5 pistes pour bien choisir votre espace de coworking

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Plus de 1.800 tiers lieux ont été répertoriés en France par la mission Coworking mandatée par le gouvernement dans son rapport remis en septembre 2018. A l’échelle mondiale, selon l’étude du spécialiste de l’immobilier Knight Frank parue en novembre 2018, le nombre de personnes travaillant dans des espaces de travail collaboratifs a augmenté entre 2010 et 2018 de… 7.947% ! Une progression exponentielle qui justifie la multiplication de l’offre de locaux, mais qui complique sérieusement la tâche du coworker à la recherche d’un cocon idéal.
Des sites comme Neo-Nomade ou Bureaux à partager permettent de faire un premier tri selon sa localisation ou le type de bureau recherché (en open space, fermé, avec ou sans salle de réunion…). Mais c’est à chacun de trouver le lieu ad hoc selon son projet (travailler près de chez soi, réseauter, s’investir dans une communauté…), sa personnalité et les tâches à réaliser. Mieux vaut en visiter trois ou quatre avant d’élire celui où poser son ordinateur portable. Certains espaces autorisent d’ailleurs des tests d’une demi-journée. Pour vous guider dans votre choix, voici 5 critères à garder en tête.
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1 – L’accessibilité
Rédactrice Web depuis deux ans, la Parisienne Candice Poitrey a d’abord travaillé chez elle avant de s’installer il y a quelques mois à l’Anticafé… au bout de sa rue. La proximité du domicile constitue souvent un critère prioritaire, tout comme l’emplacement dans un quartier d’affaires, au plus près des prospects et des clients. Pour simplifier la vie des professionnels les plus excentrés, de nombreux espaces de coworking se sont implantés aux alentours des gares. Un espace Coworklib a même ouvert en juin dans une galerie marchande de Plaisir, en banlieue parisienne. D’autres se sont installés en milieu rural et accueillent aussi bien des free-lances, des microentrepreneurs que des télétravailleurs salariés, comme la COcotte numérique dans le Cantal, l’@telier dans la Loire ou Rev3 dans le Nord.
Autre aspect : la disponibilité des lieux. Certains espaces, comme Le Lodge à Strasbourg ou La Coroutine à Lille, peuvent être réservés pour une heure, une demi-journée ou un jour entier. Ils conviendront aux nomades ayant besoin de travailler entre deux rendez-vous ou en déplacement loin de leur base. D’autres, en proposant des offres de réservation au mois, s’adressent plutôt à des coworkers souhaitant s’installer dans la durée. Enfin, certains lieux offrent les deux possibilités. Attention également aux horaires d’ouverture. Selon vos besoins, un accès le week-end ou en soirée sera utile. Ce n’est pas forcément possible partout.
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2 – La spécialisation par métier
Longtemps repaires de développeurs Web ou autres supergeeks, les coworkings ont su s’ouvrir à une large palette de métiers. Beaucoup sont désormais généralistes. D’autres se sont spécialisés dans des secteurs comme l’économie sociale et solidaire (Solilab, à Nantes), le marketing (Marketing Space, à Paris), l’information et la communication (L’Atelier des médias, à Lyon). Cette formule avantageuse permet de mutualiser le matériel spécialisé et favorise la communication au sein d’une communauté d’intérêt. “We Art From Paris s’adresse aux artistes et aux créatifs, graphistes, musiciens, photographes, professionnels de la mode ou de l’audiovisuel, explique Marion Peuvrier Follezou, fondatrice de ce lieu parisien. En plus de l’espace de coworking, nous proposons des studios, des ateliers, des salles de répétitions, ainsi qu’un accompagnement par des professionnels, par exemple de la communication, qui connaissent les métiers de l’art.”
