200 millions d’euros pour ses assurés pro : le Crédit mutuel au coeur d’une polémique

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Le Crédit mutuel en aurait-il trop fait avec l’annonce de ces 200 millions d’euros débloqués spécialement pour aider ses assurés professionnels ? Le représentant national des agents généraux d’assurance semble considérer qu’il y aurait anguille sous roche. Dans un courrier confidentiel envoyé le 24 avril au gendarme des assurances, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), Patrick Evrard explique pourquoi il cible le Crédit mutuel, rapporte Midi Libre. Le problème est en réalité double, estime la Fédération nationale des agents généraux d’assurance (Agea).
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Outre le fait que la banque mutualiste semble vouloir être sous les feux des projecteurs, “il est apparu que les contrats d’assurance du Crédit mutuel couvriraient bel et bien les pertes d’exploitation” de ses assurés professionnels, en situation délicate pour beaucoup en raison de la crise liée à la pandémie de Covid-19.
Une somme bien plus élevée à débourser ?
L’annonce du déblocage de ces fonds n’a pas tardé à créer un début de polémique dans le secteur de l’assurance, et les conditions générales du contrat Acajou, l’assurance multirisques du Crédit mutuel pour les professionnels, ont commencé à circuler. Comme le relève l’Argus de l’assurance, le troisième alinéa de l’article 17.1 de ces conditions générales contraindrait en réalité l’établissement mutualiste à bel et bien prendre en charge les pertes d’exploitation subies par ses clients assurés.
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Si ce qu’avance Patrick Evrard dans son courrier s’avère être vrai, au final, les 200 millions d’euros annoncés par le Crédit mutuel seraient une somme bien inférieure à ce que l’établissement devrait en réalité mettre sur la table pour ses assurés. Le quotidien régional évoque même une source qui, “en off”, avance le chiffre d’un milliard d’euros.
La défense du Crédit mutuel
Dans sa lettre envoyée à l’ACPR, relayée par Midi Libre, le président d’Agea détaille : “si cette situation est avérée, elle serait moralement choquante et juridiquement extrêmement grave. Si ces faits étaient avérés, le groupe Crédit mutuel CIC, sous le vernis d’une communication exemplaire, serait en train de désintéresser des assurés professionnels de l’application de garanties auxquelles ils auraient droit”.
Il réclame que l’ACPR mène son enquête pour y voir plus clair dans les agissements du Crédit mutuel et dénonce les pratiques de l’établissement comme des “actions inexactes, déloyales, trompeuses et préjudiciables aux clients”. Mais alors que la grogne monte dans le secteur à la suite de l’annonce de ces 200 millions d’euros débloqués, le Crédit mutuel a pris les devants, vendredi, sur Radio Classique, pour tenter de tuer la polémique dans l’oeuf : son président Nicolas Théry a ainsi mentionné un “art de la rumeur” pratiqué par ses concurrents.
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Lui évoque un autre passage des conditions générales du contrat Acajou pour défendre l’annonce de son groupe : “On va être très précis. L’article 29 des conditions générales exclut les dommages causés par les micro-organismes. Jusqu’à preuve du contraire, un virus, c’est bien un micro-organisme, donc les dommages sont exclus de la garantie”. L’ACPR va donc sans doute devoir trancher…

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