Attractivité : le Grand Paris surclasse Londres en immobilier de bureaux

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C’est suffisamment rare pour le souligner. Deux des plus grands groupes d’audit financier mondiaux, Deloitte et PwC, dressent le même constat : en matière d’immobilier d’entreprise, le Grand Paris suscite l’appétit des investisseurs européens, devant le Grand Londres.

Le Grand Paris “qu’à deux heures de Londres”

Selon une étude de l’Urban Land Institute (ULI) réalisée avec PricewaterhouseCoopers, qui s’appuie sur le témoignage de 500 banquiers, consultants, courtiers, investisseurs et promoteurs, la région-capitale tire son épingle du jeu par rapport aux autres places de marché européennes.

“A l’heure du Brexit et devant les villes allemandes, le Grand Paris est vu comme n’étant “qu’à deux heures de Londres”. C’est une perception, mais ça façonne le marché”, résume Sigrid Duhamel, présidente du directoire de BNP Paribas Real Estate Investment Management, filiale de la banque spécialisée dans l’investissement dans l’immobilier d’entreprise.

A cet égard, le réseau de transports franciliens est un atout non-négligeable pour l’Ile-de-France. “Quand un investisseur s’intéresse à une classe d’actifs, il va évidemment regarder sa liquidité [synonyme d’investissements faciles, rapides et peu coûteux, Ndlr], mais il place désormais en premier critère la mobilité”, assure encore Sigrid Duhamel.

“Contraste avec le retrait que connaît Central London”

L’enquête de Deloitte intitulée “Grand Paris Office Crane Survey” confirme cette tendance. Au regard de l’ensemble des opérations neuves et de restructuration de bureaux supérieures à 1.000 mètres carrés, lancées entre mars et octobre 2019 dans la métropole française, il résulte “une croissance à deux chiffres de l’encours de production pour atteindre un haut historique qui contraste avec le retrait que connaît Central London”.

A la différence de la City, du West End (Westminster) et du quartier de South Bank (sur la rive Sud de la Tamise), le nombre de mètres carrés en chantier dans le Grand Paris a bondi de 13%, s’établissant à 2,275 millions au 30 septembre dernier. A l’inverse, dans la capitale britannique à la même date,l’encours de production a diminué de 10% et représente désormais moins de 50% de la production” francilienne.

Dans le même temps, cette étude comparative relève que sur les trente-et-une opérations mises en chantier ces dix derniers mois, “le faible niveau de livraisons a contribué à maintenir l’activité à un niveau élevé”. Autrement dit : sur les 2,275 millions de m² en travaux depuis mars 2019, seuls 240.000 ont été livrés dans vingt opérations, soit une diminution de 50% par rapport à l’an dernier sur la même période.

La situation est-elle donc aussi “rassurante dans un contexte socio-économique dégradé”, comme l’écrit Deloitte ? D’après ses auteurs, oui, car “la demande placée est restée très active” avec 300.000 m² commercialisés cet été par 25 nouveaux occupants. A cet égard, l’Ouest parisien a 20% de surfaces supplémentaires en chantier par rapport à 2018, soit “un nouveau haut historique”.

“Léger repli d’activité” à la Défense

Il n’empêche, le cabinet d’audit financier reste prudent: il existe un “signe avant-coureur d’une possible fragilisation de la confiance des investisseurs” en Ile-de-France. En l’occurrence, un léger repli d’activité de 6% à La Défense. Autre donnée qui illustre cette situation: à ce jour, le quartier d’affaires métropolitain voit “88% de ses surfaces en cours de construction être vides” .

La croissance est en revanche au rendez-vous à Paris intra-muros avec une hausse de 7% de l’encours de production neuve ces six derniers mois. Idem dans les deux départements de petite couronne (les Hauts-de-Seine étant comprises dans l’Ouest parisien): l’encours de production en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne a cru de 5% entre mars et fin septembre.

“Dans un contexte économique tendu où les inconnues sont nombreuses, tant au niveau européen avec le Brexit que mondial avec la tension sino-américaine, le Grand Paris montre un visage confiant et prometteur qui contraste avec le recul enregistré par son voisin londonien”,  conclut Christian Gillet, “Principal” du département Conseil en immobilier de Deloitte. “Les taux de vacances à l’échelle métropolitaine demeurent faibles et ne présagent pas d’une situation de suroffre. La seule zone qui connait une abondance d’offre reste La Défense qui devra bénéficier d’un report important du quartier central d’affaires (VIIIe arrondissement et une partie des Ier, IIe, IXe, XVIe et XVIIe, Ndlr) pour pouvoir l’absorber.”

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