A quinze minutes de Caen, L’Atelier normand accueille des artisans du bois et du métal, ainsi que des architectes, des designers et des décorateurs d’intérieur. “Le coworking industriel propose des machines-outils comme une dégauchisseuse ou une scie à ruban à partager entre artisans, explique Jérôme Payen, fondateur du lieu. Le coworking classique réunit des professionnels désireux de créer des synergies avec ces artisans.” Digital Village (5 lieux en France) réunit de son côté des indépendants du numérique souhaitant unir leurs talents pour répondre aux commandes de grandes entreprises. Une plateforme de gestion de projet leur est réservée, un annuaire répertorie les spécialités et les points forts de chacun, et des formations régulières sont dispensées pour apprendre les différents langages informatiques, devenir formateur. Spécialisés ou non, la plupart de ces espaces ne prônent pas l’entre-soi. Ils acceptent en général les coworkers qui sortent de leurs standards pour diversifier leur communauté.
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3 – Les services
Cuisine partagée, conciergerie, événements festifs : rares sont les coworkings qui se cantonnent à la location de table et de chaises. “La mise à disposition d’un casier personnel pour ranger en toute sécurité ses effets personnels ou de “phone box” où passer ses coups de fil en toute confidentialité font partie des services appréciés, note Baptiste Broughton, cofondateur de la plateforme Neo-Nomade. Certains coworkers souhaitent même disposer d’un deuxième écran pour s’assurer un meilleur confort de travail.” A Marseille, les Potentielles, qui s’était d’abord centré sur l’entrepreneuriat féminin et accueille aujourd’hui encore une majorité de coworkeuses, propose un accompagnement sous forme d’ateliers de formation et d’actions pour développer le réseau de ses locataires. Si conférences et rencontres professionnelles figurent au programme de nombreux lieux, d’autres misent également sur des services plus ludiques.
L’Anticafé, qui compte 13 espaces à Paris, Lyon, Aix-en-Provence, Bordeaux et Strasbourg, se veut par exemple un café où travailler (doté toutefois de salles de réunion privatisables). Le paiement est calculé au temps passé, les boissons et en-cas sont servis à volonté et le café, de qualité, est géré par des baristas. Les activités sportives sont également dans l’air du temps, comme chez The Bureau, à Paris. Kwerk (photo ci-dessus), qui a choisi de se positionner sur le wellworking, un coworking axé sur le bien-être, en fait même une partie intégrante de son offre, au même titre que la déco très soignée et l’ergonomie des postes de travail. L’enseigne installera en 2020, dans ses deux nouveaux centres parisiens, une nouvelle ligne de mobilier “thérapeutique”, dessinée par l’un des ses fondateurs, le designer Albert Angel. Des coachs accompagnent les coworkers dans l’adoption des bonnes postures et les “wellworkers” sont invités à participer à des cours de yoga, de Pilates, ou de cardio organisés sur place. Des séances régulières de quinze minutes de méditation audioguidées leur sont également proposées.
4 – La communauté
Réseauter est certainement l’une des principales raisons d’être du coworking. Dans les grandes enseignes, vous côtoierez une multitude de professionnels. Une application permet par exemple à tous les membres du géaant WeWork de communiquer entre membres, quel que soit le site sur lequel ils se trouvent. Pratique pour nouer des contacts ou envisager de nouveaux business. “Au début, les tiers-lieux intéressaient surtout les indépendants à la recherche d’espaces de petite taille, observe Baptiste Broughton. Aujourd’hui, les gros acteurs du marché accueillent des PME, voire des services entiers de grandes entreprises. Parfois, des étages complets sont occupés par un même groupe. C’est une tendance dont il faut se méfier. La valeur ajoutée de ces espaces repose sur l’interaction.” Les petits coworkings restent ainsi plus propices à l’émergence d’un collectif. Certains poussent loin l’esprit de communauté, comme Remix Coworking à Paris, qui, pour favoriser les synergies, réunit 50% d’entrepreneurs et 50% de créatifs et sélectionne ses membres sur leur capacité à s’ouvrir aux autres coworkers.
