contraire, la baisse de la Bourse sera moins douloureuse.

Si rien n’assure la remontée à court terme des marchés actions, rien ne dit non plus que leur plancher n’a pas été atteint. Pour Eric Pichet, il n’y a donc “pas besoin de lisser l’investissement”. L’économiste recommande plutôt “d’ouvrir un PEA pour y les loger ses actions et bénéficier de l’avantage fiscal”, à savoir une exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values.

Dresser son profil et son horizon de placement

Ces recommandations valent toutefois pour les personnes qui peuvent investir en Bourse. Car tout le monde n’est pas forcément préparé à s’exposer aux fluctuations des actions, ne serait-ce que sur 5% ou 10% de son patrimoine, que ce soit financièrement ou psychologiquement. “Il faut analyser sa capacité à prendre des risques, c’est-à-dire à perdre éventuellement de l’argent”, avertit Valérie Plagnol. Florent Belon insiste sur cet aspect crucial pour l’investisseur : “Si vous ne dormez pas la nuit parce que votre portefeuille a baissé de 5%, la Bourse n’est pas faite pour vous”, tranche-t-il. La santé avant tout !

Une fois ce travail effectué, il ne vous reste plus qu’à définir votre horizon de placement. Un critère qui peut là encore être rédhibitoire pour certains. Les actions figurent ainsi toujours sur le podium des meilleurs placements… sur le long terme. Si vous ne vous sentez pas capable d’immobiliser cette partie de votre patrimoine pendant de longues années, peut-être avez-vous intérêt à laisser votre argent sur votre compte en banque.

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