Fab labs, boutiques solidaires et structures associatives peuvent même s’ajouter à la structure initiale. “Nous expérimentons un vrai écosystème, indique Jean-Benoît Perello, directeur général et associé de Darwin Evolution, à Bordeaux. Nous prônons le décloisonnement pour favoriser des coopérations allant au-delà des relations d’entreprise à entreprise. Nous mêlons le culturel, l’événementiel, le sport… Le site accueille un lycée et les élèves sont intégrés aux projets associatifs.” Hébergé depuis cinq ans par l’incubateur, puis par la pépinière du lieu, Clément Uribe, cofondateur d’Eponyme, une société de gestion de crèche, apprécie les valeurs du lieu. “J’y ai rencontré des partenaires, par exemple une ingénieure chimiste dans la santé. Et j’invite mes collaborateurs à assister aux événements organisés sur le site, comme le festival Climax, qui porte cette année sur l’Amazonie. Cela nous enrichit tous.”
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5 – Les tarifs
Au mois, à la journée ou à l’heure : à chaque espace sa grille de tarifs, selon le type de services, l’ambiance et la localisation. La Cordée (12 espaces, dont 8 en Auvergne-Rhône-Alpes) mise sur la flexibilité, facturant en fin de mois en fonction du temps passé. Pour les coworkers sédentaires, les formules au mois, plus avantageuses, se répandent. “Les tarifs varient entre 350 euros en open space et 600 euros en bureaux fermés à Paris, et entre 250 et 350 euros dans les grandes villes comme Lyon ou Bordeaux”, expliquent Cécile Péghaire, responsable de la communication de Bureaux à partager. Selon Neo-Nomade, 90% des entreprises ont établi un plafond de prise en charge de 35 euros le mètre carré par jour par salarié. La moyenne des tarifs parisiens est de 28,50 euros quotidien par mètre carré. “On peut trouver une salle de réunion de 10 personnes pour moins de 150 euros par jour. Mais certains espaces haut de gamme se louent jusqu’à 60 euros”, commente Baptiste Broughton. Les tarifs comprennent généralement la location d’une place de travail, l’utilisation des espaces communs et des services (impression, café…), mais pas toujours. Soyez attentifs aux extras éventuels : casier personnel, possibilité de faire des photocopies, etc.
Nicolas Gouyette, traducteur : “Je fais chaque jour des rencontres exceptionnelles”
“Lorsque je suis arrivé à Nantes en 2015, j’ai visité plusieurs lieux, souvent occupés par des développeurs Web. Cela ne me correspondait pas : traducteur free-lance, j’ai orienté mes activités vers les organisations internationales et les ONG. A Solilab, au contraire, très orienté sur l’économie sociale et solidaire, j’ai trouvé dans une communauté de valeurs. Je fais chaque jour des rencontres exceptionnelles. J’y ai même trouvé une chorale ! Alors que je venais dans ce lieu pour les relations humaines, sans illusion sur les possibilités de développer mon activité professionnelle, j’ai commencé à travailler pour l’ONU à Genève par l’entremise d’une autre traductrice, installée ici depuis trois ans. Et j’ai rencontré une cliente en or : la directrice de la communication de l’Alliance coopérative internationale qui télétravaille ici !”
Nicolas Gouyette, traducteur. – © Laurent Toudic.Des coworkings à la pelle, mais peu de labels
Déjà plus de 1.800 coworkings en France… mais guère de labels pour les distinguer et attester de la qualité des services qu’ils proposent. Le principal est le label C3 (pour Centre collaboratif connecté), créé en 2015 par le réseau Actipole 21, association de promotion du télétravail et des tiers-lieux. Gratuit, le label compte 45 critères répartis en 4 axes : accès, animation du lieu, équipement (débit Internet, isolation phonique…) et gouvernance. “Il y a encore cinq ans ans, le coworking n’entrait pas dans la philosophie des entreprises, explique Christian Ollivry, président d’Actipole 21. L’objectif du label était de les convaincre du professionnalisme de ces espaces.” Aujourd’hui, 130 lieux ont été adoubés. De leur côté, plusieurs régions, dont l’Occitanie ou la Normandie, estampillent des coworkings locaux afin de leur donner plus de visibilité. Il y a encore du travail à faire !
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